COMMUNE DE PARIS
Le 5 prairial (24 mai 1794), l'an deuxième de la République française, une et indivisible.
Au citoyen accusateur public près le Tribunal révolutionnaire.
Citoyen,
Le citoyen maire nous ayant informé qu'il t'a fait parvenir une lettre qui lui a été adressée par le comité de surveillance de Bordeaux, relativement à l'arrestation dans cette commune du citoyen Toulan, qui, en octobce dernier, s'est soustrait par la fuite à un mandat d'arrêt
décerné contre lui comme prévenu d'avoir eu des conférences secrètes avec les prisonniers du Temple, nous te donnons avis que nous avons dans nos bureaux une expédition du procès-verbal qui constate son évasion et l'opposition des scellés sur ses papiers. Si cette pièce t'est nécessaire, fais-nous-le savoir et nous te l'enverrons aussitôt.
Les administrateurs de police,
SOUQUOY. MUZET^
Il est regrettable que Fouquier n'ait pas jugé utile la pièce qu'on lui offrait : nous la posséderions aujourd'hui. Au lieu d'être jointe aux dossiers du Tribunal révolutionnaire, qui, déposés aux Archives, ont tous été conservés, elle est restée à l'Hôtel de Ville, où elle a disparu dans l'incendie de ce monument, en 1871, incendie allumé par les successeurs des Souquoy et des Muzet.
Le terrible accusateur public, mis en éveil par ces lettres et ces dénonciations, se souvenait fort bien de Toulan, ce municipal qui avait bravé les agents de la Commune et qui avait su échapper à son Tribunal révolutionnaire. On le tenait donc enfin !
Fouquier écrivit aussitôt en marge de la dénonciation à lui adressée par le comité de surveil- ♦