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Répertoire National

On peut citer parmi les plus remarquables : Les Oiseaux Blancs, L Hiver, et Le dernier Huron,

Mais ces essais qui auraient pu suffire à la réputation d'un autre et qui lui assuraient une place distinguée parmi nos littérateurs, n'étaient qu'un acheminement à l'œuvre capitale de sa vie.

Ce fut d'abord le souvenir de ses relations avec les hommes de lettres de Londres et de Paris qui l'engagea à continuer, avec plus d'ardeur et de persévérance, ses recherches sur les annales historiques du Canada.

Mais ce ne fut qu'en 1840, qu'il commença à écrire son Histoire,

On n'avait encore dans le pays, que des pubhcations incomplètes sur ce sujet. En quittant le Cana- D

(la, les Français avaient emporte avec eux toutes leurs archives, toute leur correspondance officielle et politique qui resta oubliée même en France jusqu'à ces dernières années. Les Etats-Unis sont les premiers qui pro])ablement en ont rappelé le souvenir.

L'état de New-York et celui de Massachusetts obtinrent de Louis- Philippe la permission de faire l'aire des recherches dans les archives de France et de faire copier tous les documents qu'ils pourraient désirer concernant leur histoire.

Le premier volume de Y Histoire du Canada parut à Québec en 1845.

L'année précédente, M. Garneau avait obtenu la place de greffier de la cité de Québec, qu'il a occupée pendant vingt ans. Depuis ce jour, sa s'est écoulée

sans aucun incident remarquable, entre les paisibles devoirs de sa charge et les veillées solitaires de ses études historiques.

Peu de temps après l'apparition de son premier volume d'histoire, M. Grarneau fut informé par le Dr.

O'Callaghan, ancien membre de la Chambre des députés du Bas- Canada, et réfugié politique à Albany depuis l'insurrection de 1837, que l'état de New- York avait obtenu une copie de la correspondance officielle des gouverneurs et des fonctionnaires publics de la Nouvelle-France depuis sa fondation jusqu'au traité de paix de 1763. M. Grarneau se rendit à Albany et obtint l'autorisation de compulser ces précieux documents et d'en faire des extraits.

Le Dr. O'Callaghan, très-versé luimême dans l'histoire de la colonisation de l'Amérique du Nord,

était à la veille d-e publier sa savante Histoire de la Nouvelle-Hollande.

A l'aide de ces nouvelles recherches, M. Grarneau put faire paraître le second volume de son ouvrage en 1846, et le troisième en 1848, conduisant l'histoire du Canada jusqu'à l'établissement du gouvernement constitutionnel en

Ces travaux sur le Canada réveillèrent l'attention publique.

Jusqu'alors on n'avait pas osé ouvrir les annales canadiennes, de peur de rappeler à la mémoire des scènes trop douloureuses ; ce qui a mspiré ces lignes à M. de Graspé dans ses Anciens Canadiens : " Vous avez été longtemps méconnus, mes anciens frères du Canada!

Vous avez été indignement calomniés ! Honneur, cent fois honneur

à notre compatriote, M. G-ameau, qui a déchiré le voile qui couvrait vos exploits! Honte à nous, qui au lieu de fouiller les anciennes chroniques si glorieuses pour notre race, nous contentions de baisser la tête sous le reproche humiliant de peuple conquis qu'on nous jetait à la face à tout propos ! "

A part certaines réserves, l'ouvrag-e de M. Grarneau fut* bien accueilli en Canada et en France ; la Nouvelle Revue Encyclopédique de 1847, publiée à Paris par Firmin Didot, imprimeur de l'Institut de France, en fit un rapport favorable. ^

1 . Il est curieux de lire l'impression qu'avait faite sur l'esprit de deux de nos hommes les plus éminents, MM. Papineau et Morin, la lecture de V Histoire du Canada^ alors qu'une partie de l'ouvrage était encore sous presse. On voit que, dès l'abord, ils avaient été frappés de ce qui fait le carac-

Cependant M. Grarneau ne cessait point ses recherches et les travaux qui étaient devenus l'objet exclusif de ses études. Une nouvelle collection de documents historiques avait été acquise par le

tère saillant de l'œuvre de M. Garneau, la hauteur des vues.

Montréal, 22 janvier 1845.

Cher Moksieur,

Je voudrais pouvoir vous écrire moins à la hâte, pour vous exprimer combien j'ai été satisfait de V Introduction de votre Histoire, que vous avez bien voulu me communiquer. Vous vous placez dès l'abord à un point de vue élevé, qui promet une grande utilité et un immense intérêt j je suis sûr que l'ouvrage tiendra ce que promet la préface. Voilà pour le fond. M.

Chauveau, qui vient de lire les pages que vous m'avez transmises, et dont il avait au reste déjà vu une partie à Québec, en est très-satisfait. Je verrai l'ami Parent à la première occasion. Quant à la forme, les chapitres distincts, que vous annoncez, faciliteront beaucoup la lecture profitable de

Canada. M. G^amean prit la résolution de publier nne seconde édition de son ouvrage, revue et corrigée d'après ces nouveaux manuscrits authentiques, et les Chambres lui votèrent pour cela une allocation libérale, (£250,) L'auteur ter-

r ouvrage. Continuez, et vous ne pourrez manquer de faire un ouvrage digne du nom canadien, et de passer avec lui à la postérité; si vous 7 comptez

A. N. MoRiN.

Montréal, 26 février 1850.

Mon Cher Monsieur,

J'apprends avec plaisir que vous reprenez avec ardeur la continuation de votre beau travail sur l'histoire du pays. Couronnez l'œuvre par le même amour de la vérité historique, la même diligence à la chercher, la même indépendance à l'énoncer, et le même talent d'écrivain : vous aurez rempli une tâche éminemment utile au pays, et qui vous fait déjà infiniment d'honneur. . . .

L, J. Papineau.

mine son récit à l'acte d'union des deux Canadas. (1840).

Cette édition qui parut en 1852, lut encore mieux accueillie que la première. La Revue des deux Mondes et le Correspondant de l^iris lui consacrèrent deux longs articles, l'un écrit par M. Pavie et l'autre par M. Moreau, tous deux écrivains distingaiés. L'ouvrage de M. Garneau y fut apprécié de manière à l'aire honneur et à l'écrivain et au jeune pays qui pouvait fournir déjà de si intéressantes annales.

La Kevue américaine du Dr.

Brownson, publiée à Boston, reçut TouA^-age avec la même faveur.

Les historiens français et américains ont rendu pleine justice à l'exactitude de l'auteur et à la largeur de ses vues, en le citant sou-

vent dans Jeurs récits, tels que MM. Ferland, ' Bancroft, ^ Parkman, ^ Sargent, ^ O'Callaghan, ^ Eameau, ^ Dnssieux, ^ et surtout, dans sa grande Histoire de France^ Henri Martin, qui fait cette réflexion touchante en prenant congé de notre auteur:

" Nous ne pouvons quitter sans émotion cette Histoire du Canada^ qui nous est arrivée d'un autre hémisphère comme un témoignage "\dvant des sentiments et des traditions conservés parmi les Fran çais du Nouveau-Monde après un

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