‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 22 sur 106 · Ad Q. fr., II · texte numérisé non relu

Ad Q. fr., II

4. Cf., pour l'histoire de ce procès, Ad Q. fr., III, 3, et Drumann, G. R., IP, p. 272 et 273.

5. Le 6 février (VIII Id. Febr.), d'après Manutius, Wesenberg, Muller. C'est la date adoptée par Drumann. Tyrrel lit : VII Id. Febr. (= 7 février).

6. Le 8 {VI Id. Febr., Manutius, Wesenberg, Muller) d'après Drumann. Le 9 (F Id. Febr.) d'après Tyrrel.

extrême. Cicéron, malgré l'envie qu'il avait de parler contre Glodius, eut la prudence de ne pas se mêler à la lutte. Ap. Claudius, de son côté, ne soutint pas son frère, et resta étranger au débat. Abstention caractéristique : il comprenait la vanité de ces querelles, et qu'il devait chercher ailleurs le moyen de sa fortune poUtique. Son ambition le retirait de la mêlée, comme la crainte en éloignait Cicéron. Cette commune abstention préparait les voies au rapprochement futur.

Que voulait Appius en allant à Lucques? Sans aucun doute, s'assurer l'appui de César pour obtenir le consulat*. On sait comment, à Lucques, César disposa, d'accord avec Pompée et Crassus, des magistratures, des armées et des provinces. Devant ce triumvirat, toute résistance était impossible, et la conduite de Cicéron en est un instructif témoignage. Il avait commencé, à son retour d'exil, par agir, tout en soutenant Pompée, selon ses anciens principes pohtiques. Il avait prononcé une violente invective contre Vatinius, témoin dans le procès de Sestius, et attaquer le tribun de 59, c'était, quelques précautions qu'il pût prendre-, attaquer aussi le consul de cette année-là. Il s'était fait l'interprète du parti conservateur et hostile à César quand, le 6 avril, il avait proposé au Sénat de mettre à l'ordre du jour, pour le 15 mai, le décret sur le partage des terres en Campanie. Mais, après les conférences de Lucques, Cicéron change d'attitude : Pompée qui, à son départ pour Lucques, le 11 avril, ne lui a marqué nul mécontentement, lui fait dire à présent par son frère qu'il manquera gravement à leur amitié s'il ne ménage pas César. Cicéron comprend alors qu'une politique de principes est une erreur au temps où il vit : il se range désor-

1. Domitius Ahenobarbus, qui fut consul en 54 avec Ap. Claudius, raconta un jour au Sénat que son collègue était allé trouver César pour obtenir de lui un tribunat militaire (cf Ad Q. fr., II, 13 (15"), 3): mais ce n'était là qu'une plaisanterie; la lettre de Cicéron où est rapportée cette anecdote ne laisse aucun doute à ce sujet.

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