LES DISCOURS DE CICÉRON
Le consentement à l'oubli, c'était déjà pour Cicéron un assez grand sacrifice. Les années 58 et 57 avaient été pour lui des années de dures épreuves, et son orgueil avait reçu une de ces blessures qui ne se ferment jamais complètement. Nous verrons combien fut vive l'irritation de Cicéron envers celui qui avait su prolonger de plusieurs mois sa disgrâce politique. Il fallut la contrainte des circonstances pour l'amener à une réconciliation, et celle-ci, croyons-nous, ne fat pas, à son début, très sincère.
Appius, avant même sa sortie de charge, s'était sans doute aperçu que la politique dans laquelle il s'était lancé à la suite de son frère ne pourrait le mener bien loin. Les manifestations hostiles dont il avait été l'objet au forum pendant les jeux de gladiateurs^ l'avaient averti que son influence de démagogue était usée. Les événements de l'année 56 achevèrent de le décider à un changement de politique. Du mois d'août 57 au mois d'avril de l'année suivante, le Sénat sembla devoir reprendre son autorité d'autrefois, et Cicéron, revenu d'exil, put croire un moment qu'il verrait s'étabhr à