DISPARITION DES COLLEGES DE GRAMMAIRE I
entre eux et parfois d'une doctrine douteuse », la plupart « étrangers, vagabonds et par suite inconnus ». Ce sont pour lui des « sortes d'entrepreneurs, sans respect pour les traités, et dont l'incapacité eut rendu la bonne foi illusoire ». Ils n'ont « nul souci des succès ni de la permanence des études ». Celles-ci fréquemment troublées ou suspendues, sont une cause de clameurs ou de désordres. Il en conclut la pleine décadence de renseignement public dans ces deux villes' jusqu'à l'arrivée des Jésuites à Besançon et des Oratoriens à Salins (i).
Le tableau est évidemment poussé au noir. L'organisation des collèges municipaux était loin d'être parfaite, on doit le reconnaître; mais il faut en même temps tenir compte des mesures prises par les administrations locales pour parer aux inconvénients inhérents au système. Nous savons quel soin on apportait à Dole au choix des maîtres et à quels sages règlements ils étaient soumis; nous avons vu les magistrats de Besançon faire la preuve des régents ; et pour assurer l'unité et la permanence de direction dans les études^ n'est-on pas allé, dans cette ville même, jusqu'à imposer aux principaux le programme que nous connaissons?
(i) Loc, cit .p. 18 et 4S,
Les documents sur lesquels s'appuie M. Droz ne nous semblent nullement suffisants pour servir de base au jugement qu'il porte. Celui qui se bornerait à lire aux Archives de Dole les délibérations du Conseil des années 1566 et 1567 emporterait de sa lecture l'opinion la moins favorable sur le Collège; ce n'est donc pas d'après de courts extraits signalant à un moment donné une situation dont rien n'indique la durée, que Ton peut juger de Tétat des études pendant toute une époque dans l'un de nos collèges.
Nous pensons qu'ailleurs comme à Dole, les Écoles de grammaire furent soumises à des alternatives de prospérité et d'affaissement, affaissement dont nous avons fait connaître les causes multiples ; et que les villes furent amenées à mettre à leur place des collèges de Jésuites ou d'Oratoriens, non parce que les études y -étaient en décadence, mais pour une raison analogue à celle qui porte l'industriel à remplacer une machine-outil par une autre machine-outil plus perfectionnée.
La transformation de l'outillage pédagogique ne se fit que progressivement. Les Jésuites s'établirent à Dole en décembre 1582, à Besançon en 1597^ à Vesoul en 1610, à Gray