‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 44 sur 105 · Ad fam.,in · texte numérisé non relu

Ad fam.,in

à n'en point douter, le dépit d'être remplacé dans une province qui lui était une source considérable de profits, et lui procurait des jouissances de domination auxquelles son orgueil devait être très sensible. La jalousie d'un gouverneur de province à l'égard de son successeur était un sentiment extrêmement répandu'. Gabinius, gouverneur de Syrie, ne se résolut que difficilement, en décembre 55, à céder la place à Crassus"-. En 54, nous voyons Cicéron, dans une lettre à P. Lentulus Spinther^, proconsul de Cilicie, lui conseiller de ne point faire de difficultés pour transmettre ses pouvoirs à son successeur, Ap. Claudius. Mais Ap. Claudius était plus que tout autre accessible à ce sentiment : nous avons vu comment, étant consul, il fit accuser M. Aemilius Scaurus, qui lui avait succédé dans le gouvernement de Sardaigne ; nous avons vu aussi dans quels termes cette jalousie fut excusée par Cicéron, qui était loin de se douter alors qu'il en serait un jour la victime''.

Le rôle de successeur d'Appius était donc par lui-même fort délicat. Il est hors de doute que des circonstances particulières vinrent le rendre plus difficile encore. Mais nous ne pouvons savoir avec précision quelles furent ces circonstances, et nous en sommes réduits à des conjectures.

L'étude de la lettre ad fani., III, 4, nous a fait supposer qu'Appius songeait à demander un service important à Cicéron, et comptait se servir de L. Clodius pour l'obtenir de lui. Il s'agissait, par exemple, de faire payer, à Tarse ou aux environs, une forte somme à quelque débiteur aux abois, ou de faire disparaître les traces d'une alfaire qui ne devait pas, pour l'honneur d'Appius, être connue. Le départ de L. Clodius fut, nous l'avons vu, relardé, et quand il vit

1 . Cf. Gic, Pro ScaurOj 33 : res non modo non ahhorrens a conmeliidine^ sed usitata etiamnum et ttalde peruayata.

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