Ad fam., III
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UN COnrttSPONDANT DE CICÉHON
gation*. Bref, il sut, dans cette occasion, allier la fermeté à la patience.
1. De la même façon, les instances de Brutus et ses récriminations ne le firent point manquer aux promesses de son édit : Scaptius, l'homme d'allaires de Brutus, ne put obtenir le commandement d'une troupe de cavaliers, parce que Cicéron avait décidé que la charge de préfet était incompatible avec des occui)ations commerciales ou financières. Le même homme dut se résig-ner à n'avoir des Salarainiens, dont Brutus était le créancier, qu'un intérêt de 1 "/o par mois, — c'était le taux qu'avait fixé Cicéron dans son édit — au lieu de 4 o/o qu'il réclamait (cf. Ad Att., V, 21, 10; VI, 1, 5 sq. ; 2, 8 et 9; 3, 5). Nous ne trouvons pas la trace d'une intervention quelconque d'Appius à ce propos. Pourtant, il était le beaupère de Brutus, et, pendant son proconsulat, il lui avait prêté son appui pour cette affaire. Scaptius, avec une troupe de cavaliers qu'Appius lui avait confiée, avait assiégé le Sénat de Salamine, et cinq sénateurs étaient raorts de faim. Ce souvenir devait être désagréable à Appius, sans compter qu'il eût été dangereux pour lui de le réveiller. D'autre part, ce souvenir d'un acte injuste était tout ce qui l'intéressait personnellement dans l'affaire de Salamine : il n'aurait pas pu écrire à Cicéron pour se plaindre, mais seulement pour lui recommander Brutus. Or, celui-ci était assez lié avec Cicéron pour lui faire savoir directement ce qu'il souhaitait. Bien mieux, loin que Brutus ait pu se recommander auprès de Cicéron des liens de parenté qui l'unissaient à Ap. Claudius. c'est lui qui servit à maintenir l'amitié de nos deux personnages (cf. Ad fam., III, 4, 2; 10, 2; Ad Alt., YI, 3, 5 et 7). Le silence d'Ap. Claudius dans l'affaire de Salamine s'explique donc très naturellement.