‹ Un complot sous la TerreurChapitre 20 sur 124 · Marie- Antoinette, p · texte numérisé non relu

Marie- Antoinette, p

LE SÉJOUR AlJ TEMPLE. 29

Roi, et que l'opposition d'un municipal, homme timide quoique probe, en avait arrêté l'exécution » (p. 73).

Les affirmations de Lepître, aussi bien que la source qu'il indique, méritent en général une sérieuse attention, ainsi qu'on le verra dans la suite de ce récit. Il n'est donc point impossible ni même invraisemblable que ce premier complot ait existé, bien que rien, jusqu'à ce jour, ne soit venu corroborer le propos de « l'épouse de Toulan ».

Ce qui est certain, c'est que, si elle exista vraiment, cette tentative avorla sans avoir reçu même un commencement d'exécution. Cléry qui, jusqu'au 21 janvier, ne quitta point son maître, n'en parle pas dans ses Mémoires : ce ne fut apparemment qu'un projet.

D'ailleurs à ce moment, en dehors des hasards de l'entreprise, la pensée de fuir devait répugner à l'esprit du Roi. En diverses circonstances, il avait opposé un refus formel aux offres semblables, faites par de hardis et dévoués serviteurs. Il savait, par le souvenir de Varennes, combien une tentative manquée aggraverait sa position, et il n'ignorait pas les chances mauvaises qui pouvaient faire échouer la tentative. A quoi bon risquer une aventure, qui ne s'expliquerait qu'en face d'une situation désespérée? Et il

s'en fallait qu'il se crût réduit à cette extrémité.

Gomment s'étonner d'un tel étatd^esprit quand on songe à l'aveugle confiance de la Reine, qui, même dans les premières semaines de janvier 1793, alors que la condamnation du Roi était virtuellement prononcée, se refusait à croire «que les Français, que les rois étrangers pussent voir un attentat aussi atroce sans chercher à s'y opposer S). Les événements devaient donner à cette aveugle confiance un sanglant démenti. Le 47 janvier, la Convention nationale prononça la condamnation de Louis XYL

L'exécution fut fixée au 21 janvier. Les plus grandes précautions avaient été prises pour que rien ne pût ce jour-là arrêter le cours de lajustice populaire. Toute la force armée était surpied. De la prison jusqu'à l'échafaud, c'est-à-dire du Temple jusqu'à la place de la Révolution, le cortège s'avançait, protégé par les bataillons dont la fidélité n'était point douteuse. Essayer d'arracher en un pareil moment Louis XYI à ses bourreaux semblait une idée extravagante, folle... Cette idée, un homme l'eut pourtant; ce projet insensé, un homme le mit à exécution, ou du moins le tenta. Cet homme, c'est le baron de Batz.

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