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Voilà en quels termes Cicéron écrivait à Appius tandis qu'il marchait, à la tète de ses deux légions, vers la Gilicie. Depuis plus d'un mois, il n'avait reçu d'Ap. Glaudius aucune nouvelle: lui-môme n'avait pas écrit, parce que chaque jour il s'attendait à le voir paraître. En quittant le camp de d'Iconium, où il avait concentré ses troupes et où il avait séjourné du '24 au 29 août*, il jugea bon d'informer Appius de son départ et de lui indiquer la route qu'il comptait suivre. En même temps, il lui reprochait avec beaucoup de douceur sa conduite : les malveillants n'y trouveraient-ils pas matière à proclamer que Cicéron et Ap. Glaudius n'étaient point amis? Deux choses surtout le chagrinaient : il voulait accomplir quelque action militaire avant que la saison fût trop avancée, et, d'une part, il ne savait ni où ni quand il rencontrerait Appius, dont les conseils lui auraient été précieux pour les opérations militaires qu'il projetait : d'autre part, il lui manquait trois cohortes à effectif complet, dont il ne savait même pas ce qu'elles étaient devenues. A la vérité, il se doutait bien qu' Appius les avait emmenées avec lui pour assurer par la force le règlement de ses affaires. Il envoya un de ses lieutenants à la rencontre d'Appius, et, dans sa lettre à celui-ci, il le priait de remettre les cohortes à ce personnage, «: s'il le jugeait bon »-. On ne saurait trop admirer comme Gicéron sait cacher son mécontentement sous le voile d'une politesse exquise.
Le porteur de la lettre que nous venons d'étudier {Ad fam., III, G) n'alla pas chercher Appius bien loin. Il croisa en etfet un émissaire que ce dernier envoyait à Gicéron pour lui annoncer son arrivée.
Le moment auquel nous sommes parvenus est capital dans l'histoire des rapports de nos deux personnages en Gilicie. Aussi importe-t-il de se représenter bien claire-
1 , Cf. Schmidt, p. 78 et 79.