Archives de la Seine
constances suivantes: l'aine des hères Michel était mort léguant toute son immense fortune à un fils adultérin ; or, un codicille de son testament stipulait un legs de quatre-vingt-mille francs aux pauvres de \ itry. Cette disposition pouvait être considérée comme un acte de remords, mais elle fut reconnue apocryphe. Toutefois, au cours du procès rouvert à cette occasion, le ministère public luimême ne se fit pas faute de laisser planer les plus graves insinuations sur la mémoire des inculpés de 1796. »
Voici l'extrait du Registre des Actes de décès pour l'année 1796, de la Mairie de Vilry-sur-Seine :
L'an quatrième de la République Française une et indivisible le trois Floréal, vendredv vingt deux Avril mille sept cent quatre vingt seize (vieux stile) onze heurs du matin à Nous Jean Croux Adjoint de l'Agent Municipal de la Commune de ^^ itry-sur-Seine, Canton de ^ illejuif, Département de la Seine, Etably par la loi du dix neuf vendémiaire dernier, tittre deux, article douze, pour rédiger les actes concernant l'état civil des Citoyens de cette Commune, a été remis l'extrait d'un Procès verbal, en datte du jour d'hier deux Floréal, dressé par le juge de Paix du Canton de \ illejuif, lequel extrait conslatte le décès i° de François Gaspard Philippe Petit Dopetival, Citoyen domicillié en cette commune rue de Seine N° 4i âgé d'environs quarante huit ans; 20 de Anne Marguerite Rodrigue, veuve Donat, sa belle-mère âgée d'environ cinquante cinq ans ; 3° de Marguerite Rodrigue, veuve Duchambon âgée d'environs quarante trois ans sœure de la ditte veuve Donat, 4° de Victoire Bianne Rodrigue, fille âgée d'environs quarante ans, aussi sœure de la dite veuve Donat, 5° de Louise Lixot fille âgée de environs vingt neuf ans, femme de chambre de la ditte veuve Donat, 6° de Gertrude tille âgée d'environs trente six ans, femme de chambre de la femme Duchambon, ci dessus només, tous décédés et mort violemment dans la nuit du premier au deux Floréal présent mois, dans le domicile du dit citoyen Dupetitval, ci-dessus désigné, Moi Jean Croux lecture faite du dit extrait pour lequel il est dit que rien ne s'opose à ce que les dits six décédés ne soient inhumés dans les formes ordinaires, jay sur le champ procédé a la dite inhumation en présence du citoyen Jean Honoré Le Fevre, Pépiniériste, âgé de cinquante cinq ans, agent Municipal de cette Commune, de Pierre Brouillet menuisier âgé de quarante huit ans, de Pierre Chevalier, journalier, âgé de quarante deux ans, demeurant tous les deux en cette commune, rue Darnetal, de Jean François Rondeau, Pépiniériste âgé de cinquante ans, demeurant en cette commune carfour des Brettons, de Jen Baptiste Josephe Bergny, Ecrivain de la commune âgé de cinquante quatre ans, demeurant au Greffe de la dite commune, La dite inhumation faite j'en ay rédigé le
présent acte que tous les témoins ci-dessus nommés et l'agent municipal de cette commune onts signés avec moi (Suivent les signatures).
Pour extrait conforme
\ itry-sur-Seine, le premier Mai mil neuf cent douze.
L'Officier de l'Etat Civil (Signature illisible)
Nous abandonnerons maintenant l'hôtel de Tessé, qui appartient au comte Vigier et qui a été habité par des personnes considérables comme le Baron Desgenettes. et le Maréchal Bugeaud, qui y est mort le 10 juin 1849. Rappelons aussi que la boutique à droite de la porte cochère a été occupée pendant plus de soixante ans par le libraire Porquet, bien connu des bibliophiles.
Revenons au n° 2 de la rue de Lille, qui nous intéresse plus particulièrement1. Nous avons vu qu'il avait été construit par le premier marquis de Bacque ville ; à la fin du xvme siècle, il est occupé par Mmc veuve de Bernage et l'abbé Royer, Maître des Requêtes (1782- 1 790). L'hôtel portait alors le n° 1 ; ce numéro 1 , du numérotage royal a été employé de 1780 à 1791 , et concurremment avec le numéro sectionnaire (section de la Fontaine de Grenelle) 679 jusqu'à la fin de i8o5 ; le n" 2 date de cette époque.
Les Bernage appartenaient à une famille de robe. Louis-Bazile de Bernage2, fils de Louis de Bernage, conseiller d'Etat ordinaire, était seigneur de Saint-Maurice, Vaux, Ghassy, etc., Maître des
1. Sous l'ancien régime, le No. 2 de la rue de Bourbon portait le No. i. — Dans l'Alinu-
nach de Paris 178^4 (ainsi que dans celui de 1789) ce no. est marque comme habité par:
Bernages, Mad. de.
2. « Le 4 février 1691 a été baptisé Louis Bazile né le même jour rue des Sts Pères dans la maison de M. son père, fils de messire Louis de Bernage Seigneur de Saint-Maurice Conseiller du Roy en ses Conseils, Maître des Requêtes ordinaire de son hôtel et de dame Anne Marie Vouillé, son épouse, le parrain Louis de Voter d'ÀRGENSON doien de l'église royalle de St. Germain l'Auxerrois. » (Reconstitution des Actes de l'État civil de Paris. — Mc Demanche, Notaire à Paris — Acte de baptême — St. Sulpice, à Paris.)
Requêtes en 171/1, honoraire en 1722; chargé successivement des Intendances de Montauban (1720-1726), puis de Montpellier et Toulouse (1736-1743), en 1734, il lut appelé au Conseil d'Etat, Grand Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Saint -Louis, il fut Prévôt des Marchands (26 juillet 17^3-58). Il portait: d'Or, à trois fasces de gueules, chargées chacune de cinq sautoirs d'argent alaises. Il laissa trois enfants de son mariage avec Marie-Anne Moreau1: Anne-Marie Renée 2, Jean-Louis de Bernage de Vaux, Intendant de Moulins depuis 1744, qui avait épousé Marie-Elisabeth-Marie d'Amiens, et Elisabeth- Jeanne-Thérèse3 de Bernage de Vaux, mariée le 1 4 juin 1730, à Louis-Guillaume Bon, Marquis de Saint-Hilaire, premier Président et Intendant de Roussillon le 9 novembre 1753.
Jean-Louis de Bernage et sa femme achetèrent l'hôtel de la rue de Bourbon, n° 2, d'Alexis-Madeleine-Paul de Boyvin. Marquis de Bacqueville, suivant contrat passé devant Me Marchant, le 0 mars 1767, moyennant outre les charges i5oooo livres de prix principal.
Jean-Louis eut une fille, Marie-Félicitée-Renée-Claude de Bernage4,