Archives des Domaines
3. Il fut démoli quelques années après et sur son emplacement on créa une promenade plantée d'arbres et ornée d'une fontaine gothique.
depuis été distrait de la dotation de la Couronne, et réuni au Domaine de l'Etat par la loi du 2 mars i832 ; cette loi avait fait cesser l'effet de l'Ordonnance royale qui n'avait jamais été exécutée, l'Archevêque de Paris n'ayant jamais pris possession de l'immeuble.
L'hôtel de la rue de Lille allait d'ailleurs passer par une période difficile ; tout le monde croyait avoir le droit de l'utiliser. Juste en face, le n" i, où avaient jadis existé les écuries de la Comtesse d'AR'rois1, qui, sous l'Empire, avaient été habitées parle Comte Real, était occupé à l'époque qui nous intéresse, c'est-à-dire vers i830. par l'Etat-major de la première Division militaire, dont le chef était le Lieutenant-général Comte Pajol ; ce dernier remisait une calèche au 2 de la rue de Lille et le juge de paix du 10" arrondissement y faisait garder sa voiture. Les soldats de planton à l'Etat-major y plaçaient leurs chevaux dans une écurie. De son côté le baron de Gazan, chef de l'Etat-major général, demandait à loger dans les écuries les plantons de cavalerie (22 octobre i833), et bientôt le ministre de la Guerre émettait la prétention de s'emparer de l'immeuble2.
A vrai dire l'hôtel de la rue de Lille, n° 2, servait de salle de ventes au Domaine, ce qui permettait au maire du ioe arrondissement, d'adresser, au commencement de 1 835, une demande pour s'y établir dans un but d'utilité publique dans deux chambres du icr étage, provenant de la bibliothèque de l'Aumônerie de Charles X. Cette demande est rejetée, car ces pièces servaient de dépôt aux objets
1. D'après le Sommier des Domaines nationaux, la maison des Ecuries d'Artois au coin de la rue des Saints Pères, No. G8o, Section de la Fontaine de Grenelle, ioR arrondissement, fut vendue au citoyen Brillantais et Cie, rue de Bellefond No. 1258, le 8 Gal an 5 en vertu de la loi du 16 Bre précédent moyennant 46 1 5oott.
2. D'après YAlmanach général parisien par Luttou, pour i836, 2e année, au No. i de la rue de Lille, io? arrondissement, les locataires étaient : Etat-major, iru division militaire; Pajol (Comte) (G. C. îfc), lieut.-gén., pair; Bord(0. #), Chef d'escadrons ; Bain-Bondouville (îfc); Witerne (O. ^), Chef d'escadrons ; Borel de Brétizel, capitaine; Coppenhague, Secrétaire particulier.
Les locataires du No. 4 étaient: Boisgarnier, avoué honoraire; Dupeyrat, rentier; Guillonet-Merville, juge de Paix [M. G. M. était juge de Paix depuis 1828J ; Lcfehvre d'Evaux (O. &), général ; Ozenne, professeur.
domaniaux dont la vente était ordonnée. Le 12 mars, nouvelle demande du maire, nouveau refus.
En janvier i836, le commissaire-priseur du faubourg Saint- Germain, Bataillard, charge de la vente du mobilier du château de Rosny, demande à faire cette opération 2, rue de Lille, « où se font ordinairement les ventes du mobilier appartenant au domaine de l'Etat. » Refus.
La même année, en mars, le maire du 4e arrondissement annonce que la Société des Pauvres honteux de Paris opérera, le 6 avril, la vente publique des objets confectionnés pour les indigents, dont le produit doit être employé pour leur soulagement, et demande que la vente se fasse 2 rue de Lille. Nouveau refus.
Le 27 juin i838, l'Administration de l'Enregistrement et du Domaine, prévient le Directeur de Paris que le local actuellement occupé par les bureaux de la comptabilité des Cultes, dans les bâtiments du ministère de l'Intérieur, devant être démolis pour l'exécution des projets d'agrandissement des hôtels de l'Intérieur et du Commerce, le ministre de la Justice et des Cultes, au département duquel est affecté l'hôtel de l'ancienne Grande Aumônerie, rue de Lille, n" 2, fait connaître qu'il se propose d'établir momentanément ces bureaux dans une partie de cet ancien hôtel.
De son côté, le ministre des Finances répond le 22 juin au ministre de la Justice qu'il ne voit aucune difficulté à l'exécution de ce projet, puisque l'administration des Domaines aurait toujours la faculté de faire dans cet hôtel le dépôt et la vente de certains objets hors de service appartenanl à l'Etat.
Par décision du ministre des Finances du 22 juin i838, et suivant les instructions du Directeur des Domaines du 27 juin, il est dressé, le 29 juin, un procès-verbal par lequel une partie des locaux du 2 rue de Lille, est mise à la disposition de M. Langlois, chef de la Comptabilité des Cultes, pour y installer ses bureaux. Ces locaux étaient composés de i° tout le premier étage de l'hôtel, comprenant l'appartement à
droite du grand escalier, 9 pièces et l'appartement à gauche 6 pièces. 2° partie du 2e étage sur la cour, parallèle à la rue de Lille, formant un appartement, composé de 5 pièces. L'Administration du Domaine se réservait la libre disposition des autres parties de l'hôtel. La Comptabilité des Cultes quitta le local à la fin d'octobre 18/io et décharge fut donnée à M. Langlois, le 12 juin i8/ji.
Ce malheureux immeuble était encombré de toutes sortes d'objets : c'était un des deux dépôts nationaux de 1 Enregistrement et des Domaines ; l'autre était situé rue Saint-Germain l'Auxerrois, n" 21. Aussi le 9 mai, le Vérificateur des Domaines attire-t-il l'attention de son Directeur sur cet état de choses.