Fragmens, par Turgy, p
mier valet de chambre et huissier du cabinet de la duchesse d'Angoulême.
Quant à Lepître, son acquittement et plus tard le Neuf Thermidor lui avaient rendu sa sécurité; il avait repris avec bonheur l'exercice de sa profession, heureux des souvenirs qui flattaient sa vanité. Il se rapprocha du Temple et obtint d'adresser quelques mauvais vers à Marie-Thérèse.
Pendant toute la durée de l'Empire, il vécut, enseignant la jeunesse et haïssant Napoléon. Le grand homme ne l'éblouissait point. Il avait, dans ses loisirs, écrit l'histoire des événements auxquels il avait été mêlé. Ce récit parut dès 1814, sans nom d'auteur d'ailleurs. 11 était orné d'une conclusion où, sous le ton de Bossuet, se déroulait une pensée à la Joseph Prud'homme : « Que les leçons du passé ne soient point perdues pour l'avenir et que le souvenir de tant de maux nous prémunisse contre les excès dont ils furent les suites funestes ! ^ »
Le 19 mai 1814, il fut présenté à Marie-Thérèse qui se rappela les quelques services rendus par lui à ses parents, et plus tard le fit chevaher de la Légion d'honneur (29 novembre 1814). Il rougit alors de n'avoir pas mieux mérité cette récompense
et cet honneur, et il résolut de s'en rendre tout à fait digne. Il prépara aussitôt une seconde édition de Quelques Souvenirs, et il eut soin de rayer ce qui rapetissait son rôle. Toulan avait péri etlo chevalier de Jarjayes, né en 174o, étaitbien vieux, s'il n'était mort. Qui le contredirait?
Il était, depuis 4816, professeur de rhétorique LU. collège de Rouen; en 1821, il fut nommé à celui de Versailles, et c'est dans cette ville qu'il s'éteignit le 18 janvier 1826, emportant dans l'autre monde la conviction d'avoir été un héros.