DAT
Cette troisième édition, comme la deuxième, de 1700, reproduit de vers le Congreve écrits pour la première édition. du livre.
D’ après la lettre du 30 hvètiiite 1703, où il aécrité à son ami Keally l'ouragan qui s'est déchaîné cette année-là sur la contrée, et les ravages qu’il avait faits dans son quartier, et pendant lequel « notre voisine de Howard’s street » a eu plus de peur ‘que de mal, il n’a perdu qu’une croisée dans son bureau, bien . que les cheminées de « Blue Ball » avaient continué à s’écrouler
pendant toute la nuit chez Mr. Porter. À partir de ce moment nous ne le retrouvons plus cependant, toute une année, quand le 3 février 1704 il répond à Keally en lui envoyant des détails nouveaux pour nous : Que son portrait n’est pas encore prêt, que ce portrait à la troisième séance ne plaît pas tant à quelques- | uns, qu ’il ne lui avait plu à lui après la première séance; et puis,
que la combinaison avec le nouveau théâtre de Hay- Market touche à sa fin; car : « Je ne sais quand la maison s’ouvrira ni. avec quoi nous allons commencer, mais je ne crois pas que ce soit avec un opéra. Rien n’est encore décidé ». Au printemps,
— 283 — er
20 mai, le e gouvèrnement fut remanié. « Harley prit la place
Rs de Lord Nottingham et ce fut, comme on dit ici, un changement
. SAS altération, mais selon toutes les probabilités, sous peu ET aura sans doute quelque chose de plus catégorique ».
Jusqu’alors, le « Congreve the Great » de THatleet à après avoir fait plusieurs fois antichambre chez James Butler I, Duke of Ormond, alors gouverneur d’ Irlande, qui est si souvent à la maison et que l’on dit si souvent sorti, a fini par le rencontrer à la Cour et a eu l’occasion de lui Den de son AMOUE.
À e Outre les nouvellés de ses voisines (parmi lesquelles étaient: maintenant Lady Betty avec ses sœurs), nous entendons parler d’une chose plus importante : « La traduction dont tu parles n’est pas complètement de moi; Vanbrugh et Walsh y ont leur part. Chacun de nous a écrit un acte de la farce française. Mon acte, les leurs aussi, je crois, ont été faits en deux matinées, de sorte qu’elle ne vaut pas le diable. C'était un compliment pour les personnes de qualité sur la musique qu ’elles ont donnée en contribution, sans intention de la jouer ou ‘de l’imprimer plus tard. Elle a fait rire le monde et quelqu'un a cru qu’elle méritait d’être retraduite et d’être imprimée aussi bien que d’être jouée; mais si tu la trouves imprimée, sois sûr que ce n’est pas la nôtre, qui ne verra plus la lumière dans une huitaine de jours, après qu’elle aura été jouée pour le bénéfice de notre voisine. Rien de nouveau que ce qui est imprimé, la ville étant très ennuyée et moi pareillement; mais dans l’ennui ou
dans la joie, cher Keally, je te suis toujours dévoué ».
Ii est question ici de Squire Trelooby, The Cornish Squire, (Monsieur de Pourceaugnac de Molière) jouée non sans un certain scandale mondain. Le fait que l’épilogue était dit par Mrs. Brace-
girdle nous fait. croire qu'il avait été écrit par Congreve. Quel-
ques représentations de cette farce, accueillies avec applaudis- A
sements, et des reprises de ses propres œuvres attachent encore Congreve à la vie théâtrale.
Dans l’été de la même année, le dose est cloué. du son fauteuil par la goutte et Ken lui à envoyé un flacon de médicaments souverains, en lui disant qu’il espère. le rencontrer à Bath, d'autant plus que Londres se vide de plus en plus, que
Je bon vin y est plus rare que jamais, et les citrons très chers;
« mais j'espère que la situation s’améliorera en mon absence. » On ne sait pas s'il en fut ainsi, car tout ce que noùs apprenons au retour de Bath, c’est qu'il a « un tas d’affaires » après neuf semaines d’absence. « Je m’engraisse, mais tu Ne que je suis 5 né avec un ventre pas mal arrondi; mais tâche de te souvenir de oi, Car je ne suis pas du tout exténué. Mes compliments à è Lu qui rirait bien de me voir en train de m’essouffler à lacer mes souliers ; mais je saurai bien maigrir de nouveau. » On a vu dans ces lignes empreintes de bonne humeur « an obese but green old age ». L’obèse, nous le voyons, comme on peut bien l’être à 34 ans, mais nous ne voyons pas le vieillard. La lettre suivante du même mois, nous montre Congreve parlant pour la première fois de son père « extrêmement malade », ce qui ne lui laisse ni une minute de libre, ni de bonnes dispositions pour écrire, « bien qu’il croie le danger passé maïntenant. » C’est aussi la première fois qu'il parle de Swift dont le Tale of a Tub lui a plu tout aussi peu qu’à Keally. Il en dit cependant : « Quelques passages m'ont amusé, je l’avoue, mais l’idée ne me viendrait pas de le relire. » Entre ces deux écrivains dont les destins s’engageaient à ce moment-là dans des voies si différentes, il y avait une divergence innée de goûts littéraires.
ee
| Comme il n° ÿ avait que peu de personnes de son opinion, le
prudent poète « n’exprimera jamais formellement ses sentiments
pour n ne pas aller à à l’encontre de la majorité. »
Dans une petite lettre du mois de décembre suivant, nous n'apprenons qu’une chose, c’est que le poète pose pour un nou veau portrait, que le Biter de Rowe, une farce folle, a échoué et
que Cibber a donné une nouvelle pièce qu’une grande partie de la ville accueille favorablement (4), mais, « il y en a d’autres quis y connaissent mieux. » La correspondance de Keally présente une lacune de près de deux ans.
C’est aussi à cette époque que nous voyons Congreve, à côté
de Dryden, sur la couverture d’ un Recueil de « State Poems ». La première partie en contient des Miscellanées du défunt
George, Duke of Buckingham; dans la deuxième nous voyons,
parmi des satires occasionnelles, un « Prologue written by Mr. Congreve for J. Haïnes and spoken by him at a new comedy of Mr. Powell’s » (2). |
C’est aussi en 1704 que paraît la cinquième partie des « Poetical Miscellanies » de Tonson. Dans cette collection, outre la réimpression des vers que Hopkins avait adressés au poète en 4697 à l’occasion de Boadicea, Congreve y est bien représenté
par un certain nombre de productions mineures (dont nous
n’avons pas d’ailleurs vu la date et le lieu de la première pu-
blication mentionnés nulle part) (3).
(1) Il est certainement question ici du Careless Husband, jouée à Drury Lane, 7 Décembre 1704. ë
(2) «A Very Good Wife » Comédie de l'acteur Powell. Sa brouille ayec le poète n’a donc pas duré longtemps.
(3) C'est ici que paraissent les chansons : A Hue and Cry after fair ÆAmoret, la toute gracieuse I look’ and 1 sigh’d and 1 wish’d ! could
; — - 286 sun pe” L' année 1705 ne nous donne presque pas de trace de nm. | vie du poète (1). Tout ce qu’on sait de lui, c’est l'affaire avec Je Nouveau Théâtre de Hay-Market construit par Vanbrugh au moyen d’une souscription (2) publique et ouvert le 9 avril 1705 SOUS sa direction en association avec Congreve. -Notre poète écrit | à cette occasion l° épilogue débité par Mrs. Bracegirdle € At the opening of the Queen’ s Theatre in the Hay-Market with an Jta-
lian Pastoral », Mais la nouvelle affaire n ‘allait pas trop réussir. :
Vanbrugh avait mal calculé l’acoustique de sa Maison. Prévoyant l’échec « le prudent Congreve se retira de l’ affaire ago-
nisante et laissa $ son collègue tenter une CHER de l’esprit de ï
speack, Ah, what. pains, what racking thoughts he proves, Song in dialogue for two Women, Grant me gentle Love, saïd | (connue plus tard sous le nom de The Petition) Cruel Aminta, See, see she wakes, Sabina wakes, Pious Salinda goes 10. Pray’rs, (réimprimée) Lesbia, Verses sacred to the Memory of Grace Lady Gethin (réimprinés) et l’'Epitaph upon Robert Huntington (a) of Stanton. none Esq and Robert his son,
Mais, chose qui à aussi passé, inaperçue — la même collection : renferme une pièce en vers de Congreve que nous n'avons vu citer nulle part — et qui n'existe non plus dans aucune des collections de ses poèmes. C'est un Prologue to the Princess spoken by Mrs. Bracegirdle. Ecrit avant 1702, probablement pour une des représentations du poète, Il fut motivé par une autre visite royale au théâtre, celle de la Princesse Anne. Le poète lui en sait infiniment gré :
(a) 1687-1701, oriéntaliste, évèque de Raphoe, très attaché au Trinity College, Dublin, près de la porte duquel il fut enterré le 23 septembre 1701. Sa femme lui fit éiger en cet endroit un monument. C’est certainement pour ce. marbre que Congreve écrivit l’epithaphe, en souvenir peut-être de ses HACREES relations avec le collège de Dublin. \
(1)iSauf peut-être dans les mots de Lord Lansdowne. Car n'est-ce pas vers 1706 qu'il dit dans son apologie de Wycherley : « Congreve est votre intime, vous pouvez juger Wycherley d’après lui. Is ont la même façon virile de DS et d'écrire, la même candeur, la même modestie, la même humanité et la même intégrité de conduite ; il est impossible de ne pas les aimer pour euxmêmes iridépendamment du mérite de leurs œuvres. » (A letter with a character of Mr. Wycherley). &
G. Granville : « The Genuine Works in Prose and verse ». (2) 30 persons of quality at £ 100 each (Geneste).
nr de la direction de Rich, céda ses droits au Colonel Brett, association de Brett avec Swiney eut pour résultat la fusion
affirmé, Congreve ne se retira pas si vite et il fut lié longtemps - - par son engagement, même après l entrée de Swiney, comme on
va Je “voir. Cependant ik obtient la sinécure si longtemps atten- .
«due, F cette fois-ci beaucoup plus rémunérative, de « Commis- sioner of Wine Licenses », décembre Le
If what we feel of joy cou’d be express’d
. It were unworthy of ‘our Royal Guest etc The stage alone remains a frozen soil But the bright presence darts enliv'ning Fires.
La même devait être célébrée par la muse occasionnelle du poète dans l'hiver de 170% dans un Prologue to the Court on the Queen's oem lorsque : dE Se }
The happy Muse, to this high scene preferr'd - Hereafter shall in loftier strains be heard
‘And soaring so transcend her usual theme,
Shall sing of virtue and heroic fame.
Le îer juin de la même année — qui, comme on le voit, n’est pas si stérile dans la vie de Congreve — à Lincoln’s-Inn- Fields on repre- - naït Love for Love « au bénéfice de Mrs. Bowman, avec un nouveau i Prologue et une chanson par Bowman appelée The Misses lamen-
tation sur leur besoin de venir masquées au théâtre ! »
(4) Leig Hunt.
(2) Dibdin : À complete History of the Stage. IV.
-br céc ri es à Rs Toni & Rich, qui. ne la passa | pas à ce dernier. Sur ces entrefaites, Shipwith de Drury ue »
| des deux théâtres (2). Cependant, contrairement à ce que l’on a
Cela lui donne un motif de plus d’oisiveté et d’indifférence;
et du haut de son piédestal, le premier poète de l’époque devient
peu à peu quelque chose comme une statue anticipée dé luimême. Entre Kit-Cat — où il fait image et où un document
de cette année (1) nous Je montre entouré et commenté — ke Cour et la maison Marlborough, l’homme commence en effet à |
survivre au poète. Car c’est à cette époque qu' "il paraît entrer dans l'intimité d'Henrietta de Marlborough (2). Dans ses lettres $
il ne fait plus mention de « notre voisine ». Le poète déménage ‘ et en Juin 1705, au moment de la reprise avec quelque succès mondain de Love for Love joué seulement par des femmes, le poète exerce sa lyre occasionnelle dans une élégie The Tears of Amaryllis en souvenir du Marquis de Blandford, fils unique du
duc de Marlborough mort le 20 février 1705. de la Rene vérole (3). + ke |
(1) A Kit-Cat C-B described. Were
(2) Congreve was very intinate for years with Mrs. Bracegirdle, and lived in the same stret, his house very near hers, until his acquaintance with the young Duchess of Malborough. He then quitied the house, — « Spence » (Dr. Young).
(3) The winter of 1702-03 was made memorable to Marlboroug dy the death of his only surviving son the Maïquess of Blandford who after passing through Eton had gone to.finish his education at Cambridge, died there on February 20 of small-pox. (G. Saintsbury « Marlborough », p. 66).
Are . : s y Henrietta Bath - Relations avec Pope
Une nouvelle aventure, la Due curieuse de toutes, commence
dans la vie du poète. Les. relations entre la jeune duchesse de
Marlborough (4) et le poète déjà sur son déclin, ont été traitées
avec ironie par la mère même d’ Henriette, Queen Sarah, la « malignant old hag », qui ne les trouvait pas précisément honorables. Le tempérament excessif de « Philomède » (2) des « Moral Essays » d’autre part, devait certainement intéresser et prendre intérêt à un poète causeur et aimable.
(1) Elle ne succède au titre du grand Marlborough qu’en Juin 1722.
— The fourth and last, tho’ the Eldest of these noble sisters, is the Lady Henrietta, married to the Lord Viscount Ryalton, eldest son and heir apparent to Sidney, Earl of Godolphin, and Lord High Treasurer of England by whom she has had à numérous Issue, that will make amends for the Duke her Father’s loss.
To CÉONE for the EE Ateions Riches that in all probability must fall to her on her children... would tire the Pen of an able Arithmetician : I shall there-
fose dismiss my Reader, when I have told him that as my lord Ryalton has all the solidity of judgment. so the Lady is not without those innate Virtues, and that sweetness of Temper which her Father is famous for ; and if doing works of charity, providing for the necessitous, encouraging Arts and Sciences and acting all the good Offices of Life are things that will hand down those that practice ‘em to the praise and imitation of posterity, this Lady, with her three sisters, must grace our English Records. etc. : « The Lives and Characters of the Duchess of Marlborough's four Daughters. The Duchess of Montague, The Countess of Bridgwater. The Countess of Sunderland Æ / and the Lady Visc. Ryalbon » — 1710.
(2) Si c’est elle que Pope a voulu immortaliser dans les vers “So Philomede lecturing all mankind
On the soft passion, an the taste refined The address, the delicacy — stoops at once.
And makes her hearty meal upon à dunce.
(Epistle II. « Of the characters of women »).
is
L'esprit mondain de Congreve ne devait pas se sentir peu
flatté de l’ intimité d’une famille si illustre. Le fait est qu entre Ë en eux il s’établit une liaison qui, dans les invitations devenues 7
plus tard journalières, fait oublier à à l’ une le mari (1) et à l’autre la « pauvre Mrs. Bracegirdle ». Nous allons dorénavant voir le
poète toujours à ses côtés, soit à Londres, soit aux bains. Ce”
qu'il y a de plus bizarre, c’est que Mrs. Bracegirdle continue, paraît-il, à être longtemps l’amie du poète; mais c’est une amitié de fin de saison (2). Ses soirées, le poète les passera avec plus de plaisir dans les salons de la précieuse, dans l’oubli de la goutte et le charme de la causerie. C’est une liaison bizarre et pathétique, sous le couvert de la littérature; assez concrèté, elle est surtout mondaine, et d'importance dans la vie du poète, parce qu’elle l’accapare de plus en plus et l’éloigne définitivement de la poésie. De fait, elle signifie le triomphe du gentleman sur le poète. C’est avec un geste de gentleman qu il laissera dorénavant tomber de sa plume quelque pièce occasionnelle, d’où le nom de Marlborough ne se fera pas faute de manquer ; de même qu'il s’amusera à lancer un jeu de ro ou
quelque ironie à une réunion d’ amis ou dans le monde.
Mais, alors que le plus grand poète d’une génération s’étei- . gnait, le plus grand de la génération suivante commençait à poindre.
Car c’est du 20 Avril 1706 que date la lettre , Tonson : à
(1) « He came to the House of Peers only to sleep and... he might as well sleep on the right as on the deft of the woolsack ». (Macaulay). : (1) Mrs. Bracegirdle d’ailleurs s'était retirée de la scène, où elle paraît encore. une fois, au bénéfice de Betterton en 1708 (7 avril) dans « Love for Love » pour laquelle Rowe écrit un épilogue à la louange de l'acteur, débité par Mrs. Bracegirlde (publié dans la sixième Miscellany de Tonson, 1709). Congreve avait Jui aussi, dit Cibber, écrit à cette occasion un prologue pour Mrs. Bracegirdle, mais il de retira peu après — on ne sait pourquoi — et ne le fit jamais imprimer. (« The time is not yet for rational pleasure » dit en dépit de Collier et Cie, le Tatler à cette- “occasion, en faisant l'éloge de Anne et de
la pièce.) ÿ
| Pope. « Je st % voir une de vos péstotales enire les mains de Walsh et de Congreve; elle est ravissante et généralement approuvée par les meilleurs juges en poésie. Je me rappelle vous avoir vu une fois dans mon magasin et je regrette de ne pas
avoir fait plus intime connaissance avec vous. Si vous voulez
faire imprimer votre poème... » Or, le poète dont l'étoile allait à peine se lever en 1709 avait déjà écrit en 4706, sur le manus- crit du poème cité plus haut : « Mem. cette copie est celle qui passa par les mains de Walsh, Congréve (1), Maynwaring, Dr. Garth, , Granville (2); Southerne, Sir H. Sheers, Sir William © Trumbull, Lord Halifax, Lord Wharton, Marquis de Worcester, ie of Bucks.. etc, etc. La troisième églogue ne fut écrite - qu'après que quelques-uns d’entre eux eurent vu les deux premières telles qu’elles sont ici, anno 4704 ætatis meæ 16.
On a dit que Pope a fait la connaissance de Congreve red 1708, mais de fait, le Jeune homme connaissait déjà Congreve avant 1706. Dryden était souvent le sujet de leur discus- sion et l’ambitieux adolescent s’initiait à la gloire et à la vanité littéraires. A l’âge de 16 ans (et cette fois réellement à à l’âge de 16 ans 1), il peut écrire de Binfield (Windsor Forest) à Wycherley, ‘dès le 26 décembre 1706 : « Si j j'étais né plus tôt, j’aurais connu et aimé Dryden, car j'ai appris non seulement de Congreve et de vous, mais encore de Sir William Trumbull, que ses qualités personnelles étaient tout aussi aimables que ses
(1) Plus tard Pope va passer sous silence le nom de Congreve et d’autres. Maïs c’est une chose habituelle chez lui ; n’omettra-t-il pas également, par exemple, dans la lettre à Caryll du 1er mai 1714, les noms d’Addison et de Jervas pour les remplacer par ceux de Congreve et de Craggs? Il le faisait, suivant ses besoins, catholiques ou protestants.
(2) Dans sa lettre citée ci-dessus, il parle d’un enfant FRE de 17 à 18 ans à peine, qui s’est récemment inspiré dans le voisinage de Cooper’s Hill et que -Wycherley amènera avec lui si le correspondant désire le voir, Comme cette lettre date de 1705-06, il est DD que iCongreve a connu Pope dans la maison même du baron. Fe
de nee 292 =
qualités poétiques, laissant 7. côté les nombreuses Here E | tions calomnieuses et méchantes contre lesquelles le pion de Es ” ces messieurs m'a dit qu’il le défendrait un jour. » ERA
Si Wycherley, qui le Dos à à Walsh, est le premier par- * rain des Pastorales, les rapports ultérieurs montrent Congreve comme figure centrale dans la jeunesse du poète de. VIliade.
: L'esprit classique de Pope avait trouvé de quoi s intéresser “ A V art du fameux auteur de comédies régulières, dont l’une, FT he 2
Way of.the World par exemple, arrivait justement à sa deuxième édition en 1706. Dans les pastorales en question, de nombreux vers provenaient même directement de la lyre occasionnelle de l’auteur des Tears of Hire The Mourning Bride ou du Prologue to the Queen.
Mais — laissant de côté pour le moment ses relations avec Pope — le 30 Avril 1706 nous voyons encore notre poète en correspondance avec Keally dont « les lettres continuent à lut plaire, soit qu’il soit où non question d’une affaire ». -
« J’ai été un peu épargné par la goutte » ajoute-t-1l; « depuis l'attaque de Noël, je n’ai pas grand’chose à faire, et si j’ai le spleen, c’est que la ville n’a pas une goutte de vin, hormis quelques maisons privées. » (4) =
(1) Les espérances du viveur en ce qui concerne cet article ne s'étaient donc pas réalisées ! Dans cette lettre, il y est encore question le l'union des deux maisons, c’est à dire des deux théâtres qui, à l'automne subiront une nouvelle révolution, « Swiney avec Wilks, Mrs. Olsfield, Pinkethman, Bullock et Dicky sont arrivés à Hay-Market. Vanbrugh cède la direction à Swiney qui à fomenté la révolte. Mr. Rich se plaint et critique comme Volpone quand Mosca complote contre lui. Lord Chamiberlain approuve et rattfie la désertion et le nouveau plan spécifie qu'il n’y aura que des pièces à Hay-Market et des Opéras à Covent Garden. Le plan est bon, je crois, pour qu’on
ne 0 .
Et pl Join le barde ajoute : « j’ai écrit une ode que j'ai : présentée à à la reine ; elle l’a reçue gracieusement: san que tu l'as vue, mais je te l’ enverrai néanmoins par ton frère.
Il est question de « À pindarie Ode to the Queen with A de
course on the Pindarie Ode », poème monotone que le discours préliminaire ne parvient pas à sauver, Mais cet important essai sur le rythme et la nature des odes de Pindare marque une - époque dans l’histoire du vers anglais. Avec l’érudition qui Sied si bien au barde mondain, et avec son autorité, Congreve ouvre | les yeux des contemporains sur l’erreur que l’on commet, surtout à à partir de Cowley, en prenant l’ode pindarique comme un modèle d’irrégularité à la portée de tout rimailleur; bien que Le ne soit pas lui mue ait émis cette idée pour la première fois. (‘)
restaure le drame, mais les théâtres sont mal agencés, ce qui peut s'arranger avec le temps. »
() 11 est curieux que le fait ait trompé Johnson. Edward Phillips. dans sa Preface to the Theatrum Poetarum dit déjà en 1675 que « l’ode Pindarique malgré son nom né s'approche pas tant des odes de Pindare que ne le fait la « Canzone » qui, sans leur correspondre jusqu’à être composé de strophe, antistrophe et épode, cependant les vers qui dans la première strophe ne sont pas assujettis à un nombre, à un ordre ou à une mesure fixes, dans les strophes suivantes doivent revenir au même nombre, au même ordre et à la même mesure que dans la première strophe «.
Parmi les poètes, Ben Jonson pratique même l’ode régulière dans « Underwoods », (v. A Pindaric Ode on the Death of Sir H. Morison.) Mais Cowley avait produit avec ses odes une entière diversion, d'autant plus grande que Dryden n'hésite pas à faire l'éloge de ses Pindariques dans la préface à la deuxième partie des Poetical Miscellanies. Des noms plus insignifiants, tels que Norris ou Sprat, ne pensent pas à dissiper la confusion quand, s’occupant eux aussi des vers pinda-
» À Ne AUS
ï de
Elle a été développée et consacrée par lui, et à partir de cet heureux essai, nombre de poètes vont faire, de la mode # indiquée, le point de départ d’une des versifications les plus cultivées dans la littérature anglaise. QE PAPAS AE ORNE
C’est avec des détails sur une violente ie de. goutte pendant l'hiver et la visite de quelque cousin d'Irlande - — pays avec lequel le poète entretient encore ‘des relations — sur une
riques, le premier dit que « Les sujets de l’ode pindarique sont innombrables, comme son mètre » (1) (Miscellan. p. 3) et le second croit que « l'irrégularité du vers pindarique est ce qui le fait GRADE à n'importe quel sujet » . (Cowley's Life) Fe
: L'abus de ces vers pindariques irréguliers, était devenà si. grand qu'une révolution était nécessaire. C'est le mérite de Congreve de l'avoir faite, et c'est à lui que le nouveau courant dans l’ode anglaise qui arrivera à son apogée ,avec Gray, (à) doit sa saine origine (3)
(*) Avec son esprit doctrinaire, Sir Richard Blackmore se croit obligé lui aussi de donner vers la même époque un long et méticuleux « Advice to the Poets », « a poem occasioned by the wonderful success of Her Majesty’s arms under the conduct of the Duke of Marlborough in Flanders », Après avoir tenté d'élever aux nues, mais dans un vers
(1) The nature of which is to be loose and free, and not to keep one settled place, but sometimes like à gentle stream... sometimes like an impetuous torrent...
(2) Cf. « I am not quite of your opinion with regard to sirophe and antistrophe. » (Tho Gray. to Th. Warton,. letter march 9, 1755).
(He often made the same remark to me in conversation, which led me to form the last Ode of « Caractacus » in short stanzas. But we must not imagine that he thought the regular Pindaric method without its use, though, as he justly says, when torme in long stanzas it does not fully succeed in point of effect on the ear : for there was nothing which he more disliked than that chain of irregular stanzas which Cowley introduced and falsely called Pindaric... miserable imitators.….. « Easy writing is not easy reading ». It is also to be remarked that Mr. Congreve Who first introduced the regular Pindaric forni into the English language, made use of short stanzas which Mr. Gray here recommends. — Mason).
(8) The readers of poetry, however, are indebted to him for curing the English Literati of a mania for Pindaric Ode. the body. poetical was at last restored to its healthy state.
Ezekiel Sandtord « The Works of the British: Poets », VOl. XIV.
1 The poets who. assume the HAS theme Z Must have their Hero’ 's fire, their Hero’'s Flegm, Fe = è 7 Then Prior from distinguished Lays renownd ne And Congreve with repeated laurels crown’d etc. ' Û Nr For this great task let all these sons of art CNP = Their “utmost skill and energy exert… CR eee pet Sorsmiers and let Montague preside Correct their Labour and their Progress due nr. :
| Comme tous les griffonnages du docteur, celui-ci est aussi l’objet des commentaires et l’un d’eux dàns « À panegyric Epistle » croit devoir Jui dire.
FER Thou everlastiig Fund of Rhyme and ER
en ajoutant a cela « An impartial. character of the present poets » ra lequel on voit que — en dépit des Collier A \
2 tee end Southerne too adorn the stage __… One boast the labour’d, one the flowing page. Eh, :
. — Pendant l'hiver de cette même année, la favorite de Congreve, Mrs. Arabella Hunt, meurt et le poète se sent obligé de lui consacrer quatre vêrs épigrammatiques. |
— Dans une lettre qu’on a tout lieu de supposer écrite en janvier nous lisons la longue histoire d’un portrait que Mr. Howard, — recommandé depuis longtemps par Keally au poète — faisait pour Au Au départ du peintre pour l'Irlande, Congreve « ne savait pas s’il devait le payer ou non. Mais le principal c’est que le portrait nous
. a fait grand plaisir et que la ressemblance est parfaite. J'ai transmis
(1) Betterton.
reux que ne l'avait été vers flatteurs ap __ Temple Of Fame
lustriou
And Ormond
| Sémélé et autres petites productions | Et ; Vie de béatitude bourgeoise | Relations avec Swift
D’ après tone qui loue beaucoup Sémélé, € >est aussi l’ année 4707 qui voit paraître sur la scène et imprimer cette -dernière | production dramatique de Congreve, dont le sujet est tiré des 5 Métamorphoses d’Ovide. Les avis sont partagés sur la question - de savoir si elle a.été jouée ou non, mais on est sûr qu’elle a éte écrite à cette époque. Elle était certainement destinée à Hay- Market dont l’attention fut finalement dirigée sur l’Opéra. Nous ne comprenons pas pourquoi elle n’aurait pas été jouée, d’autant plus que, modifiée en 1744 et 1762, on voit ji ’elle à un peu intéressé aussi d’autres temps.
Dans l’automne de 1707, Congreve perd son ue de « Commissionner for Licensing Hackney Coaches », et vers cette époque il fait héritage d’un millier de livres (4). Ni l’un ni l’autre des évènements ne le touche guère. Le poète tombe de plus en plus dans un état de béatitude bourgeoise. Un seul ennemi : la goutte, contre laquelle il essaye de tout; et un seul idéal : l’oisiveté; car « le bien-être et la quiétude sont mes - seuls soucis; je n’ai pas d’ambition ; j'ai d’autres passions plus ? faciles à satisfaire » — et nous comprenons bien moe sont ces passions. La lettre du 15 décembre 1708 annonce à FES que
| (1) Probablement à la suite de la mort de son père? —
je n° en ai ré: ‘aucun ou . “ni, “. étais À bout e
que je me demandais : Quid agam ie ’est Térence qui m' a répondu : Quid nisi ut tu redimas ce quam queas minimo, : | sine queas paululo et quanti queas. PAT
Congreve est donc resté fidèle à a+ ton avec : Vanbrug ee plus qu’on ne l’a dit et qu'il aurait peut-être même dû le faire. : “4 Il n’en reste pas moins fidèle à la comédie elle-même car eur 1709 nous le voyons à Kit-Cat faisant cause commune avec # Lord Halifax, Steele, Addison, Garth, Vanbrugh, Maynwaring, e = Stepney, Walpole lui-même, Pulteney et Lord Dorset aussi, . pour l’encouragement des’ bonnes comédies. Hs 'agissait entre autres d’une souscription de 400 livres et Lord Halifax avait
dressé de sa propre main les formes en questions. (4).
Mais si,. en dépit de cela Congreve avait vraiment cessé d’ exister pour la comédie — en justifiant ainsi le mot de Dennis (2) — notre goutteux apportait encore ses offrandes À a ; la Muse occasionnelle :
Ye Commons and Peers À à Pray lend me your Ears PRE F1 sing you a song if | can ;. VE Fe ee How Louis le Grand S =
Was put to a stand By the arms of our Gracious Queen Anne,
Qui dirait que ces vers sont dûs à la lyre vioilotie: de greve ? Mais qui aurait pu l'arracher à son culte pour la reine Anne, ainsi qu’à son admiration pour :