Cf. ibid., 10, 2 ; 20, 1 ; ^d fam., XV
« les mêmes plaintes : on ne peut payer les taxes person- (c nelles exigées ; chacun a vendu ses biens ou ses titres ; les a cités gémissent, pleurent : conduite insensée d'un homme « qui est bien plutôt quelque monstreuse bête féroce! Que (( te dirai-je? ils sont tous las de vivre... y> Cicéron ne manque pas d'opposer, dans la même lettre, sa conduite à celle d'Appius : il ne demande rien, ni pour lui, ni pour sa cohorte, aux habitants des régions qu'il traverse; rien, pas même ce que la loi de Jules César l'autorise à demander; et souvent il a préféré coucher sous la tente plutôt que d'occasionner quelque dépense à ceux qui lui offraient leur maison. Aussi, quel enthousiasme dans la province! Sur sa seule réputation, les provinciaux attendaient impatiemment sa venue : et pourtant, il a réussi à dépasser leurs espérances ^
Il s'efforçait, en réparant le mal fait par Appius, de ménager le plus possible son prédécesseur"^. Pourtant, des cris de pitié et d'indignation durent lui échapper quelquefois, et sans doute il ne réprima pas toujours les mouvements de sa vanité. Du reste, il avait des raisons personnelles d'être mécontent d'Appius. On lui apprenait que son prédécesseur tenait ses assises à Tarse, prenait des décisions, rendait la justice tout comme s'il était encore gouverneur 3. Une telle désinvolture dut blesser profondément Cicéron ; toutefois, il n'en laissa rien paraître : les gens qui lui avaient appris cela étaient, à n'en pas douter, mal intentionnés; sans doute leurs propos avaient quelque raison d'être : mais qu'importait à Cicéron? il serait ainsi allégé d'une partie de son travail, et la durée de son gouvernement, qu'il trouvait long et ennuyeux, serait diminuée d'un mois ''.
i. Ad Att., Y, i6, 2 et 3.
2. Cf. ihid., 17, 6 : Satis enim haheo ne.gotii in sanandis uulneribus, quae sunt imfW^ita prouinciae : quod do operani ut faciam quant minimd cum illins contutnelia.