‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 95 sur 105 · Cf. AdAtt., VI · texte numérisé non relu

Cf. AdAtt., VI

5. C'est à tort que Tyrrel, III 2, p. 16, note a Ac de illo », prétend que Dolabella était un chevalier. Cf. Dio, LXII, 29, 1 : Dolabella, de patricien, se lit plébéien pour devenir tribun du peuple; Tac, Hist., I, 88: Cornélius Dolabella... uetusto nomine et propinqiiitate Galbae monstratus. Pison était d'une famille plébéienne {Calpurnii), mais où la branche des Pison s'était illustrée (cf. Pauly-Wissowa, III, col. 1365 gq.). Crassipès, au contraire, était d'une famille patricienne (Furii), mais d'une branche sans gloire (cf. Pauly-Wissowa, VII, col. 315 sq.).

épouser ïi. Claudius Nero, qui appartenait à une branche de la gens Claudia*.

Pourtant, si la familiarité des grands tlattait sa vanité, son bon sens savait les juger, et son orgueil lui inspira quelquefois, à leur adresse, des paroles ironiques- ou fières^. En face d'Ap. Claudius, Cicéron, homme nouveau, fils d'un simple chevalier, n'avait pour hii que son talent. Mais il pensait que cela seul comptait vraiment, et que la grandeur des ancêtres ne suffisait pas à faire la grandeur des descendants : au contraire, l'illustration de leur race créait aux nobles plus de devoirs que de droits. Ce qu'il pensait, il sut, à l'occasion, le dire.

Qu'une pareille revendication fût nécessaire, cela nous prouve que le préjugé nobiliaire n'était pas mort. Qu'elle fût possible, cela nous donne à penser que les conditions sociales se transformaient, qu'une aristocratie de talent, telle que les bons empereurs surent la grouper autour d'eux, était en train de se substituer à l'aristocratie de naissance. La façon diiîérente dont Appius et Cicéron entendirent le gouvernement de la CiUcie nous amène à des réflexions analogues. Les principes de Cicéron, sinon ses actes, nous font entrevoir le moment où les provinces seront administrées dans l'intérêt des provinciaux et non pas au profit d'un groupe d'exploiteurs romains. C'est donc comme la perception directe d'un changement moral et social que nous donne l'histoire des rapports entre ces deux hommes, dont l'un était en retard sur son siècle, et dont l'autre le devançait.

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