‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 2 sur 105 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

nous gagnerons de voir les caractères des deux hommes s'éclairer l'un par l'autre à nos yeux.

Ce n'est pas là le seul intérêt de cette étude. Si la querelle de Cicéron avec P. Glodius n'a pas été sans influence sur ses relations avec Appius, il s'en faut que leurs rapports ne soient qu'un épisode de la fameuse querelle. Et ils ne présentent peut-être pas moins d'intérêt que cette querelle même : l'histoire en est plus complexe et plus riche au point de vue psychologique, car au lieu d'être l'histoire d'une inimitié continue, c'est celle d'une amitié à plusieurs reprises et de diverses façons compromise ; elle est plus variée, car elle embrasse un plus grand nombre d'années, et a pour théâtre Rome d'abord, puis la province de Cilicie ; en elle se résume l'évolution politique de Cicéron depuis son retour d'exil jusqu'à Pharsale; enfin elle nous permet de soupçonner, par maintes vues de détail, ce qu'était la vie d'une province romaine au ler siècle avant notre ère.

L'histoire des rapports entre Cicéron et Ap. Claudius se divise tout naturellement en deux parties : avant le proconsulat de Cicéron en Cilicie; pendant et après ce proconsulat.

Pour la première partie, notre information est singulièrement incomplète. Tant que nos deux personnages sont à Rome, ils n'échangent, naturellement, pas de lettres : les discours prononcés par Cicéron, et les lettres qu'il adresse à ses amis et à son frère absents de Rome sont les seules sources dont nous disposions. Il est très regrettable, en particulier, que nous ne connaissions les événements de l'année 57, où Appius fut préteur, que par les discours de Cicéron : il est trop souvent impossible de découvrir la vérité sous la partialité du témoignage.

Pour la seconde partie, nous possédons douze lettres

INTRODUCJiON

écrites par Cicéron à Appius pendant les années 51 et 50 : elles composent, avec une première lettre écrite en 53, le nie livre des Familières. C'est là un témoignage précieux. Pour qu'il fût complet, il faudrait, en premier lieu, que nous ayons dans leur entier toutes les lettres écrites par Cicéron à Appius : or, certains passages, et des plus importants, celui par exemple où étaient énumérées les démarches faites par Cicéron pour aider Appius dans son procès de maiesiate, ont été perdus ou supprimés*; d'autre part, il paraît certain qu'il y a au moins une lettre tout entière qui ne nous est point parvenue-. Il faudrait, en second lieu, que nous possédions les lettres écrites par Appius à Cicéron : or, aucune ne nous a été conservée.

Nous avons essayé, en appendice, de dresser un tableau général des lettres échangées entre Cicéron et Appius, en restituant, d'après les réponses de Cicéron, le contenu des lettres d'Appius, et en datant les unes et les autres avec autant de précision que possible l II entre naturellement dans cet essai une assez forte part de conjecture : il n'a d'autre prétention que de rendre plus clair l'échange des lettres entre Cicéron et Appius, et, partant, plus intelligible la suite des rapports entre ces deux personnages.

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