Cf. Pro Scauro
vivement que nul n'en sût rien*. Ce fut, en somme, une amitié poUtique : la mort enleva Appius au moment où elle promettait de se transformer en un commerce plus intime.
Cicéron souhaitait, en effet, d'entretenir avec Ap. Claudius des relations familières : sa vanité y eût goûté de vives satisfactions. Il respectait dans Appius le descendant d'une illustre famille -, et il eût été très fier d'être admis dans l'intimité de ce grand seigneur. Riche et influent, il ne lui manquait, pour être son égal, que l'éclat du nom. Il imitait volontiers ses aflures fastueuses : quand il apprit qu' Appius se proposait de construire des propylées à Eleusis, il pensa à en construire de son côté, à Athènes, dans les jardins d'Academus=^: et lorsqu'il crut qu'Appius avait abandonné son projet, il ne vit plus de raison de tenir au sien '*. Il maria sa fille, successivement, à trois jeunes gens qui portaient des noms illustres, Calpurnius Piso, Furius Grassipès et Cornélius Dolabella^ : il avait songé un moment à lui faire
1. Cf. Ad fam., III, 5, 2 ; 6, 6 ; 13, 2. On retrouve Bans les rapports de Cicéron avec C. Antonius, son collègue au consulat, le môme souci de ne pas laisser paraître qu'il y a quelque refroidissement dans leur amitié {c(. Ad fam., V, 5, 1 :... ne iis, qui me rogarent, aliquid de nostra coniunctione imminutum esse oatenderem):
2. Cf. Ad fam., III, 10, 9 : hominis nohilissimi. On voit qu'il fait grand cas de la naissance d'Appius dans les occasions mêmes où il lui reproche de n'être pas à la hauteur de ses ancêtres : cf. Pro domo, XLIIl, 112 : quidam homonobiUs; Pro Sestio, LIX, 126; cf. aussi, bien que Cicéron n'y vise que P. Clodius et Clodia, la prosopopée d'Ap. Claudius Caecus, dans Pro Caelio, XIV.