‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 91 sur 106 · Cf. Pro Scauro · texte numérisé non relu

Cf. Pro Scauro

vivement que nul n'en sût rien^ Ce fut, en somme, une amitié politique : la mort enleva Appius au moment où elle promettait de se transformer en un commerce plus intime,

Cicéron souhaitait, en effet, d'entretenir avec Ap. Claudius des relations familières : sa vanité y eût goûté de vives satisfactions. Il respectait dans Appius le descendant d'une illustre famille"^, et il eût été très fier d'être admis dans l'intimité de ce grand seigneur. Riche et influent, il ne lui manquait, pour être son égal, que l'éclat du nom. Il imitait volontiers ses allures fastueuses : quand il apprit qu' Appius se proposait de construire des propylées à Eleusis, il pensa à en construire de son côté, à Athènes, dans les jardins d'Academus ^ : et lorsqu'il crut qu'Appius avait abandonné son projet, il ne vit plus de raison de tenir au sien '', Il maria sa fille, successivement, à trois jeunes gens qui portaient des noms illustres, Calpurnius Piso, Furius Cnissipès et Cornélius Dolabella"* : il avait songé un moment à lui faire

1. Cf. Ad fam., III, 5, 2 ; 6, 6 ; 13, 2. On retrouve dans les rapports de Cicéron avec. G. Antonius, son collègue au consulat, le même souci de ne pas laisser paraître qu'il y a quelque refroidissement dans leur amitié (cf. Ad fam., V, 5, 1 :... ne iis, qui me rogarent, aliquid. de nostra coniimctione itnm,inutHm esse ostenderem) .

2. Cf. Ad fam.^lU, iO, 9 : hominis nohilissimi. On voit qu'il fait grand cas de la naissance d'Appius dans les occasions mômes où il lui reproche de n'être pas à la hauteur de ses ancêtres : cf. Pro domo, XLIII, 112 : quidam homonobilis ; Pro Sestio, LIX, 126; cf. aussi, bien que Cicéron n'y vise que P. Clodius et Glodia, la prosopopée d'Ap. Claudius Gaecus, dans Pro Caclio, XIV.

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