‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 92 sur 106 · Cf. Ad AU., VI · texte numérisé non relu

Cf. Ad AU., VI

5. C'est à tort que Tyrrel, III s, p. 16, note « Ac de iUo », prétend que Dolabella était un chevalier. Cf. Dio, LXII, 29, 1 : Dolabella, de patricien, se tit plébéien pour devenir tribun du peuple; Tac, Hist., I, 88: Cornélius Dolabella... netusto twmine et propiiiquitate Galhae monstratiis. Pison était d'une famille plébéienne (Calpurnii), mais où la branche des Pison s'était illustrée (cf Pauly-Wissowa, III, col. 1365 sq.). Crassipès, au contraire, était d'une famille patricienne (Furii), mais d'une branche sans g^loire (cf. Pauly-Wissowa, VII, col. 315 sq.).

UN COnnESPONDANT DE CICEnON

épouser Ti. Claudiiis Noro, qui apparteuait à une branche de la gens Clau(]ia'.

Pourtant, si la familiarité des grands llattait sa vanité, son bon sens savait les juger, et son orgueil lui inspira quelquefois, à leur adresse, des paroles ironiques"^ ou fières^. En face d'Ap. Claudius, Cicéron, homme nouveau, fils d'un simple chevalier, n'avait pour lui que son talent. Mais il pensait que cela seul comptait vraiment, et que la grandeur des ancêtres ne suffisait pas à faire la grandeur des des* cendants : au contraire, l'illustration de leur race créait aux nobles plus de devoirs que de droits. Ce qu'il pensait, il sut, à l'occasion, le dire.

Qu'une pareille revendication fût nécessaire, cela nons prouve que le préjugé nobiliaire n'était pas mort. Qu'elle fût possible, cela nous donne à penser que les conditions sociales se transformaient, qu'une aristocratie de talent, telle que les bons empereurs surent la grouper autour d'eux, était en train de se substituer à l'aristocratie de naissance. La façon dilîérente dont Appius et Cicéron entendirent le gouvernement de la Cilicie nous amène à des rétlexions analogues. Les principes de Cicéron, sinon ses actes, nous font entrevoir le moment où les provinces seront administrées dans l'intérêt des provinciaux et non pas au profit d'un groupe d'exploiteurs romains. C'est donc comme la perception directe d'un changement moral et social que nous donne l'histoire des rapports entre ces deux hommes, dont l'un était en retard sur son siècle, et dont l'autre le devançait.

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