‹ Un compagnon du PéguyChapitre 6 sur 41 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

tissement de la rupture de Péguy avec toute croyance définie. Moins complexe que Péguy, Lotte y met des façons plus tranchantes. « A vingt ans, écrira un jour Lotte, nous étions socialistes libertaires. » Il a écrit ailleurs : (( Nous voyions toute proche la Grande Révolution que Jaurès et Guesde nous promettaient tous les matins. » En ce temps-là Péguy socialiste publiait son Premier dialogue de la cité harmonieuse (1898). Le socialisme de Péguy était une mystique, si Ton entend par ce mot au moins un idéalisme pénétré d'émotion et coloré de poésie. Et déjà Péguy sacrifiait sa carrière normalienne à la volonté de publier un « drame en trois pièces », la Jeanne d'Arc de 1897. Lotte n'en était pas là : « Nous nous affirmions matérialistes et athées, pour mieux marquer l'abîme qui nous séparait du catholicisme. » Lotte est ainsi, par conformité et aussi par contraste, un témoin de Péguy, il est le compagnon de sa route, il est, si j'ose dire, comme ce bon frère Léon qui, dans le « chapitre de la joie parfaite », accompagne saint François certain jour d'hiver de Pérouse à Sainte- Marie-des-Anges, et que François instruit chemin faisant. Mais c'était un bien autre

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