EE
(1) Spence.
(2) « Mr. Congreve quitted the stage early and comedy left it with him ». (J. Giles Jacob).
The Young 0 Hanover Brave 3 This. Gallant Young Man FREE Being Kin to. \'Oupés Anne
et r empêcher de tressaillir, surtout : ni ot A
At the sound of | Great Mariborougtre Drums ? m Je
sr est également en 1709 que Tonson fait paraître avec
sf 4 force gravures et profusions de notes Ovid’s Art for Love in É three books by several hands etc. Le troisième livre était dû à
Congreve. Dryden, Tate et Hopkins ei tiennent encore nn . pire
Ami d’Addison ” de: Steele — qui. le 7 octobre ro à
se que Mr. Congreve est à Newmarket (2) d’où un accès de 5 goutte le fait bien vite rentrer à Londres — dans la Société = de Lord et Lady Wharton et surtout de Swift, son existence
est bien gâtée par la maladie. Il s’en plaint dans chaque lettre
et. sans être « plus gras qu auparavant » nous le sentons fati-
gué, quoique toujours de bonne humeur, comme Swift nous le dira bientôt d’une manière amicale et pathétique. Keally
cppend le 15 décembre 1710 ue RRUSIQTE lui envoie des livres.
(1) La VIS Miscellanée de Tonson parue cette année même, nous
donne, à côté du prologue de Rowe pour Love for Love, cette ballade
On the Victory at Audenarde (il est vrai sans noms d'auteurs, mais = l'auteur n’en est pas moins l’ami de Marlborough et le « collection-
neur de ballades » qu'était notre poète à cette époque).
(Nous avons d’ailleurs aussi trouvé son nom dans cette curieuse
' ‘collection de D'Urfey : « Wit and Mirth or Pills to purge Melancholy »
qui reproduira bientôt la ballade.
Une lettre dont nous parlons autre part nous le citera aussi).
(2) Berkeley, op. cit. Ces
Il est question de son œuvre imprimée cé Tonson. en oise Ho
volumes « avec un caractère d'imprimerie qui me plaît. » (1) É
A partir de cette année, une nouvelle. source d’ informations vient S ‘ajouter à une correspondance qui tire vers sa fin : « Journal to Stella ». Le grand satirique, dès 1708 faisait. de à Anthony Henley (père de Lord Northington) : « qu’il trouvait, le. Colonel Hunter (ancien combattant de Blenheim) très heureux da d’être dans une compagnie aussi bonne que celle dans laquelle le met Swift, Lord Halifax, Mr. Addison, Mr. Congreve et le
journaliste.
L'amitié de Swift et de Congreve prend à cette époque aussi un caractère littéraire. Swift commençait à aiguiser sa satire, et le satirique qui somnolait dans Congreve ne re que lui faire écho. HE s
Le poète s’est par conséquence bien amusé, lui aussi, de l affaire de John Partridge, le pauvre prophète d’almanachs. L’ ami commun, Addison, nous donne à ce sujet un petit détail que
nous n’avons trouvé cité nulle part ailleurs. Dans sa lettre du
(1) Avec « Sémélé » 7 et une lettre-dédicace (en vers) à Lord Halifax, en tête des poèmes (III vol.)
— Mr. Gosse donne, d’après le manuscrit du Br. M., le document du contrat entre l'éditeur et le poëte. Il paraît — comme Mr. Gosse le suggère — qu’un léger différend à eu lieu entre eux à cette occasion. Leur. réconciliation — qui ne s’est pas trop fait attendre — fut l'objet d’une ode joyeuse de Rowe à la manière d’Horace où il fait dire à Tonson :
While I partook your wine, your wit and mirth I was the happiest creature on God’s earth.
Les souvenirs de Kit-Cat parlent trop fort, et Vanbrugh ne saurait assez consoler l'éditeur. Il invite alors son ancien ami dans sa chambre à manger où il lui re mettre un lit.
Tell me, dear Mr. Congreve, would you come?
Le D ne se fait pas prier et lui jure de « vivre et mourir avec son cher -Cob ». (Poems on several occasions.) Nous n’avons pu trouver entre ces poèmes les vers que John Watkins : « Characteristic Anecdotes of Men of Learning and Genius » met dans la bouche de Congreve toujours à l'égard de Tonson et, de leur passé à Kit-Cat :
’Twas there we first instructed all our youth
To talk profane and laugh at sacred truth,
We taught them to toast, and rhyme and bite
To sleep away the day, and drink away the night.
E pauvre poète est ateint d’une nouvelle maladie plus me nt “encore que la goutte.» Devenu presque aveugle à la suite d’une dou- __ ble cataracte, il doit encore attendre deux ou trois ans d’avoir e perdu presque. complètement la vue pour subir l’opération. Sa
œ Août 17 10 adressée au marquis de Wharton il dit: « Parmi les: imprimés que je vous envoie par le même coufrier, « The
__essay upon Credit » est, dit-on écrit, par Mr. Harley et « Bic- kerstaff detected », par Mr. Congreve.
Le 26 octobre 4740, nous apprenons, par Stella, que : « 1.
goutte, non plus, ne lui laisse point de repos. « Cependant il
parait toujours jeune et frais, et aussi joyeux que jamais »; (4) - il boit le 28 décembre à la santé de Joseph Keally avec Addison
qui en est flatté (2), Lord Halifax et Castlecomer, et rivalise avec les autres dans les louanges qu’on lui adresse. Bientôt
| nous voyons Sir Richard Temple de Stowe, le personnage au
bon vin, dans la société de Congreve, comme aussi Rowe,
Prior, Garth, et naturellement Addison, Steele; on le voit aussi
dans celle de Lady Montagu, du Lt.-Général Ph. Bragg, du Lt-Général Farrington, de l’amiral Sir Charles Wager, de Richard Estcourt, (3) Charles Main, (4) Harrisson (5). En décembre
4710, Congreve, avec le capitaine George Delaval, (6) (envoyé
extraordinaire du roi de Portugal) décide Sir Godfrey Kneller
(1) On ne-voit guère là la vieillesse prématurée du poète, « usé par les excès ». (2) Addison à Keally (Berkeley).
(3) L'acteur vanté par Steele dans le No 468 du « Spectator », intendant du Beefsteak-Club et propriétaire du Bumper Tavern à Covent Garden. (4) Ami intime de Congreve, cité dans ses lettres, avec lequel il à à peine de la place en voiture et dont Gay dit « Wondering Main so fat wit laughing eyes » (Mr. Pope’s welcome from Greece, XVII).
{5} William Harrison, protégé de Swift, quoique libéral, qui le met en tête du nouveau « Tatler », plus tard secrétaire de la reine à la Haye. (6) Temple and Deiaval are now my party.
Men that are tam Mercurio both quam Marte And tho’ for them I shall scarce go to Heaven Yet I can drink with them six night in seven. (Congreve à Tonson dans le poème de Rowe).
Le
ui.
à faire cite le portrait de Swift. Celui le cite à | Stella propos de Stelle. (4 of pos LES RAR |
Vers. le 12- 13 or 1740- M ia donne, à Sul un 2 ; Tatler qu ‘il vient d écrire, tout aveugle qu’il est, pour « le petit Harrisson. (2) Leur intimité est grande car ils mangent souvent FE ensemble et se et de fréquentes visés DE ee
ee
| Ée poêle retient jusqu’à des heures avancées +. satiqies + soit par ses saillies —<car 1} est un « très agréable compa-
gnon » — soit par son sacré petit vin blanc, qui ui chatouille agréa- < :
‘blement le gosier et le fait s’en aller en titubant. Maisen J uin 1744,
Congreve passe par quelques transes; car Swift le voit faire
antichambre au Ministère des Finances, par ordre, avec ses
collègues « the Commissioners of the Wine Licenses. « J’ avais
souvent parlé de lui au Ministre des Finances et Congreve me dit que, après avoir répondu aux questions pour lesquelles ils avaient été convoqués, le Ministre le prit à part et lui parla ‘avec beaucoup d’affabilité, en lui promettant sa protection. Le pauvre homme dit qu’il avait été si peu ménagé dans les derniers temps qu'il est complètement surpris de la bonté du Lord. Et il me pria de dire cela; ce que j'ai fait ce matin en le recommandant de tout mon cœur. Le Ministre m’a assuré qu’il l’a en grande estime et lui témoignera toujours beaucoup de bienveillance. Son Excellence a eu vraiment l'intention de les révoquer tous, et FOR Congreve. Le pauvre ‘homme
(1) Hussy, Stella, you jest about poor Congreve’s eyes, you do SO, re but l'11 bang your pones, faith. Yes, Steele was à little while in prison or at least in à spunging-house.…. 3
(2) It is about a scoundrel that was grown rich, and went and bought a coat of arms at the Herald’s and a set of ancestors at Fleet Diten : tis well erough and shall be printed in two or three days and if you read those kind of things, s this will divert you. à
KR
ma ai qu’ il l'avait même craint. En quittant É Lord Tréso-
a crier, je suis allé trouver Congreve, car je savais où il dînait ; 2e lui ai raconté ce qui s’est discuté entre le Lord et moi, de seras
5 “sorte. que j'ai rendu la tranquillité à un homme de valeur. D
J ai fait ainsi une bonne action dans ma journée. » Il est tout es
naturel que Je: changement de gouvernement. ait tant soit peu
ts le favori d’Halifax. Mais le mérite et la chance de Con-
| greve c'est que par le simple prestige de son nom et de sa
personne et par ses relations étendues, il ait pu être à l’ abri
des viscissitudes politiques si aigües à cette époque. On a
5 interprété | les vers de Swift de l’épître déjà mentionnée :
Took proper principles to thrive as ei And 50 might every dunce alive
comme une allusion au retour du poète au parti libéral après 1714, chose qui n’est basée sur aucun document, encore bien moins sur celui-là. Il y à ici, tout au plus, une allusion à la politique - de personnes, que le poète a suivie, comme l’aurait fait n’im- porte qui, n ’importe quand — et non sans habileté inhérente à son caractère, La politique de parti, et encore moins une politique militante, n’est pas celle qu'a faite Congreve ; cependant plus d’un fait montre que, avec le dilettantisme qui le caractérise, le poète a été par-dessus tout un Whig. Mais avec les Conservateurs sa Providence, ainsi qu’à tant d’autres, s été Swift. Celui-ci, le 2 juillet suivant, peut dire de Congreve, qu’il « l’a mis en bonne situation au Ministère et qu'il n’a plus à craindre de perdre sa place. » Le sympathique Mécène des. : écrivains libéraux sera heureux de dire (le 27 décembre 1712) qu il a aussi conservé sa place à Steele et obtenu que Congreve fût bien traité et assuré des faveurs ministérielles, C’est vers
cette époque (1) que Congreve est presque “complètement | aveugle. Il se sert pour lire de « magnifying glass » et Swift
le trouve en train de se faire soigner par un oculiste française
Congreve parle de ce dernier avec quelque humour dans sa lettre du 6 mai 17 12. « Il est venu chez moi une espèce de vieux |
sorcier qui m’a soigné les yeux pendant quelque temps. EE espère |
que ses soins m’empêcheront d’aller plus mal; si je l'avais rencontré il Y a sept ans, il m'aurait complètement guéri ». Mais ce qui le console davantage c’est que, grâce à la protection de
Swift, « la commission de mon office est changée mais moi je |
suis resté en place. En ce qui concerne ma goutte je me sens très bien, mais je ne sauterai jamais plus 21 pieds d’un bond à North-Hall Common » (2).
Dans l'été de cette même année, comme nous le donne à comprendre sa lettre à Kealiy, après quelques malentendus avec | Mr. Boddy, « propriétaire qui ne m’a montré ni les égards ni la politesse qui, tiogesue à à part, me sont dus », le poëte quitte la ville et renonce à son logement de Surrey Street, où nous l’avons vu jusqu'à présent voisin de Mrs. Frances Porter (3).
Dorénavant nous pouvons être sûrs que ses relations avec Mrs. Bracegirdle ont définitivement cessé, ainsi qu'avec le
monde du théâtre. Plus d’un motif le fait croire. Le salon de la
duchesse va l’accaparer pour le reste de sa vie. Pour le moment le poète est chez lui, à la campagne, à North-Hall où, ajoute-til dans sa lettre, il mène une vie de « Chartreux avec des jouissances peu nombreuses, mais raffinées, car le tabac que lui a envoyé Keally est excellent à tous les points ee vue ».
(1) 5 Janvier 1711-12 (Swift). |
(2) Congreve se rappelle le lieu de sa jeunesse. È
(3) Mr. Gosse dit « d’Arundel Street », mais une autre lettre nous nee. qu'il a déménagé dans Surrey Street depuis 1706.
— Le ei Une gloire qui s'éteint Dernières années, de souffrance et de résignation ue L'homme survit au poète | +
pr .
Et tandis que de nouvelles éditions de ses pièces venaient Sd peine de paraître, que Love for Love était repris, non pas sans 22 quelque bruit, sur la scène (1) et que Pope louait sa traduction de l’Iliade dans sa lettre à Caryll, le 21 décembre 1712, ce barde qui se bornaïit à dominer le commencement de ce siècle par une gloire gagnée dans l’autre, lisait de la plume de ce même excellent Gay des vers comme ceux qui étaient écrits en s9n honneur au commencement des « Nouvelles Miscellanées » de Bernard Lintott, 1712,
Let Congreve teach the list'ning groves to mourn As when he wept o’er fair Pastora Urn. «
Mais ces vers ne pouvaient plus trouver d’écho chez lui. Le
| salon d’Henriette l’accapare désormais et la satisfaction du poète, qui peut à peine lire quelque livre amusant, se réduit au plaisir d’être en bonne société. S’il eût été Milton, aveugle, :l aurait essayé d'écrire le Paradis Perdu ! tel qu’il est, notre épicurien se borne à un bon verre de vin, à un trait d’esprit, peut-être riême à à Pespoir de nouvelles sinécures.. Elles ne se
(1) If all who have been obliged to these talents in Estcourt willl be at Love for Love to-morrow night, they will but pay him what they owe him ; at so early à rate as being at à play, which nobody would omit seeing, that had or had not seen it before. (Steele, The « Spectator » n° 358, Monday, April 31, 1712). {L'ami de Congreve jouait le rôle de Sampson Legend, à son bénéfice.)
une place encoré meilleure de ce ‘Seaicher of es ». ou même époque il obtient aussi la grasse siné re de secrétaire de la J amaïque, qui avec l’ autre poste Qui rapportera 41.200
livres par an. Nous sommes à la veille de 5 à Iliade de > Pope. i: ie
Dans une lettre du 8 juin celui-ci raconte un différent surven L
entre lui et Philips, le rival des « Pastorales », qui l’aurait : 1
dénoncé aux libéraux comme complotant contre eux avec Swift, après avoir. encaissé les souscriptions du poète à Hannover- Club, dont le secrétaire était alors cet amusant «e Namby- Pamby ».
« Lord Halifax me fit om », dit Pope, « de se mêler de LU cette affaire, en parlant à plusieurs personnes pour écarter les
- fausses insinuations qui m’auraient fait beaucoup de tort
auprès d’un parti. Tandis que Mr. Congreve et quelques autres s’en Sont bien amusés, la plupart des assidus du Hannover-Club se sont moqués de leur secrétaire ». Nous retiendrons cette note sur Congreve, car elle va nous servir. ë |
En 1714, Dick Steele publie en collaboration avec Pope, Gay, Parnell et Tonson « The poetical Miscellanies » « By the Best hands ». Le livre est un hommage à Congreve, auquel il est dédié avec la réédition du vieil éloge, de 1701, de « The Way of the World ». « L’opinion de la ville sera favorable, dit Steele, quand on le verra adressé à Mr .Congreve, et quand on saura qu’il plaît au maître ». Puis vient un long éloge du poète pour son succès mérité dans les divers genres de poésie ; et l'ami Dick mentionne de nouveau « Doris », le poème de Congreve si élevé aux nues dans le « Spectator ». La vie du poète à cette époque est connue de la correspondance échangée entre des
en -
“grands noms comme À on Pope, Swift, Gay, Arbuthnot, | Rae Dans ce milieu distingué: Congreve continuait à briller. Avec sa verve et son humour intarissables il anime et domine. The « Scriblerus Club » qui se dissout en 1714, compte
parmi ses membres fondateurs, à côté de Lord Oxford dans les —
bonnes grâces duquel Swift avait mis le poète, l’évêque de ; Rochester, sans plus parler des écrivains. Aux séances de ce
club d'esprit, d’où sortiront les « mémoires de Martinus Scri-
“blerus », prototype de Gulliver, non seulement; Swift, Pope et ce spirituel Dr. Arbuthnot, se lançaient leurs lazzis. Congreve
aussi y aura sans doute contribué pour sa bonne part; nous | pouvons au moins être”sûr d’une trace : la fin du chapitre e où le docteur parle de « l’immoderate laughter », « the convul-
sive motion », « the visible species », the laughing Rascals »
et de « l’ horrible rictus de la bouche » comme d’un acte « plane deplorabilis » n’est que la réé édition de l’admirable Lord Froth
du premier acte de « The Double Dealer ».
…. Le nom de Congreve est fréquent dans les lettres de Pope.
« Tant que Mr. Congreve aimera mes poésies je peux Sup: porter les critiques de Dennis et de mille autres comme lui » avoue-t-il, et ce n’est qu’une des preuves que l’amitié Pope- Congreve doit avoir été à ce moment à son point culminant (2). Avec ou sans motif, il s'était élevé un différend entre Pope et Dennis. Congreve intervient et, le 16 Janvier 1714-15, nous le trouvons déjà engagé dans une correspondance avec Pope qui est à Binfeld, où il cherche à calmer son spleen. « Je trouve très - aimable ce genre héroïque de félicitations au sujet de ce scandale; car pour moi il n’y a rien de plus honorable que d’être
(1) Pope to AGdison, January 30, 1713-14.
(2) Pope to Caryll, July 95, 1714. ,
M de
impliqué dans le destin des grands hommes; c’est-à-dire d’être envié et critiqué des mauvais écrivains. » Le jeune poète se permet de ne pas répondre à à Congreve aussi vite qu'il l’aurait dû. Entre le soin de son Homère et ses pensées tournées vers. Halifax, il se sent dans « la situation splendide de ne pas valoir deux sous, comme quiconque est né papiste ou poète » GE
Cependant, outre les devoirs qu’il avait envers ses amis et la société, notre barde maladif s’acquitterait-il aussi de ses devoirs envers sa muse ? Dans The Diary of Mary Countess Cowper, Lady of the Bed-Chamber to the Princess of Wales (2) (1714-1720 ,) nous trouvons à la date de 27-28 Novembre 1714 l’intéressante donnée suivante : « J’ai dit à la Princesse que je n’ai jamais manqué de boire à sa santé et à celle de mon maître; chose à laquelle le prince avait répondu qu’il ne s'étonnait pas alors que sa santé fût si bonne depuis qu’il était venu en Angleterre — du moment que la Comtesse y mettait tant de cœur. — Je lui ai répondu qu'avant son arrivée, mes enfants et moi nous avions trinqué à sa santé en l’appelant The Young Hannover Brave, titre que Mr. Congreve lui avait donné dans une ballade. Il me demanda qui était ce Mr. Congreve et me fournit ainsi l’occasion de dire tout le bien possible de Mr. Congreve, ce qu’il mérite, je crois. » Il est question d’un poème inconnu dans lequel notre poète chante la bataille d’Oudenarde, faisant naturellement au prince allemand les honneurs auxquels il avait droit (2). Que le prince,
.comme le roi lui-même, sans doute, ne sût pas qui était Congreve, il n’y a rien que de naturel...
(1) Dans l'édition de 1735 on trouve encore d’autres lettres à Congreve de peu d’importance littéraire, que Pope a tirées des lettres de 1714 à Caryll. (2) v. Supra. Le vers cité par la Comtesse se trouve dans la sixième strophe.
| Congreve Re L correspondance de Pope RES Congreve et Lady Montagu | Liquidation littéraire
| Le 98 juin à ATHS, Swift écrit de Dublin à De « Je te prie de présenter mes humbles respects à Mr. Addison, Congreve, | Rowe et Gay ». C'était donc un ami de moins, peut-être le plus fidèle, dans le cercle de Congreve; mais la même année le poète perd définitivement son ami le plus précieux dans la
personne de Lord Halifax. D’autre part nous voyons Gay, (1) devenir dorénavant son satellite assidu. Quant à Lady Montagu, son amitié était déjà ancienne et pleine d’une affection frisant l'amour. :
- En effet les vers suivants peu connus et si transparents. ne font-ils pas SHpeCer tout au moins une taquinerie d’amou- 4 reux ? de
At length, by so much importunity press’'d
Take, Congreve, at once the inside of my breast. This stupid indifference so often you blame | Is not owing to nature, to fear or to shame ;
Nor are Sunday’s sermons so strong in my head. etc.,
The toasters and songsters may try all their art.
(1) A la page 14 du sixième volume des Œuvres de Pope (Elwin), il y a une : lettre — sur des questions d’ailleurs qui ne nous concernent guère — adressée par Gay et Pope à Congreve. Elle est tirée des deux lettres de l’avril 1715, à Caryil. Si elles ont jamais été envoyées, Gay et Pope doivent en avoir copié et envoyé le contenu à d’autres amis.
| Avec des avertissements Si peu ‘encourageants, Je Toaster 12 le Songster ne se serait-il trop lancé ! Leur amitié r n° en à à pas moins été sincère. (rar nt 6 D ailleurs il s’est établi entre eux ‘une {correspondance dont he “+19 perte est déplorable. Mais Lady Mary n'en His pas moins ee inséré les lettres | de Congreve — comme celles de Pope. — > dans son journal, détruit le 13 novembre 4794 par Lady Bute, ES pour ne pas. 5 compromettre la défunte. (Quant au manuscrit Le des lettres. que Lady Mary aurait passé, nes à Molesworth, dep la dédicace de M. A. — Mrs. Mary Astell — contient des vers Eu qui ne se font pas faute de citer Congreve et Pope). se D’ autre part, les relations entre Lady Mary et la duchesse Re “0e Marlborough sont d' une nature qui touche à à la jalousie. | : : | Pour n’en citer qu ‘un faible échantillon - — nous en verrons : Sn ou autres plus Join Lady Mary : va écrire en 1721 à . sa sœur n a “à Paris : 4 « La toute puissante Duchesse de Marlborough a très sOu- ‘a vent distrait la ville par des concerts composés par Buonon- ; cini, (2) mais son amitié pour moi ne va pas jusqu’à m’ "inviter souvent ; nous continuons à nous voir l’une l’autre comme deux personnes décidées à à se détester avec civilité » (3).
Partie à la fin de juillet 1716 avec son mari pour l’ambassade de Constantinople, Lady Montagu S intéresse de Pope et de Congreve plus que de n’importe qui. ee
(4) W. M. Thomas incline à croire que ces vers étaient adressés à Lord Hervey. Mais tandis qu'en faveur de cette hypothèse il n'existe aucun fait, tout porte à croire qu'il y à eu même une petite intrigue d'amour entre la coquette et le poète. La manière dont she > parle de lui dans ses lettres en est une preuve. à Ÿ
(2) Rival de Handel, patronné par les Marlborough. (3) Warncliffe II, 135.