DISPARITION DES COLLEGES DE GRAMMAIRE
en 1654, à Pontarlier en 167-3 y ^^^ Oratoriens à Salins en 1622 et à Poligny en 1654; les Dominicains à Quingey en 1669.
De pareils changements ne pouvaient se faire sans grands frais : il était nécessaire d'avoir des bâtiments plus grands et mieux am^énagés, il fallait constituer une dotation au nouvel établissement : c'est ce qui explique pourquoi, dans beaucoup de petites villes et de bourgs où les ressources pécuniaires et les libéralités d'en haut étaient insuffisantes pour permettre de satisfaire aux exigences d'un autre ordre de choses, les Collèges de grammaire, tués par une concurrence redoutable, disparurent pour faire place à des écoles plus modestes encore.
Pierre Phœnix.
« Au présent Conseil, l'on a reçeu maistre Pierre Fénix, estudiant à Dole, recteur des Escoles de grammaire, et jusques *aultrement soit ordonné, lequel maistre Pierre a fait le serment et juré aux saincts Evangilles de Dieu de loyalement régir et gouverner en lad. régence.» (Délib., 27 nov. i5i4).
Gilbert Cousin dans sa Description de la Franche^
Comté^ disait en i55o : « ... studii mei fundamenta
jeci, sub Petro Phœnice, hodie multo senio, et
* Jacobo Lestraeo, viris eruditionis génère prsecel-
lentibus. »
Laurent Pryné ou Privé.
« Au présent Conseil est venu M''^ Laurent Pryné, après qu'il a esté mandé en icelluy. Lequel a esté reçeu principal et maistre des Escolles de grammaire en ce lieu de Dole, et pour icelluy a esté 'accordé et permis que pendant qu'il sera maistre et principal en ce lieu, il sera immune et exempt des subsides de lad. Ville, qu'il aura et joyra de la mai-
son destiné à tenir les escoUes appartenant à lad. Ville, que du passé Ton appeloit la maison de Citeaulx, sans aulcungs gaiges pendant qu'il suivra et sera en Testât de principal desd. escoUes. Et pour tantost venir demeurer en ced. lieu, des Salins où il se tient de présent, pour amener son mesnage, ustensilles, meubles, luy a esté promis et accourdé la somme de vingt frans pour ses frais et voiages. Et a promis venir demeurer et rester en ced. lieu devers Quasimodo prouchain, ou plus tôt qu'il soit ..possible. » (Délib., 19 février 1547/8).
Helléniste distingué, et, d'après Gilbert Cousin, « studiorum amantissimus, qui juventutem bonis moribus imbuit, et optimis artibus diligentissime instituit. »
Laurent Pryné (Cousin écrit Privé) mourut le 12 février i55o/i. Sa mort inspira à Morisot ce chant élégiaque :
Laurenti Privœ jaces^ terrœ inclyta fama
Lingonicœ^ rapuit quem fera Parca Dolœ, Te Lullus deflet^ tuget Morisotus^ amici Suspirant alii, discipuli lacrymant ,
Pierre Humbert.
« Led. sieur avocat (i) a prins charge de parler au régent de grammaire demeurant à Pesmes, s'il vouloit venir demeurer en ce lieu, dont il sera faict rapport au prouchain conseil. » (Délib., 28 décembre 1557).
(i) François de Marcnches, avocat de la Ville.
« Leues en ce conseil les lettres missives de M»"*^ Pierre Humbert, principal des Escoles de grammaire à Pesmes, et ouy le rapport dud. mess^ François de Marenches ayant eu charge de parler à luy. A esté délibère' qu'il sera payé aud. Humbert, du bien de la Ville, en cas qu'il vienne en ceste Ville pour estre principal des Escoles de grantmaire, la somme de vingt cinq frans par an, jusqu'à ce qu'il soit pourveu d'une lecture aux ars, que lors led. payement cessera. Et aussi luy seront payés les despens de son viactique, selon qu'il asseurerapar serement qu'ilz luy auront coustez. » (Délib.,4 janvier 1557/8).
« L'advocat a rapporté que le principal des Escoles de Pesmes a accepté les offres à luy accordées par ce Conseil et promect estre en ce lieu pour y résider deans le jour de Purification Nostre Dame prouchain.
ï> Lesdits Le Ciergier et de Bergnéres ont esté commis pour donner advertissement au principal desd. Escoles de ceste Ville (i) qu'il se ayt à retirer desd. Escoles avec ses meubles y estans, et pour donner ordre que aulcungs des meubles appartenant à lad. Ville n'en soient distraitz. » (Délib., I i janvier).
« Led. s'' mayeur ayant déclaré que AL'^ Pierre Humbert, recteur des Escolles à Pesmes avait envoyé en ce lieu l'ung de ses pédagogues pour donner asseurance qu'il acceptoit la charge pour estre principal es Escoles de grammaire de ceste Ville, et ouy Moss'' Régnier Prot, doctei^r en médecine
(i) Jelian Bartlieault.
assistant aud. Conseil, ayant fait très bon rapport du sçavoir, suffisance et aultres bonnes qualitez dud. Humbert correspondantes à telle charge, a esté résolu que ensuyvant les délibérations pendantes, ]ed. Humbert sera reçu à lad. principaulté.
» Et ont esté commis lesd. mayeur, Ciergier, Vurry, Boudier, Marenches et Boutechou pour aler devers Moss»" Jehan Barteaul à présent principal èsd.Escoles, afin de luy notiffier ceste résolution et qu'il sorte des Escoles deans huit jours prouchains. » (Délib., i6 janvier).
Claude Convers.
a En considération de la venue en ceste Ville de messire Claude Convers ayant esté adverti de la part de ce Conseil touchant la régence et princi^ paulté des Escoles de grammaire de cested. Ville, vacante par le décès de M^'^ pierre Humbert, et ayant entendu par le rapport d'aulcungs des- sieurs susnommés, l'idonéité et suffisance dud. Convers, a esté conclud et résolu pour ceste cause et joinct qu'il est du pays, qu'il sera préféré à celluy de Dijon ayant demandé lad. régence, luy accordant icelle. Et ce faict, a été mandé en ce Conseil où estant, a accepté la charge pour six ans continues aux conditions accordées aud. Humbert et autres telles qu'elles sont r^igées par escript, et a promis de venir deans quinze jours. Et l'on commet Ton pour luy ayder devers la vesve dud. Humbert touchant
les meubles, lesd. Duchamp, Lefort, Be'reul et Mathieu. » (Délib., 9 septembre iSSg).
» La forme des lectures au Colle'ge de grammaire donnée par feu Mfe Pierre Humbert sera treuvée et rapportée au premier Conseil pour y adviser.
» Et deans ce temps, le traicté qui se doit faire avec le à présent principal dud. Collège sera mynuté par le secrétaire.
)) Les s^s Drouhot et Petit commis pour prier les s»'* distributeurs de l'Université qu'ils ayent à pourveoir led. à présent principal et l'un de ses régens de deux lectures aux ars. » (Délib., 6 octobre).
• Gilbert Cousin.
Dans le cours de cette étude s'est présenté sous notre plume le nom du Franc-Comtois Gilbert Cousin. Ses relations avec les savants du Comté et de Dole en particulier, et surtout la part active qu'il prit, dans notre Province, au mouvement littéraire et pédagogique nous font un devoir de lui consacrer quelques lignes.
Gilbert Cousin {Giîbertus Cognatus Nozerenus) naquit à Nozeroy'le 2 1 janvier 1 5o6. Après avoir reçu de ses oncles maternels les premiers éléments de l'instruction, il vint s'asseoir sur les bancs de l'Université de Dole, oii il étudia la jurisprudence sous Pierre Phœnix et Jacques Lestrœus. 11 s'adonna aussi pendant quelque temps, mais sans goût, à la médecine et à la théologie. La capitale du Comté lui parut un séjour enchanté et plus tard il devait la
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célébrer dans sa Description de la Franche- Comté {i) : « Dola civitas est Burgundicae regionis omnium celeberrima, studiisque referta benignis, atque omnis nutricula juris ; ad Dubium flumen duobus brachiis scissum, loco pulcherrimo aîque statim sese offerenti posita »
En i527, on trouve Gilbert à Fribourg, achevant ses études de droit auprès d'Ulric Zase, l'un des plus célèbres jurisconsultes du siècle. Il y rencontra Érasme dont il ne tarda pas à devenir le secrétaire (i529) et même, croit-on, le collaborateur. Après six ans passés dans l'intimité du célèbre humaniste, G. Cousin, rappelé par ses parents, reprit, malgré les instances de son illustre ami, le chemin de ses montagnes natales.
Nommé premier chanoine de Nozeroy, il partagea son temps entre les devoirs de son çanonicat et l'éducation de la jeunesse. A partir de cette époque, il livra à l'impression une foule de travaux sur presque toutes les connaissances humaines. L'a renommée de l'élève d'Érasme s'étendit bientôt au delà des bornes du Comté, jusqu'en France et en Allemagne. Les nombreux ouvrages qu'il publia pour réducation des enfants, son commerce littéraire avec tout ce qu'il y avait de distingué à Dole et dans le reste du pays, témoignent de la grande influence qu'il dut exercer en Franche-Comté en faveur des doctrines humanistes.
Après la mort de son père, vers 1564, Gilbert Cousin alla s'établir à Besançon. Il y tint une
(i) Brevis ac dihicida siiperioris Biirgiindiœ, quœ comitatîis nomine censetîir, descriptio. Bâle, Oporinus, i532.
APPENDICE l53
école ; mais nous ne savons malheureusement rien de son enseignement dans cette ville. Après avoir vu ses œuvres mises à l'index, il fut, en iSôy, inculpé d'hérésie et jeté dans les cachots de l'Officialité oii il mourut en 1372 (i).
Ses principaux ouvrages pédagogiques sont :
Parœmiarum sylloge qiias Erasmiis in suas Chiliadas non retulit ,- centurice VI. Bâle, Wuinter,
Ex Ciceronis libro primo de oratore collectanea. cum scholiis. Baie, 1544. Dédié à Nicolas Fauche de Dole.
Tragedia afflicti hominis^ latine et gallice. (Indiqué par Simler).
Comediœ duce., una Veritatis et Justitiœ suppressœ ; altéra^ Patientis hominis (Simler).
Poematiorum libri IV. Baie, Oporinus, 1546.
De Sylva narrationum furculi ac fructices aliquot in spécimen prolati. Adjecta sunt argumenta et quœdam alla lectu perquam jucunda. Baie, 1547.
Basilii magni de grammatica exercitatione^ Gilb. Cognaio interprète^ grœc-lat. Syntaxeos et prosodiœ latinœ tabulœ. Oratio adversus Rhetoricen et Eloquentiam. Bàle, Henricpetrus, i562.
(i) Voir la Notice sur la vie et les ouvrages de Gilbert Cousin, par le !)'■ Chereau, dans les Mémoires de la Société d'Emulation du Jura (année i863).
LEGES A CONVICTORIBUS DOLANI COLLEGII OBSERVAND^.
(Document sans date, mais antérieur à i55i).
1. — Convictores omnes qui majoreai et in pietate et in literis progressum faciant, communes scholasticorum omnium régulas sibi imprimis commendatas arbitrentur , cum utroque in gênera cœteris prcelucere debeant.
2. — Cum hora quinta excitati a praefectis e lecto surrexerint, eum decenter, quoad sternatur a famulis, operiant et quarta horas parte transacta, quartam alteram horas partem in suo quisque contubernio cum prefectis coram sacra imagine illic affixa genibus flexis precationi vacent.
3. — Vesperi ibidem hora sesquioctava ad precandum, ut mane, convenient per quartam horae partem, deinde sine clamore et strepitu mox cubitum ibunt.
(i) Toutes ces pièces sont extraites des Archives de l'Hôtel-de- Ville de Dole, liasse ayant pour titre : Collège de grammaire ; pour cette raison, nous nous bornerons à indiquer la cote à la suite de chacune d'elles.
4. — Hora igitur nona quovis anni teaipore omnes cubuerint opportet, quintaque surrexerint, nisi cui facta potestas esset a primario vigilandi tardius, aut citius surgendi, qua tamen in re ille se facilem non prebebit, ac finita precatione matutina, sese omnes ediscendis parandisque iis, quorum sint rationem in schola reddituri, totos dabunt usque ad sexquisextam, quo tempore, dato ad prelectiones a janitore priore signo, eas illi per quartam horce partem suis prefectis memoriter pronuntiabunt ; deinde ad jantaculum se confèrent, unde ad suum quisque gymnasium proficiscetur; quod idem fîet a prandio ab hora sesquiprima, cum primum ad lectiones vespertinas dabitur signum et a feriis D. Joannis Baptistae hora sexquisecundà.
5. — Ab instauratione studiorum usque ad D. Joannis Baptistas ferias hora décima prandebitur^ reliquo anni tempore , hora sesquinona ; cœnabitur autem toto anni cursu hora sexta cum quadrante, preterquam diebus festis, hora sexta, tamque inter prandendum, quam inter cœnandum servato silentio lector attente audietur.
G. — Sumpto cibo tam mane quam vesperi semi hora recreandis animis dabitur : cui diebus festis addi hora poterit, aut amplius, pro arbitratu primarii, sed ita ut duarum horarum spatium non exedatur. Temporis reliquum in studiis consumendum erit ; quo tempore nuUus per domum vagetur, vel in aream descendat, vel alterius cubiculum ineat , vel quenquam interturbet neque cubiculum quisquam egrediatur, ne si pedagogus quidem sit, sine facultate prefecti, neque collegium
-PIECES JUSTIFICATIVES I Sy
exeat, foribus pernoctet sine facultate primarii aut ejus vices gerentis eu m ille abesset.
7. — Prœlectionum exactioni quœ fiet a prœfectis hora meridiana per très horas quadrantes, omnes, ut perscriptum fuerit, aderunt.
8. — Aderunt quoque omnes conservationi seu benedictioni mensas et gratiarum actioni, antequam ex triclinio discedant, proinde simul omnes ex mensa surgent.
9. — Qui vero quippiam horum neglexerint aut alio quovis modo quod non decet fecerint, intelligant se id non impune laturos. Atque ut indomiti facilius cohibeantur, bis tesseram veluti frenum injicietur; quibus de causîs danda et quando exigenda sit, separatim dicendum.
LaUS DeO OPT. MAX.
Tessera quando exigenda et quibus de caiisis danda sit.
Tessera (quee in singulis contuberniis una erit) eu m mane, tum vesperi, simul et gratias act^e fuerint, exigi débet, nisi aliqua de causa aliquis pretermittatur quod raro fiet.
Danda autem est his de causis :
1. — Omnibus immodeste sese gerentibus in templis et precationis temporè.
2. — Omnibus gallice loquentibus et auditoribus prim^, secundas ac tertiae classis, barbarism^um vel solecismum facientibus.