‹ Un complot sous la TerreurChapitre 65 sur 124 · ECKARD, p. lo · texte numérisé non relu

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l'anneau et le cachet de louis XVI. 149

supporter la pensée de s'enfuir en laissant aux mains de la Commune ces objets qu'elle regardait à la fois comme des attributs royaux et des souvenirs personnels. Elle s'en ouvrit à Toulan et lui exprima le désir qu'elle avait de recouvrer des objets qui lui avaient été pour ainsi dire dérobes, et qui lui appartenaient légitimement à tant de titres.

Toujours simplement héroïque, et pour obéir aux moindres volontés de Marie -Antoinette, Toulan trompa la surveillance de ses collègues, brisa les scellés, défit le paquet oii se trouvaient l'anneau, le cachet et les cheveux, les en retira et les porta à la Reine.

Il risquait sa vie. Nul doute c^ue la Commune eût sévèrement puni le crime de l'audacieux qui la bravait ainsi dans son autorité. S'il eût été découvert, c'était l'échafaud.

Le péril fut grand, car dès qu'ils s'aperçurent du larcin, les municipaux s'inquiétèrent vivement de la disparition des souvenirs royaux. Mais Toulan avait agi avec une habileté complète : ils ne soupçonnèrent point le coupable. Puis l'émotion s'apaisa; le cachet aux armes de France étant garni d'or, les commissaires s'arrêtèrent à cette supposition que le coup avait été fait par un voleur. Il venait journellement au Temple tant de

gens, et de tant d'espècesM Réduit à ces proportions, l'acte commis cessait d'être un attentat à la sûreté de l'Etat^ et perdait à leurs yeux toute sa gravité. Le silence se fit autour de cet incident et l'affaire n'eut point d'autres suites ^

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