Le Comte de Fersen et la cour de France, t. II, p
suite à la famille royale est partout, sur toutes les lèvres, dans tous les regards. Le petit Dauphin ne peut plus aller jouer dans son jardinet des Tuileries; la Reine ne peut plus se mettre aux fenêtres du palais. La populace, avide de manifester son mépris pour ce qu'elle a longtemps craint et respecté, est toujours là, épiant les occasions ; et, faute de mieux , avec sa grossièreté naturelle, elle trouve plaisant de souiller de ses ordures la demeure des rois.
Il n'est plus de refuge inviolé. La Révolution triomphante semble poursuivre la royauté jusqu'aux pieds des autels. Les chantres de la chapelle, gagnés aux idées nouvelles, se font une joie d'enfler la voix dès qu'ils rencontrent quelque passage oii l'allusion méchante peut s'accrocher. Rs crient comme une malédiction de Dieu les paroles sacrées : ce Deposuit patentes de sede [Il a renversé les puissants du trône) ^ ! »
La situation est si horrible que la Reine en arrive à désirer la fin de cette crise , quelle qu'en puisse être l'issue. Confiante dans de vagues propos tenus par Danton, elle s'imagine qu'un outrage plus visible, plus sensible fait à la royauté réveillera l'amour des Français pour la monar-