‹ Un complot sous la TerreurChapitre 25 sur 124 · Mémoires de M^'^ Campan, t. Il, p. 150 note · texte numérisé non relu

Mémoires de M^'^ Campan, t. Il, p. 150 note

2. Deux Femmes de la Révolution, par Ch. de Mazads, pp. 231-232.

Le Yoici, tel que nous avons cru devoir le rétablir :

« Roxane envoie à Liicius cette bague pour la changer avec certain cœur qu'il lui rendra la première fois [qu'il la visiter a). Elle contient les mêmes restes précieux et paraît mieux convenir. Roxane espérait avoir hier des nouvelles de Lucius; elle le prie de lui expliquer certains mouvements qui semblent se former autour du camp cT Artaban, et qui, s'ils ne sont vrais, l'inquiètent pour les suites quelle en prévoit. Elle le prie aussi de lui faire savoir si les nouvelles du jour où [elle le vit) n'ont pas pris tme forme toute différente de ce qu'il comptait, et ce que Pradius pense de tout cela. Fatime, qui n'y comprend rien, p)rend le sage parti d enrager. Elles prient toutes les deux Lucius, s'il ne peut, voir [Roxane) dans la semaine prochaine, de leur faire donner de ses nouvelles et de ne pas oublier de dire le jour à.... [Pradius). ...»

Puis sur le verso :

« se compromettre, de l'endroit oie sont enfouis ces objets^ pour lui enjjarler au moment où la grande éclipse sera passée et où les planètes par leur réunion reprendront leur cours ordinaire. Si Mer cinus, le vieil ami, était trop difficile à déterrer, le grand homme... pourra sûrement donner à Lucius des renseignements certains sur tous ces objets. »

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Puisqu'il semble impossible d'avoir une certitude quelconque pour ce billet, il faut s'en tenir aux conjectures; voici celles qui, après examen, paraissent les plus raisonnables et les plus plausibles.

Le billet a été écrit sur le recto, par une personne de l'entourage de la Reine, et vraisemblablement sous la dictée de celle-ci. La comparaison des écritures permet nettement d'affirmer que ce n'est ni le Roi, ni Madame Elisabeth, ni Madame Royale qui l'ont écrit. De là, on peut conclure que le billet n'a pas été écrit au Temple.

Le ton léger^ familier, enjoué même, peut mettre sur la voie pour la date probable : de 1791 à 1792. La situation est déjà grave, mais non encore irrémédiablement perdue : on y parle du « moment où la grande éclipse sera passée et où les ylanètes par leur réunion reprendront leur cours ordinaire. » Allusions aux espoirs qui subsistaient encore, par intervalles, dans l'âme de Marie-Antoinette, pendant cette période cruelle.

Le verso est de l'écriture de la Reine. Elle a d'abord dicté, puis elle a pris la plume.

Roxane la désigne Eipparemment. La lièro Roxane représente la Reine de France; quant aux « restes précieux », ne seraicnt-ce point des cbcveux de quelqu'un des siens, peut-être de son

fils, le premier Dauphin, mort en juin 1789? Les cheveux jouent un grand rôle à cette époque, et nous verrons en mainte occasion le Roi ou la Reine donner de leurs cheveux, ou des cheveux de leurs enfants, comme un souvenir précieux et cher.

Liiciiis, c'est Jarjayes. Ce qui conduit à cette opinion, c'est d'abord ce raisonnement que Jarjayes, étant un galant homme, un chevalier dans la plus noble acception du mot, n'a pu et n'a dû garder un billet de la Reine que s'il lui appartenait. Puis, lui-même, plus tard, a fait allusion à un billet reçu par lui et parlant d'un dépôt que connaîtrait Mercy-Argenteau, désigné évidemment par ces mots : Merciniis, le vieil ami. C'est dans une lettre écrite de Turin, le 18 février 1794, et adressée au comte Axel de Fersen, alors à Bruxelles, oii elle parvint le 25 mars suivant : « La facilité que j'ai aujourd'hui de vous écrire, avec plus de liberté que je n'ai pu le faire alors, m'engage à vous demander vos conseils sur un autre billet relatif à un dépôt confié à M. de Mercy...* »

Ce dépôt était sans doute une somme d'argent, que la Reine avait cherché à mettre à l'abri pour

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