Ibid., I
3« A partir du 13 février ou un peu avant, attitude nettement hostile à Clodius, et qui ne fera que s'accuser dans tout le cours du procès et au delà.
Plutarque raconte ' que Cicéron fut poussé à prendre parti si violemment par sa femme Terentia. Clodia, la deuxième sœur de Clodius, femme de Q. Metellus Celer, aurait manifesté à Cicéron le désir de l'épouser; elle habitait une maison voisine de la sienne et communiquait avec lui par l'intermédiaire d'un certain Tullus, famiher de Cicéron. Terentia, jalouse, aurait excité Cicéron à intervenir pour faire condamner Clodius. M. Lacour-Gayet adopte l'explication de Plutarque-. M. Ferrero^ imagine, assez vraisemblablement, que « Clodius, pour obtenir l'appui de Cicéron, avait essayé de le faire séduire » par sa sœur. Si l'on complète par cette hypothèse les explications que donne Plutarque, on a le moyen d'interpréter avec beaucoup de vraisemblance les divers changements d'attitude que révèlent les lettres de Cicéron. La période d'indulgence correspondrait aux tentatives de séduction de Clodia. Entre le 25 janvier et le 13 février se placerait l'intervention de Terentia, qui ouvrit l'ère de la lutte à outrance.
Des motifs d'un autre ordre s'ajoutent, croyons-nous, à ceux-là pour expliquer l'attitude de Cicéron durant cette troisième période. A mesure que le scandale devenait une affaire politique, Cicéron sentait la nécessité de prendre parti : comme à l'époque encore récente de son consulat, l'ordre public était menacé ; on voyait reparaître autour de Clodius les mêmes jeunes gens qui avaient été les auxiliaires