Ibid., -10, 8; cf
4. C'est la première fois qu'apparaît l'argument de l'intérêt.
5. Ad fam., III, 10, 9. — Cf., pour l'intimité de leurs relations d'écri vains, ibid., 4, 1, in fine, et voir plus haut, p. 50 et 9:1
UN COniŒSPONDANT DE CiCÉHON 101
peine d'être taxés de fausseté'; leur qualité de collègues dans l'augurât? — Enfin, dans la personne de Pompée, leur ami commun, ^'unissent les raisons intimes et les raisons politiques qu'ils peuvent avoir d'être amis-.
Cette lettre constitue, comme on le voit, un véritable plaidoyer. Elle ne veut être que cela. Car Cicéron se garde de faire à Appius aucun reproche : les lettres précédentes lui représentaient ce que sa méfiance avait de blessant et comme elle était peu conforme aux lois de l'amitié; ici, il déclare à deux reprises qu'il veut se justifier seulement : quand Appius est accusé à Rome, ce n'est pas l'heure de lui faire par correspondance un second procès. Cicéron, pourtant, ne résiste pas au plaisir de décocher, en finissant, un trait que l'esprit rend aimable : « J'espère, écrit-il, apprendre « incessamment que vous êtes censeur; c'est une magistra- « ture où il faut beaucoup d'énergie et un jugement très c( sûr : aussi devez-vous y rétléchir avec plus de soin et « d'attention qu'aux services que je vous ai rendus ».
Quelle fut la nature des services que Cicéron rendit à Appius à l'occasion de son procès? C'est ce qu'il est impossible de savoir. La lettre ad fam., III, 10, que nous venons d'étudier, en contenait le détail : mais le passage où ils étaient énumérés ne nous est point parvenu. On peut faire à ce sujet deux espèces d'hypothèses :
l» Les premiers éditeurs ont supprimé le passage, de peur qu'il ne donnât une idée défavorable de la complaisance de Cicéron.
2o Ces détails faisaient l'objet d'un mémoire à part, qui a été égaré, ou détruit par Appius '.
1. Cette idée paraît avoir été sugg-érce à Cicéron par un passage de la lettre de Caelius qu'il venait de recevoir : Ad fam., Vlll, 6, 1, cité plus haut, p. 95, n. 4.
2. Ad fam.,\\\, 10, 10. — Cf., pour leur qualité de collègues dans l'augurât et leur amitié commune pour Pompée, ibid., 4, 2.
3. Cette dernière hypothèse a été faite par Manutius. Elle nous paraît tout aussi vraisemblable que la première, bien que celle-ci ait été adop-
Dans tous les cas, l'absence de ce document nous autorise à supposer que Cicéron fit beaucoup pour Appius. Cicéron déclare dans une lettre à Atticus' qu'il travaille pour Appius avec beaucoup de zèle, mais sans passer les bornes de l'honnête : la question des limites permises de la complaisance s'était donc posée à lui.
11 semble, toutefois, que le zèle de Cicéron se soit exercé, pour une part, en vain, et que quelques-uns des témoins qu'il envoya à Rome n'y soient pas arrivés à temps. Nous savons, en effet, que le procès eut lieu au plus tard le 4 ou le 5 avril". Or, c'est dans le courant du mois d'avril que Cicéron écrit à Appius : « Voici ce que j'ai fait et ce que je compte faire y>^. C'est dans les premiers jours de mai qu'il écrit à Atticus : « Je fais en ce moment (facimus) pour Appius tout ce qui est honnêtement possible » ^
Cicéron quitta Laodicée le 7 mai^\ se dirigeant vers la Cilicie. Il dut apprendre en chemin la nouvelle de l'acquittement d' Appius. Le 5 juin, il arrivait à Tarse "^ : comme on lui dit que les Parthes menaçaient la Syrie, que la Cilicie était désolée par des brigands, il partit en toute hâte du côté du mont Amanus. Il campait sur les bords du fleuve Pyrame, quand on lui remit à la fois deux lettres d'Appius".
tée par les éditeurs modernes (Orelli, Tyrrel, Mûller) qui supposent une lacune après cognosce (Ad fam., III, 10, 11).