Quelques Souvenirs, p
La lutte a recommencé entre ces deux forces ennemies. Dès les premiers jours de mars, les armées étrangères remportent des succès signalés. On apprend à Paris l'évacuation d'Aix-la- Chapelle, la levée du siège de Maëstricht ; Dumouriez trahit et se rend au prince de Cobourg; la Vendée se soulève.
A ces nouvelles déplorables s'ajoutent les maux de l'intérieur. La misère croît dans Paris, la misère et la disette. Tous les jours, ce sont des soulèvements, des émeutes. Le peuple crève de faim. La souffrance le rend féroce. Il crie de nouveau : « A bas les traîtres ! A mort l'Autrichienne ! »
C'est le cri de toutes ses douleurs. Le danger redevient menaçant pour les prisonniers du Temple.
Aussitôt on redouble de précautions. L'attention se reporte vers les captifs, ces otages de la Révolution. Distinct, le peuple croit qu'on cherche aies lui enlever. La défiance est éveillée. On surveille avec plus de soin que jamais les prisonniers, surtout le petit prince que la Vendée, les émigrés et les souverains étrangers viennent de proclamer roi de France, sous le nom de Louis XVIL
Tenter le projet ancien, risquer cette aventure,
c'est aujourd'hui folie. Les chances sont nulles, l'échec certain. Lepître a tout perdu...
Jarjayes et Toulan le reconnaissent en frémissant...