G. iî., Ils, p
propréteurs se rendaient généralement dans leurs provinces à partir du d^r mars*. D'autre part, nous savons que le successeur d'Ap. Claudius, M. Aemilius Scaurus, rentra à Rome, après son proprétorat, le 28 juin 54^: il était donc arrivé dans sa province au mois de juin de l'année précédentel Et s'il est vraiqu'Appius pouvait parfaitement quitter la Sardaigne avant l'arrivée de son successeur, il n'est toutefois guère vraisemblable qu'une province aussi peu éloignée de Rome soit restée de février à juin soumise à l'administration d'un simple légat.
Du reste, nous ne voyons pas sur quels textes se fonde Drumann pour faire partir Appius dès le mois de janvier. Piutarque '' dit que « Pompée, Crassus, Appius, propréteur de Sardaigne, Nepos, proconsul d'Espagne d se rencontrèrent auprès de César à Lucques. On ne peut raisonnablement supposer que Q. Metellus Nepos ait quitté son gouvernement d'Espagne pour aller à Lucques et de là soit retourné en Espagne. Il s'arrêta à Lucques en gagnant sa province. Ce que l'on pourrait conclure du texte de Piutarque, c'est qu'Appius fit de même. Il se serait embarqué pour la Sardaigne à Pise, comme fit Pompée^; ce port n'était pas plus loin d'Olbia que celui d'Ostie, et la navigation était plus sûre, parce qu'on pouvait suivre les côtes de Corse.
1 . C'est l'opinion de Person, dans son Essai sur V administration des provinces romaines sous la République, p. 269. Person suit d'ailleurs en cela Mommsen (La question de droit entre César et le Sénat, Gesammelte Schriften, IV, p. 101 sq. ; traduit par Alexandre, en appendice au t. VII de V Histoire Romaine). Paul Guiraud, dans sa thèse sur Le différend entre César et le Sénat, critique la théorie générale de Mommsen d'après laquelle l'année civile aurait commencé le 1er janvier et l'année militaire et judiciaire le 1er mars (p. 19 sq.). Il reconnaît pourtant que les gouverneurs de province « quittaient Rome habituellement le 1er mars » fcf p. 31 et 32). ^ ■
2. Cf. Asconius in Scaurianam, Kiessling-Schoell, p. 16, 12 sq.