‹ Un Classique Moderne William Congreve Sa Vie, Son ŒuvreChapitre 48 sur 70 · scène anglaise. » Il prend cependant la défense de son cher · texte numérisé non relu

scène anglaise. » Il prend cependant la défense de son cher

Wycherley et avec des citations tirées des classiques, en réponse

aux autorités de Collier, conclut que s’il y a besoin d’une

réforme au théâtre, il ne faut pourtant pas oublier que ce théâtre

est utile à l’Etat et à la Religion. Ce qui nous étonne c’est que

Dennis, si cordialement lié avec Congreve, surtout à cette époque, et si dévoué à la cause générale du théâtre, soit si indifférent au cas spécial du poète qu’il ne mentionne pas, même à côté de Dryden. Mr. Gosse attribue cela à la pensée que Congreve devait être à cette époque lui-même occupé à préparer sa réponse à Collier. Après les larges concessions que Dennis fait à celui-ci, nous sommes plus enclins à croire que c’est faute de sincère amitié et de courage en faveur de Congreve.

Mais les auteurs tardaient encore à relever le gant. Le plus jeune d’entre eux dans la carrière littéraire a senti, à la manière dont le scandale s’affirmait, sa réputation en péril : et voilà enfin Vanbrugh, le 8 juin, avec « A short Vindication of the Relapse and the Provok'd wife », leste défense de ses pièces, le plus bêchées par Collier. Rien ne pourrait être plus favorable à notre opinion et nous montrer l’atmosphère dans laquelle vivait le livre de Collier dans le monde littéraire que

Ja réponse du Capitaine : « Quand j’ai vu l’œuvre de Mr. Collier

sur les irrégularités de la scène (dans laquelle, parmi les autres messieurs, il se plaît à m’accorder une attention spéciale), j'étais

E loin de penser à prendre la peine d’importuner la ville d’une

a Vindication. J'étais conscient que ses accusations d’immo-

ralité et de profanation portées contre moi étaient basées sur tant à erreurs, que tout homme (qui aurait la curiosité de voir les pièces ou se donnerait la peine à cette occasion de les lire)

E découvrirait facilement la source de l’ invective ; et que c'était la —

dispute pour son surplis et non pour le Bon Dieu qui le faisait lever le bouclier contre moi. J'ai trouvé l’opinion de mes amis et de mes connaissances (du moins de leur aveu) la même, et les Sincères comme les autres m'ont persuadé que l’attaque était si faible que la ville se défendra elle-même, que la tête du général était trop échauffée pour garder sa raisOn, que son Coup

de feu était tiré trop au jugé pour frapper juste et que l’assaut se donnera sans que j’entre en ligne.

J'ai cru facilement ce qui flattait ma paresse ; mais j’ai vu depuis quelque temps que par le zèle des personnes que leur intérêt du moment poussait dans la mêlée, et par le penchant naturel des autres à être attirés par toutes les choses abusives, ce pamphlet a obtenu assez de crédit en certains milieux pour revêtir les personnes dont il parle d’un caractère aussi mauvais que celui que l’auteur a prouvé posséder lui-même par sa vie et sa conduite dans le monde. Je crois donc que ce n’est pas une chose à mépriser: si je continuais à rester impassible, ces personnes qui ont eu le tort de croire que j'ai encouragé l’immoralité, PORSEENE 2 avoir le double tort de penser que je l'avoue. »

Est-il rien de plus clair ? Y a-t-il un mot qui sonne faux ? Vanbrugh était, de plus, un homme trop franc et trop exempt de morgue pour que nous puissions voir dans ses paroles autre chose qu’une attitude légitime. Remarquons les allusions fréquentes

Ai

qui il se borne à | dévoiler io fausses mere faites de ses œuvres), a pour éviter l’équivoque. L’importun Filmer n’avait- il pas d’ ailleurs jugé à propos de le défend en F Fe sonne peu de temps auparavant, dans « A further Defenc 1 ff Dramatic Poetry » écrite spécialement en faveur de « Th 4 sé Relapse » ? Est-il quelque chose de plus incommode qu’un sot ne 7 service gratuit ? Il est très probable que la réponse LE > Vanbrugh fut provoquée par celui-ci.

Mais le faux jour dont la critique a entouré . cas de Golli er Da

a déformé et amoindri d’ une manière étrange : Je personnage ;

central de son attaque qui est notre poète. lui-même. Des critiques auraient voulu que Congreve répondit beaucoup plus tôt. Naturellement, pour faire chorus avec les Motteux et les Filmer ! LE Est-ce que Gildon n’avait d’ailleurs pas exprimé tout ce que le maître avait pensé à ce sujet ? « Mais en répondant tard et au moment le plus inopportun avec sa réponse, Congreve s’est écroulé dans une chute dont la vue cé GOMORESEE même après deux cents ans ».

Nous allons voir pourquoi.

Ja réponse du 12 Juillet de Bosiite contient 109 pages Fr primées en caractères rares et gros, et porte le titre x Amendments of Mr. Collier’s false and imperfect citations from. « Old Bachelor », Double Dealer », Love for Love » and Mourning Bride ». . Se .

Dès le commencement, nous pouvons voir qu’il n’y est pas

songe ait à consacrer à | ce Cas. a tn comme nu 5

et. peut-être même incité par la réponse de son ami

comm son ami l'avait été par celle de Filmer - — — Congreve sente on tour est venu de faire les corrections nécessaires ei de |

mettre les choses au point.

+ Srant. la és nous : « On m’a dit que je Ë pasSerais pour très indifférent si je laissais échapper toute oc- casion de rendre compte, si peu que ce soit, du dernier livre de Mr. Collier, en ce qui me ‘concerne au sujet de quelques pièces écrites par moi. Mais les interprétations malignes et forcées de mes paroles étaient Si grossières et si palpables, que je pensais que tout lecteur impartial et sans préjugés les condamnerait de son propre aveu et m’absoudrait avant même d'entendre ma défense. D’ un autre côté, on m'a accusé de paresse et de trop à de confiance. en moi, en négligeant depuis si longtemps de me 5 faire justice moi-même, ce qui me serait si facile, car il n’y a, : pour me défendre, besoin que d’éxposer in-extenso ces passages que Mr. Collier à tronqués Je plus souvent d’une bonne moitié. J'aimerais à passer pour indifférent plutôt que pour paresseux, poire et c'est ce dernier argument qui a eu gain de c cause. » ee

| Plus loin Congreve dit qu’il n’examinera pas les stupidités et les faussetés du livre de Collier, pas plus qu’il ne défendra les corruptions de la scène. « Je ne jusüfierai aucune de mes e erreurs. Je me rends compte de beaucoup d’entre elles. Mon in-

tention, par conséquent, est seulement de restaurer dans leur | vrai état ces passages qui ont souffert dans la transplantation qu Li en à fait.

Donc, pas de levée d ’étendards, pas de prise d’armes. Une

simple mise au point 2 phrases erronées d’un réquisitire pré

tentieux.

Est-il besoin de voir là- dedans une lutte et un désastre ? ?

Congreve s'est-il mis en campagne pour défendre le Théâtre

Mr. Gosse le trouve passionné et « coarselÿ angry ». Pourquoi ? Parce qu’il confesse lui-même ses fautes ? Parce qu’ LS ne peut souffrir les interprétations fausses et les moitiés de cita-

tions contre lesquelles tout le monde, de Gildon à Dennis et

Dryden, était révolté ? Parce que au sujet du mot « whore » que

le prêtre applique à quatre précieuses frivoles, il dit que « le style de Collier est au moins admirable ? » Parce qu’il défend

enfin Lord Touchwood, le plus comme il faut de ses héros, contre les accusations de « smuttiness » et qu’il dit que la pièce

louée même par Blackmore, « The Mourning Bride », n’est pas

immorale ? Y a-t-1l quelqu'un qui puisse lire sans rire les pages

de Collier au sujet des profanations de Samson et de Moïse ?

Un moderne pourrait-il lire le livre en entier sans en être révolté ? Congreve qui était à la fois un homme fin et moderne, ne le fait pas tant que son tempérament le lui aurait permis.

Avec son indolence connue, il s’efforce de ne pas trop le prendre

au sérieux, sachant bien que ce serait là la seule faute impardonnable. À l’alarme du puritain contre la prostitution, COITUP-

trice des hommes et profanatrice de la religion, qui se trouverait dans le « Old Bachelor », il répond avec le ton blasé d’un artiste consommé : « En effet, je ne puis m'empêcher de rire quand je compare sa terrible interprétation avec les’ pauvres paroles anodines telles qu’elles se trouvent dans le texte, surtout lorsque je me rappelle quel jeune débutant et quel enfant j'étais presque en écrivant cette comédie ! » N'est-ce pas là la.

Fons son œuvre et celle de ses confrères Sie 17

vraie note 2 Collier n’avait-il pas fait trop. d bruit contre de > pauvres expressions insignifiantes A

= À Dryden, plus violemment attaqué que Vanbrugh et Congreve n’a même trouvé à propos d’en répondre autant. Or, son atti-

tude a été également mal interprétée. On a vu dans le io -

du vieux barde une espèce de capitulation.

Etait-ce digne de lui de dire plus qu’il n’en a dit et cela au bout d’un an dans la préface des « Fables » ? Là, avec son es- “prit habituel, après s’être naturellement excusé de quelques intempérances d'expressions et d’idées — qui étaient dans la Ë conscience de tous à cette époque-là — il n’en ajoute pas moins : « S'il est mon ennemi, qu’il triomphe, s’il est mon ami, comme

LÀ je ne lui ai jamais donné l’occasion d’être le contraire, il se

réjouira de mon repentir; cependant il ne serait pas difficile de prouver que, en plusieurs endroits, il a altéré ma pensée par ses gloses et a donné à mes paroles un sens de blasphème et d’obscénité, dont elles étaient complètement innoncentes. Outre cela, il met trop de venin dans sa satire et se présente comme un Dictateur un peu trop rustaud !... Peut-être n’était-ce pas compatible avec son rôle de fouiller dans la fange des pièces anciennes et modernes ! »

Le mot « repentir » a aussi convaincu Beljame. Mais il ne faut pas s’y laisser prendre. Ce n’était qu’un geste de magnanimité de la part du vieux maître et rien ne révèle mieux l’attitude générale et spécialement celle de Dryden, que les lignes - suivantes contenues dans « A further Defence » de l’ infatigable Filmer (nous citons textuellement) :

« It goes for current authority round the whole town that Mr. Dryden himself publicly declared (« The Short View ») unanswerable and than. ked Mr. Collier for the just correction he had given him ; and that Mr.

— 220 — ce

| Congreve and some ; other great of us. had made Er the sed

tion ; which is also notoriously false, 80 egregious a lie, that Mr. D den. particulary always looked upon it ‘as à pile of malice, ill-nature ana uncharitableness, and all drawn upon the rack ou wit and invention. »

Après cel, oies vrais paraissent Le mots qu’ 411 avait É

dit à Motteux un an auparavant, dans la Lettre par laquelle, ! tout en consolant celui-ci des reproches faits à la tragédie The Beau-

ty in Distress (« irrégularité d’action et complication d'inci- à se

dent Hi il fait see Collier : he TS de à

Who but a madman done his faults defend 2 All would submit : for all but fools will mend. But who to common sense they give the lie And turn distorted words to PIRspnenr = They give the scandal.

Dans le beau poème de « Cymon and Iphigenie » il ne s’en souvient pas moins et les quarante vers d’ introduction Jui suffisent pour vider le conflit :

If love pes oly. the severe divine :

Has felt that folly, though he censures mine : Pollutes the pleasures of a chaste embrace .

Acts what I write, and propagates in grace

With riotous excess a priestly race etc.

He showed the way perverting first my sense, In malice witty, and with venom fraught,

He makes me speak the things I never thought etc. ; 111 suits his cloth the praise of raïiling well etc. OP We were at worst but wanton ,he’s obscene.

De fait Dryden, dans sa profonde intelligence littéraire et avec cette stoïque dignité dont il savait si bien s’envelopper devant ses adversaires, pose — sans allures de réformateur — et résout — comme dans le reste des vers du poème cité — le problème de la comédie sous la Restauration, en deux mots dans la préface de « The Pilgrim » de Fletcher (1700) :

on

:$ is The | Posts who must live by Courts or starve

: ; Were proud so good a government to serve

ren É And mixing with büffoons and pimps profane EX LENS bars the stage for some small snip of gain.

| L'alarme doit donc se donner autre Fr car : 2

ns

The pour! is ee the poets but the tail.

Tout le problème ( était là. Comme le dit aussi Hazlitt, ce ne sont pas les poètes. qui ont fait les mœurs, ce sont les mœurs qui ont modelé les poètes. Ce problème comporte donc plus de gravité et dans tous les cas demande un autre remède que le livre de Collier. Tout le monde en reconnaît donc les abus, Dryden, de même que Congreve et Vanbrugh: mais ceci ne donne pas à un homme revêtu de la soutane et ayant pour armes rouiler. lées les préjugés des siècles, le droit de partir en campagne = contre la comédie et l’art même. - :

« Peut-être que le Pasteur a poussé les choses op loin », disait encore Dryden avec bonhomie, dans l’ épilogue de la pièce de 1709 citée plus haut. Et c’est ce qui constitue à à proprement parler le seul succès de Collier. Car non content de l’indignation d’une clique littéraire et des sourires que les poètes daignaient enfin lui accorder, Collier se sentait maître d’une position trop propice pour se taire. Mais l’homme qui en 1696 avait révolté tout le monde par l’absolution sur l’échafaud de Sir John Friend et Sir William Parky ns était un irréductible. Et les disciples ne lui manquaient pas.

Dès l'automne paraît : « A letter to Mr. Congreve on his pretended amendment » où Collier est défendu contre les prétendues accusations de Congreve, en nous assurant « qu’il n’était

pas un imbécile en mettant son nom sur un livre », ét qu il l'a fait parce que

« Innocency is bold as a lion ! »

Cette lettre est bientôt suivie d’un pamphlet deux fois plus | long qui, sous le nom de « Animadversions on Mr. Congreve? si late answer to Mr. Collier » et sous forme de dialogue, déverse sur le poète tout le venin impuissant du scribe à gages Gt). Avec. des citations embrouillées de ses pièces, de sa réponse à Collier et une ironie forcée, il fait honneur au galant et serviable Mr. Congreve, qu 1l nomme Pink of Courtesy, The very reflection

Of. Heaven in a pond. | |

Mais Collier, tout comme Congreve, ne provoque pas moins de lettrés contre lui et en voilà une inspirée par le 3° chapitre de son livre sous le nom de The Immorality of the English Pulpit. Elle contient À Word to Mr. Collier by way of Epistle concerning his short « sighted » View of the Immorality of ae English stage.

La mordante lettre qui montre que Cole n’était pas si sympathique et triomphant à cette époque, sans prendre la défense de personne, démasque l’auteur comme un Parson cashier’d for Misbehaviour qui perd son temps à des bagatelles. «Must a Parson » dit l’auteur, « step out of the huge throng of quacks, clap on the spectacles, and apply the Glister — pipe purely to discover his knowledge in Fundamentals » ? Et il finit par se demander ce que c’est qu’un charlatan universel si ce n’est un pareil homme ?

Mais The Stage Condemned, dans plus de 216 pages, prend la

(1) Mr. Gosse y voit la main de l'acteur George Powell, chose très plausible d’après les raisons qu’il en donne, et dont nous parlerons plus tard!

ES s défense . Collier; il est dédié avec emphase et grand bruit à To The Right Honourables the Lords and Commons of England in Parliamant Assembled ». La lutte se transportait donc dans l’arène politique. On y répond encore à Filmer, à Motteux et à Dennis, -sans s’élever au-dessus d'aucun d’ eux, mais en ajoutant une exposition pédante de la violation de la scène dès l’époque de Charles Ir.

Mais ceci ne suffit pas à Collier, qui pense cueillir lui-même les lauriers de la victoire dans « À defence of the Short View ». “He avait observé la médiocrité de son entourage et, désireux d’a- | voir de puissants adversaires, prend de nouveau à parti Congreve et Vanbrugh. Inutile de dire que ces derniers ne répondirent pas. Mais tout de suite après paraissent « Some Remarks upon Mr. Collier’s Defence of his Short view in Vindication of Mr. Congreve etc. » dans « a letter to a friend » qui fait le pendant à la « Letter to Mr. Congreve on his pretended amendments ». On y ridiculise Collier pour un trait de son caractère qui n’a échappé ‘à aucun chroniqueur du temps : son tempérament bilieux; mais le pamphlet, de peu d'importance, est intéressant pour nous, car il essaye de découvrir l’origine de la haine de Collier, qu’il trouve dans « les vers qui plaignent la reine Pastora, vers héroïques qui vantent la gloire de notre monarque ».

La gloire de Guillaume et de la reine Marie, comme celle de da future reine Anne, et le dévouement du poète pour eux pouvaient bien y être pour quelque chose. Mais point n’avait -besoin de tout cela le Non-Juror « dont le venin était tout aussi abondant que les eaux de Biscaye ».

En 1699 cependant, un livre volumineux veut « présenter sous un jour vrai le livre de Collier » sous forme de « The Ancient and Modern Stage survey’d ». Le Dr. James Drake, le vigou-

Den

reux S npiiéie et ons conservateur, auteur du Fi se

« Memorial of the Church of England : ». et plus tard de la « Vie ; ED

de Brown », était pour de nombreuses raisons, à cette époque, ar une plume qui comptait. IL est donc très caractéristique de A

voir que le premier bilan de la querelle qui avait. duré une année entière et qui en même temps . le livre le mieux écrit + et le plus suivi, qui ait été consacré à à cette querelle, est. Hélas 00e

vorable à Collier.

En moins d’un an, di perd du terrain. 7. une FR que nous nous plaisons à voir percer si tôt, le livre parle du « paper combat » actuel, dans lequel la campagne est menée des deux côtés avec une fureur et un entêtement tout à fait disproportionnés avec les bagatelles en question. — « Les champions - tiennent tête aux géants imaginaires de leur propre effroi. — Comme Ajax ou comme le héros de Cervantes au milieu des moutons, des géants ou des moulins à vent ».

« Le plus formidable d’entre eux est l’auteur de la Short View. De temps en temps, cet homme a entendu comme dans un demi sommeil une faible rumeur des cancans de Mr. D’Urfey, ou bien un Jack impertinent proférer un juron ou deux, et prenant cela pour un roulement de tambour ou un feu de salve, il se croit menacé d’une invasion ou d’une révolution et rêve que les canons de l'Eglise ont été attaqués et pris; il rêve d’un terrible complot de la scène et d’une armée formidable embusquée dans les coulisses; il crie d’allumer les signaux, de sonner le tocsin de paroisse en paroisse, de mobiliser les milices des pères de l’Eglise, des Conciles, des Synodes et des érudits et du reste des réserves de l'Eglise et de creuser des tranchées, car l’avantgarde du Parnasse vient de fondre sur eux ».

« Ensuite il fait la Durindana (?) des plumes d’oie et Hire

des anathèmes drus comme grêle ». Pourrait-on mieux décrire cette batracoméomachie inspirée par l'esprit belliqueux d’un prêtre ? Le latin « parturiunt montes » peut-il s’appliquer d’une manière plus typique que dans le cas de cette « anti-poetic -war ? » Le livre continue ainsi et traite avec un grand sérieux et avec précision du conflit séculaire entre l’église et le théâtre. Il lui trouve d’autres origines que la profanation de Samson et l’insulte aux oreilles des Dieux ou à la Majesté du Bœuf Apis. Parlant des jeux Bachiques et Dionysiaques, il trouve le germe païen à la base de la Comédie; et une érudition beaucoup plus sérieuse que celle de Collier (1) le met à même non de mystifier | avec des demi-citations, mais de mettre en pleine lumière les excès du théâtre grec et romain. À partir de Plaute et de Té-

__ rence, réellement compris, les modernes n'apparaissent que

comme leurs successeurs, profanant, il est vrai, maïs ne faisant que flétrir ainsi les mœurs ridicules de leur milieu. « La moralité », dit l’admirable auteur, « n’est pas une raison pour repousser le théâtre. Ce n’est pas la vertu des Spartiates ni leur souci de la morale qui les a fait rejeter. le drame, mais une austérité de tempérament qui ne leur inspirait que la passion de la gloire militaire ». | Ne

Si nous remplaçons le mot « Spartiates » par « Puritains » et « gloire militaire » par « soutane » et « lutrin » nous arrivons directement à Collier. Ce serait trop sortir du cadre de ce chapitre que de citer d’autres fragments de l’intéressant traité. Contentons-nous de l’honnêteté et de la juste intelligence des choses et de la profondeur de jugement qui en font un livre dix fois plus sérieux que « À short View ». Il resserre le bigotisme de

(1) Qu'il appelle « A piece-broker in learning, one that tacks ends and scraps of Authors together to patch up a flight authority ».

Collier dans le dilemme : ou bien l’on interdit à L'art d être Se

autre chose qu’un sermon de chaire et alors on le supprime; ou

si vous l’ admettez, il faut l’ admettre avec ses libertés qui en sont la vie et la garantie de son effet moral. L’excès de ces libertés

est, il est vrai, condamnable, mais cette condamnation doit se

faire avec discernement. et bon sens historique, sans s’exposer

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