XX PREFACE
mieux encore après qu'il a eu « retrouvé la foi de son enfance ». Il n'a pas été terrassé sur quelque chemin de Damas ; il est revenu à la foi par « un approfondissement de plus en plus sévère de son être religieux » ; et de cet approfondissement intérieur il a révélé le terme, comme il aurait fait d'une décision enfin prise.
Le catholicisme de Péguy est surtout d'un méditatif. On pourrait lui appliquer ce que, en 1906, il écrivait de Renan, et qui était bien plus vrai de lui-même que de Renan : « La méditation était son état naturel, et en outre son état de prédilection : elle faisait le fond de sa nature, de sa vie mentale et sentimentale ». Péguy suppose que Renan était au fond resté d'Église et qu'il protestait que « les méditations de la vie intérieure ne lui étaient point devenues insoupçonnées ». Renan avait voulu ne pas se séparer de ce que Péguy appelait « sa famille mentale et sentimentale ». Quoi qu'il en soit de Renan, Péguy nous révèle, ce disant, sa propre expérience : la méditation est devenue son état de prédilection, le centre de sa vie mentale et sentimentale, et cette vie l'a rendu à sa véritable famille mentale et sentimentale, le catholicisme.