‹ Un complot sous la TerreurChapitre 103 sur 124 · mai · texte numérisé non relu

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^° Deux passeports, l'un de Toulouse et l'autre de Neuilly-s ur-Marn e .

Tu trouveras aussi dans le même paquet les papiers qu'on a extraits de chez lui, à la levée des scellés.

Nous désirons que tu sois satisfait de la vigilance que nous avons mise à faire cet envoi. Compte toujours sur notre zèle (à te) seconder dans tes travaux pénibles.

Nous sommes tes amis et frères.

Les membres du comité, Plenaud secrétaire, Michenot président.

Nous n'avons aucun document qui révèle l'état d'esprit de Toulan depuis son interrogatoire. Il est en prison, peut-être au secret. Sa femme, qui, à Paris, dans des circonstances moins critiques, a eu besoin de l'aide et de la direction de la cousine Ricard, est impuissante à le secourir. D'ailleurs qui connaît-elle à Bordeaux? Qui implorerait-elle dans cette ville, où elle vient d'arriver? Son espoir, si un espoir lui reste, n'est plus que dans l'habileté du Gascon, dans la bonne chance qui Ta favorisé jusqu'à présent. . .

Le répit que, sans le vouloir, le silence d'Jsabeau a valu au prisonnier est d'un heureux augure. Qui sait? Toulan reprend peut-être confiance ; peut-être se flatte-t-il de détourner le coup qui le menace et d'échapper une fois encore à ses ennemis?...

Non, la fortune s'est lassée : elle abandonne le malheureux. Celui qui a bravé les plus grands dangers, celui qui a sauvé dix fois sa tête dans les occasions les plus terribles, est la victime d'un médiocre incident. 11 lui manque une carte de civisme; cela suffit pour qu'on l'emprisonne.

On l'interroge, il dédaigne les dénégations. D'ailleurs il a été acquitté; puis n'est-il pas un patriote? En dehors de la pitié qui l'a fait pactiser avec les amis de la royauté, et qui l'a mêlé à un complot, dirigé assurément moins contre la République, alors à l'abri de toute atteinte, qu'en faveur d'une femme, d'une mère captive, que lui reproche-t-on?Quel citoyen plus que lui a prouvé sonpatriotisme?Ilpeutinvoquer des témoignages, citer des dates, le 30 juin 1789, le 10 août 1792, le 31 mai, les 1" et 2 juin 1793, montrer sa médaille commémorative, sa signature sur la pétition contre les Yingt-deux... Vaines défenses! Fouquier n'admet pas les compensations, et les crimes, ou ce qu'il qualifie tels, ne se rachètent pas.

A partir du moment où il est arrêté, l'histoire de Toulan réside tout entière dans des documents officiels, filandreux et naïfs comme ceux de Bordeaux, froids et terribles comme ceux de Paris.

Sur la dernière lettre, Fouquier écrit :

ce Mandat d'arrêt et reçu par duplicata le 4*^ messidor (22 jui7i) .

(( Conciergerie. »

On sait ce que ce mot signifiait...

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