INTRODUCTION
Dans la grande tragédie politique qui s'ouvrit avec le premier triumvirat et s'acheva aux Ides de mars, Ap. Glaudius Pulcher ne joua qu'un rôle d'arrière-plan. Les historiens parlent peu de lui : son jeune frère, le tribun Glodius, tient plus de place dans la chronique de ces temps troublés. Cependant, celui qui était le chef de l'illustre gens Claudia, au moment où sombraient cinq siècles d'histoire, mérite de retenir l'attention. Parce qu'il n'eut ni le génie de César, ni le talent heureux de Pompée, ni la vertu de Caton, parce qu'il fut médiocre, il représente mieux que personne l'aristocratie romaine de la fm de la Répubhque. Aussi essaierons-nous de le suivre dans les vicissitudes de sa carrière politique, et de fixer quelques traits de sa physionomie morale. Cette tâche nous est rendue possible grâce à Cicéron. C'est par lui, et presque par lui seul, que nous connaissons Appius. Ne nous en plaignons pas : car si l'on peut souhaiter des témoignages plus impartiaux que ceux du grand orateur, on n'en trouverait guère qui soient plus vivants; d'autre part, l'histoire d'Ap. Claudius prendra nécessairement la forme d'une histoire de ses rapports avec Cicéron : et à cela
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