‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 30 sur 105 · Ihid., le · texte numérisé non relu

Ihid., le

UN COaiiESI'ONDANT DE CICÉUON

mois de juillet, Cicéron y fait allusion : on sent qu'il sait beaucoup; mais il ne veut pas confier de si importants secrets à une lettre'. Ce n'est pas la seule fois qu'apparaît chez Cicéron cette préoccupation de ne pas se compromettre en parlant d'Appius : elle perce dans la lettre même où il raconte le pacte entre consuls et candidats ^ On sent très nettement que, d'une part, il désapprouve Ap. Claudius, et, d'autre part, ne veut à aucun prix qu'on le sache. Nous retrouverons, pendant le gouvernement de Cilicie, ce même souci de l'opinion. La volonté constante de cacher tous les dissentiments possibles sous le voile d'une amitié officielle marque les rapports de Cicéron avec Appius d'un caractère qui leur est propre.

Le procès de Scaurus est très instructif à cet égard. M. Aemiiius Scaurus avait été préteur en 56, et avait succédé à Appius dans le gouvernement de Sardaigne (55). A son retour à Rome, il fut accusé par Triarius devant le tribunal de Caton, qui était alors préteur. On lui reprochait d'avoir rapporté de sa province des sommes considérables, destinées à payer les frais de son élection au consulat. Cicéron lui était lié par la reconnaissance : il avait contribué, en 56, comme président du tribunal^ à l'acquittement de P. Sestius, le tribun de 57. Cicéron entreprit donc sa défense. Or, Ap. Claudius était derrière les accusateurs : il comptait que son frère Caius, propréteur d'Asie, viendrait se présenter au consulat, et il voulait, en faisant condamner Scaurus, écarter un rival redoutable. La situation de Cicé-

1. Ad Att., lY, 15, 7 : Memmium Caesaris omnes opes confirmant. Cum 60 Domiliiun consules iunxeriint; qua pactione, epistolae committere non audeo. Pompeius frémit, qneritur...; ibid., 3 : Gemis autem meartim ad te quidem litterarum eius modi fera est, ut non libeat ctiiquam dare, nisi de qiio exploration sit tibi eum redditurum.

2. Ad Att., IV, 17 (18), 1 : Neque enim sunt epistolae nostrae, quae si perlatae non iint, nihil ea res nos o/fensura sit, quae tantum habeut mysteriorum, ut eas ne librariis quidem fere committamus, ne quid aliquo excidat.

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