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UN COIU'.ESPONDANT DE CICKl'.ON
qu'il écrit à Appius depuis le I^r septembi^e. Ne serait-il pas naturel qu'il fît savoir à son correspondant comment, arrivé à Iconium, il a appris qu'il avait déjà quitté la ville? Si Appius n'était plus à Iconium quand Cicéron y arriva, de quelle manière expliquer qu'à partir de cette arrivée tout le détail des événements fut connu de lui? Nous ne comprenons pas, dans cette hypothèse, le Cetera iam tibi nota sunt. D'autre part, est-il vraisemblable que Cicéron n'ait pas opposé au reproche qu'Appius lui faisait de n'être pas venu au-devant de lui celui d'avoir évité la rencontre? et qu'abandonnant un mo : en de défense si excellent, il ait brusquement arrêté sa justification par ces mots d'ailleurs inexacts : Cetera iam tibi nota sunt ?
Tout devient clair, au c(»ntraire, si Ton suppose que nos deux personnages se sont rencontrés. A partir du moment où Cicéron a rejoint Appius à Iconium, tout ce qui s'est passé entre eux est également bien connu de fun et de l'autre, et il serait superllu d'y insister. D'autant plus qu'il s'agit pour Cicéron d'expliquer à Appius comment il n'a pu, le soir du 1*^' septembre, aller au-devant de lui : ses explications s'arrêtent naturellement avec le Confestim Iconium ueni.
Ce qui a fait penser que nos deux personnages ne s'étaient pas rencontrés, c'est sans doute qu'il n'est jamais question de cette entrevue dans les lettres que Cicéron adressa ensuite à Appius. On pourrait à la rigueur expliquer ce silence en alléguant que toutes les questions pour lesquelles Cicéron souliaitait voir Appius avaient été réglées à ce moment; qu'il n'était donc plus besoin d'y revenir; que leur conversation n'avait rien laissé qui appelât un échange de lettres, et que la matière de leur correspondance après la rencontre fut fournie par des incidents nouveaux. Mais ces explications paraîtront insuffisantes ; et l'absence de toute allusion à la rencontre du 2 septembre ferait à bon droit douter de la réalité de cette rencontre, si l'on n'en devait
ti'ouver la raison dans une réserve systématique de Gicéron. Il évite de parler de l'entrevue d'Iconium dans les lettres qu'il écrit à Appius, ou il ne le Hait qu'à mots couverts, comme le Cèlera iam tibi nota sunt dont il vient d'être question : c'est par un sentiment de délicatesse, pour ne pas souligner que cette entrevue a eu lieu en violation de la loi Cornelia. On ne trouve, dans les lettres de Gicéron à ses autres correspondant-^, nulle allusion à la rencontre : il est permis de supposer que si quelque lettre en parlait, elle fut détruite sur la demande de Gicéron au moment du procès de maiestate qui fut intenté à Ap. Glaudius '.
Si on admet comme plausible l'explication que nous venons de donner, on devra renoncer à arguer du silence de Gicéron pour prétendre que les deux proconsuls ne se rencontrèrent pas. Et, d'ailleurs, ne serait-ce pas une chose bien surprenante que l'entrevue dont parlaient toutes les lettres antérieures- n'ait pas eu lieu, et que pouitant Gicéron ne manifeste en aucun endroit sa déception ; bien mieux, qu'il ne soit nulle part question, dans les lettres postéiieures au 1er septembre, de ce qui inquiétait Gicéron avant cette date. Il désirait vivement être renseigné sur le sort de trois cohortes qui manquaient à l'efTectif de ses légions : si les lettres qui suivent la lettre ad fam., III, G n'en parlent plus, c'est apparemment qu'A p. Glaudius, qui ramenait avec lui deux d'entre elles "^ les lui avait remises. Il voulait demander à Appius de défendre ses intérêts à Rome, surtout le prier de ne pas laisser prolonger d'un an la durée de son proconsulat. « Je ne vous donnerai aucune commission, lui écrivait-il le 27 juillet, avant d'avoir perdu toute espérance de pouvoir vous entretenir de vive voix » \ Or, dans les