Cf. Ad fam., I
mais du côté des puissants. Une grande lettre < qu'il écrivit deux ans après à P. Lentuius Spinther, l'ancien consul de 57, et que probablement il destinait à la publicité, constitue un véritable plaidoyer justificatif de sa conduite. Ses anciens amis, à son retour, lui ont témoigné une jalousie mesquine; Pompée, au contraire, est son bienfaiteur, et, de plus, un homme éminent : la reconnaissance et l'admiration conseillent de se dévouer à lui. D'ailleurs, il n'y a plus de partis, plus de principes politiques : il serait également peu sage de vouloir sauver la république malgré elle et de s'opposer à des hommes dont la puissance est irrésistible. Il n'est pas défendu à un homme politique de changer sa ligne de conduite, quand les temps eux-mêmes sont changés. Enfin, Gicéron a assez fait pour la République, et il lui est bien permis à présent de songer un peu à son salut.
Ges pensées, parmi lesquelles la crainte de Glodius et le souci d'éviter une nouvelle disgrâce occupaient fort probablement le premier plan, rallièrent Gicéron aux triumvirs. Les discours qu'il prononça pendant l'année 56 se partagent, avant et après le mois de mai, en deux groupes, que distingue une différence de ton très sensible'^. Il est remarquable que l'on trouve, dans les discours qui précèdent cette date (mai 50), des allusions, souvent très violentes, à Appius, et qu'après cette date les allusions disparaissent. C'est une preuve évidente que les rapports entre Gicéron et Ap. Glaudius ont été influencés directement par le succès des conférences de Lucques. L't: arrivisme » de l'un, l'opportunisme de l'autre les poussèrent également à s'attacher aux