‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 67 sur 105 · LA CENSURE D'AP. CLAUDIUS (50). SA MORT · texte numérisé non relu

LA CENSURE D'AP. CLAUDIUS (50). SA MORT

La lettre d'Appius que Cicéron reçut aux environs du 20 février 50 lui causa le plus grand plaisir. Il ne le dissimule point dans sa réponse : « Enfin, je viens de lire une lettre digne de vous ! » ^

Appius se demande s'il pourra jamais faire pour Cicéron autant qu'il a fait pour lui : « Il n'est rien, lui répond Cicé- « ron, où l'on n'arrive quand on est zélé pour quelqu'un, ft quand on lui veut du bien, disons mieux, quand on l'aime ». — Appius a écrit à Cicéron qu'il espérait bientôt triompher : Cicéron lui demande de lui faire savoir au plus tôt la bonne nouvelle. — Signe d'un renouveau de leur amitié, on voit reparaître le Liber auguralis que, deux années auparavant, Appius avait dédié à Cicéron comme gage de son estime ; il n'avait pas été achevé, et Cicéron en réclame la seconde partie. Quant au livre qu'Appius lui demande en retour, il l'écrira, mais quand il sera de loisir : car il ne veut lui dédier qu'un ouvrage où il aura mis tous ses soins-.

i. Ad fam., m, 9, 1.

2. Gorradi, Quaeshira, p. 265, prétend que Cicéron, pendant son séjour en Cilicie, écrivit des Libri auguralcs qu'il dédia à Appius en retour des siens. Drumann, G. R., VI', p. 352 et 35.3, fait justement remarquer que cette affirmation est arbitraire : rien, dans les lettres de Cicéron à Appius, ne la justifie.

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Cicéron termine sa lettre en recommandant à Ap. Claudius de faire en sorte qu'on lui décerne le plus tôt possible, et dans les conditions les plus flatteuses, l'honneur des supplications.

On voit, à ce cordial échange de vœux, de compliments et de promesses, tout ce que Cicéron pouvait désormais attendre d'une amitié qu'il avait gardée avec tant de peine. Mais voici qu'au lieu d'appr. ndre, comme il le souhaitait, le triomphe d'Ap. Claudius, il apprit que celui-ci était accusé de maiestate par P. Cornélius Dolabella. La nouvelle lui en parvint comme il venait à peine d'écrire à Appius'. Elle dut le contrarier vivement. Depuis près d'un an-, il songeait à faire de Dolabella son gendre : l'ardeur accusatrice de ce jeune homme le mettait soudain dans le plus grand embarras. Au moment où il venait d'échanger avec Ap. Claudius des lettres pleines d'amitié, où leurs rapports redevenaient ce qu'ils n'avaient pas été depuis deux ans et plus, il se trouvait dans la cruelle alternative de renoncer à l'alliance qu'il avait presque résolue ou de se fâcher encore une fois avec Appius.

P. CorneUus Dolabella avait alors 10 ans '. Il fit ce que faisaient tant de jeunes gens de bonne famille qui voulaient entrer avec quelque bruit dans la politique, ce qu'avait fait Ap. Claudius en accusant ïerentius Varro ou M. Caelius Rufus en accusant Antoine'* : citer devant les tribunaux un grand

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