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Archives de la Seine

pas eu de local spécial pour les cours dont l'inauguration avait eu lieu le [\ messidor an IV (22 juin 1796) à la Bibliothèque nationale. Ce grand établissement continua à donner l'hospitalité à l'Ecole des Langues dans des locaux insuffisants. Louis Mathieu Langlès qui fut le premier président de l'Ecole ne cessa de se plaindre jusqu'à sa mort (28 janvier 182^) et de demander le transfert de l'établissement dont il avait la charge dans un bâtiment approprié à ses besoins ; d'un autre coté la Bibliothèque réclamait pour son usage le local qu'elle avait prêté temporairement, ou du moins la restitution des bureaux occupés par le Trésor Royal qui permettrait de loger l'Ecole. La lettre suivante marque l'état des choses à la fin du règne de Louis XVIII :

Direction des Travaux de Paris parjs? lc lCr Septembre iS'i3

liihliothèque du Roi

Réunion à cet établissement

des salles basses qui en »,

.. , L» . ? ■ Monseigneur,

dépendent A qui sont occupées

par des Bureaux du Trésor.

La classe des Langues orientales vivantes est placée à la Bibliothèque du Roi, dans un local bas, obscur et du plus misérable aspect. M. Langlès qui m'a fait des représentations à cet égard, lors de la dernière visite que j'ai faite à cet établissement, me rappelle aujourd'hui combien il est urgent de prendre des mesures pour que la classe des Langues orientales soit transférée avant l'hiver dans un local plus décent et plus sain.

Depuis longtemps, Monseigneur. l'Administration de la Bibliothèque réclame la restitution des pièces de rez de chaussée d'un de ses bâtiments qui sont occupées par des bureaux du Trésor Royal, ce qui a le double inconvénient de priver la Bibliothèque de locaux dont elle a le plus grand besoin et d'exposer beaucoup les dépôts précieux qui existent au-dessus de ces pièces, notamment celui des manuscrits grecs.

Lors même qu'il y aurait quelques difficultés à transférer ailleurs les bureaux du Trésor, M. le Comte de Villèle verrait sans doute dans les besoins et la situation critique de la Bibliothèque des motifs suffisants de ne pas se laisser arrêter par les obstacles ; mais d'après les renseignements qui m'ont été donnés, rien ne semble devoir s'opposer à la restitution des localités dont il s'agit qu'on m'assure n être plus occupés par des bureaux.

J'ai cru d'après cela, Monseigneur, devoir exposer à S. Ex. le Ministre des Finances la demande de MM. les Administrateurs de la Bibliothèque du Roi, et le prier d'ordonner la remise immédiate de la salle à rez de chaussée qui correspond au dépôt des manuscrits grecs, ainsi que les dispositions à prendre pour que les autres pièces soient rendues le plus tôt possible à cet établissement.

Je regarderai le succès de cette demande comme assurée si Votre Excellence veut bien écrire de son côté à M. le Cte. de Villèle et appeler son attention particulière sur celte affaire en elle-même peu importante, mais d'un grand intérêt par les avantages qui résulteront pour la Bibliothèque et pour la classe des langues orientales de l'évacuation des pièces affectées au service des Bureaux.

J'ajouterai, Monseigneur, que l'honneur de l'Administration y est intéressé, car les cours des langues orientales attirent un grand nombre d'étrangers qui en voyant l'état misérable du local affecté à ces cours doivent se faire une très fausse idée de l'état de l'Instruction Publique en France.

Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble cl très obéissant serviteur.

Le Maître des Requêtes Directeur des Travaux de Paris Signé : Illisible.

Son Excellence le Ministre de l'Intérieur1.

Ce ne fut toutefois qu'en i833 qu'eut lieu le transfert de l'Ecole dans le nouveau local bientôt insuffisant. «Le 7 avril 1868, l'assemblée des professeurs, considérant l'exiguïté du local occupé par l'Ecole dans les bâtiments de la Bibliothèque impériale et sa complète insuffisance pour les besoins actuels, décide qu'il y a lieu d'insister auprès de M. le ministre de l'Instruction publique pour obtenir un local plus vaste, où les collections reçues depuis quelque temps puissent trouver place. Les leçons ne se faisaient plus dans la salle où l'Ecole avait remplacé en 1 833 les bureaux de l'indemnité de Saint-Domingue, mais dans un auditoire plus convenable construit en 1808-1859 pour les cours d'archéologie établi près la Bibliothèque impériale : pendant l'édification de cette salle, les cours de langues orientales avaient dû

1. Ministère de l'Instruction Publique. — Direction de l'Enseignement Supérieur, '1e Bureau.

être suspendus toute une année. Le nouveau local ne correspondait pas cependant au développement que prenait peu à peu l'Ecole, et de plus, quelques difficultés soulevées par l'administrateur de la Bibliothèque rendaient désirable la séparation des deux établissements1. »

M. Charles Schefer, professeur de persan depuis le 23 novembre 1857, à la place d'Etienne Quatremère, avait été nommé Président de l'Ecole, par décret du iC octobre 1867, en remplacement de Reinaud, mort le i/» mai 1867. Le nouveau Président s'employa avec ardeur à obtenir un nouveau local. Une circonstance lui vint en aide. Le célèbre sinologue, Stanislas Julien, professeur au collège de France depuis i832, avait été nommé en i852, Administrateur de cet établissement ; d'autre part, à la mort de Bazin, professeur de chinois moderne à l'Ecole, le 3o décembre 1862, Julien fut « d'abord autorisé à faire gratuitement à l'Ecole le cours de chinois vulgaire (23 mars i863), puis chargé du cours avec une indemnité égale au traitement des autres professeurs (0 novembre i863). Il ne devint jamais titulaire2. »

Julien n'avait jamais occupé l'appartement destiné à l'Administrateur du Collège de France ; il avait préféré de continuer à demeurer dans son logement de la rue des Fossés-Saint-Jacques.

« Cédant enfin aux vœux réitérés de l'assemblée des professeurs relativement au local, M. le ministre de l'Instruction publique met à la disposition de l'Ecole, qui en prend possession dans les derniers jours de l'année 1868, l'appartement alors inoccupé de l'Administrateur du Collège de France. Quelques travaux d'appropriation suffirent pour pratiquer dans cet appartement deux salles de cours et un bureau pour le secrétariat, ainsi que pour loger les livres et autres objets de collection que possédait déjà l'Ecole. L'éloignement de la Bibliothèque nationale faisait une obligation rigoureuse de constituer rapidement une bibliothèque orientale : en peu de mois, beaucoup d'ouvrages furent achetés, d'autres reçus en don de France et de l'étranger, et la

1. [A. Carrière], Notice historique sur l'Ecole des Larujues Orientales. Paris, i883, gr. in-8, pp. 44-45.

a. Carrière, /. c, p. 43.

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