Cf. plus haut, p
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Rome ce gouvernement des optimales qu'il avait toujours désiré. Entre les démagogues comme Clodius, qui étaient désormais sans force, et Pompée, de plus en plus mystérieux et hésitant, le Sénat paraissait grandir chaque jour. Mais Cicéron était attaché par la reconnaissance à Pompée, qui avait provoqué son rappel : il ne s'associa point à la guerre sourde que lui faisaient les sénateurs. Peut-être aussi comprit il qu'une restauration aristocratique ne pouvait manquer d'échouer, que le véritable danger était du côté de la Gaule, et que l'intérêt de la République commandait aux optimatés de s'allier à Pompée contre César. Quoi qu'il en soit, Cicéron se heurta à la mauvaise volonté de ses amis de la veille : il les vit, jaloux de son amitié avec Pompée, se réjouir de tout ce qui pouvait la troubler, et aller même, par dépit, jusqu'à flatter P. Clodius'. L'étroitesse d'esprit des aristocrates rendit vaines leurs velléités d'indépendance, et les mit à la merci de César. Celui-ci, en efl'et, qui de son gouvernement de Gaule surveillait et dirigeait la politique romaine, n'eut pas de peine à convaincre Pompée des avantages d'une nouvelle alliance : il organisa, avec Pompée et Crassus, un second triumvirat tout-puissant, auquel bien peu purent se dispenser de rendre hommage. En tous cas, Cicéron et Appius ne furent point parmi ces intransigeants. C'est, croyons-nous, le succès des conférences de Lucques qui fut la cause essentielle du rapprochement entre Cicéron et Ap. Claudius.
Le préteur de 57 avait obtenu comme province la Sardaigne. Drumann- dit que lorsque son frère fut nommé édile, en janvier 56, Appius était déjà en Sardaigne. Cela, ajoute-t-il, ne l'empêcha pas de faire en avril le voyage de Lucques pour aller voir César dans ses quartiers d'hiver. Nous croyons qu'il y a là une erreur. Les proconsuls et les
1. Cf. Ad fam., 1,1,1; De har. resp., XXIV, 50; Ad fam., I, 9.