‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 99 sur 105 · Cf. Sclimidt, no U, p · texte numérisé non relu

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de reconnaître de pareils services par des services éj^aux : en particulier, il s'emploierait à lui faire décerner des supplications pour sa campagne de l'automne. Il comptait achever le livre dont il lui avait déjà dédié une partie : en retour, il souhaitait vivement que Gicéron composât à son intention quelque traité. Enfin, il lui disait son espoir d'obtenir sous peu le triomphe.

Ad fam., III, 9. Écrite à Laodicée, peu après le 20 février. Réponse à la lettre VI.

Lettre VII. Écrite de Rome par Appius, remise à Gicéron, à Laodicée, par Q. Servilius, dans la première moitié d'avril, (.'était un court billet par lequel Appius apprenait à Gicéron qu'il allait avoir à répondre d'une accusation de maiestatc et se recommandait à lui. — Gf. Ad fam., III, 10, 2.

Lettre VIII. Reçue par Gicéron, à Laodicée, quelques jours après celle-là. Gicéron répond à la fois à VII et à VIII dans Ad fam., III, 10. Il n'y est pas spécifié que Gicéron ait reçu deux lettres d'Appius. Mais cela nous paraît évident d'après le contexte. Les perbreues litterae remises par Q. Servilius ne pouvaient pas être la même lettre que celle où Appius lui parlait longuement {multa scripta sunt abs te) des propos tenus par Dolabella. De plus, les perbreues litterae avaient été vraisemblablement écrites dès qu'Appius sut de quelle accusation il était Tobjet, et avant par conséquent qu'il connût les propos tenus par Dolalabella à ce sujet {sermo stuUiis et puerilis, Ad fani., III, 10, 5). Appius disait encore à Gicéron, dans cette lettre, que tous les ordres lui étaient favorables. Enfin, tout en se recommandant de nouveau à Gicéron, il laissait percer quelques doutes sur la sincérité de son dévouement.

Ad fam., III, 10. Écrite à Laodicée, probablement dans la première moitié d'avril (cf. Appendice IV). Réponse aux lettres VII et VIII. Nouvelle justification de sa conduite dans l'affaire des délégations et protestations d'amitié.

Lettre IX. Écrite de Rome le 5 avril, envoyée de Tarse à Gicéron par Q. Servilius et reçue in castris ad ftuuium Pyramiim, aux environs de juin (cf. plus loin, Ad fatn.., III, 11). Appius faisait part à Gicéron de son acquittement dans le procès de maiestatc. Il lui disait que le Sénat, les juges, l'État tout entier avaient été pour lui. Pompée et Brutus avaient fait preuve d'un admirable dévouement. Il demandait à Gicéron de faire punir par les villes dont ils étaient citoyens des témoins mercenaires qui avaient paru au procès. — Gf. Ad fam.., III, 11, 1, 2 et 3.

Lettre X. Écrite de Rome après la lettre IX, reçue par Gicéron en même temps et dans les mêmes conditions que la précédente. Appius y faisait un tableau général de la situation politique. Tableau plutôt rassu-

rant : la République était d'une part moins menacée, d'autre part mieux défendue qu'on pouvait le croire. Il promettait à Gicéron de lui envoyer tous les discours qu'il avait prononcés, dès qu'il aurait fini de les rédiger. Enfin il lui expliquait pourquoi il avait cru devoir douter de son dévouement : c'est qu'il avait reçu de lui deux lettres {Ad fam., III, 8 et 7) qui marquaient de l'irritation. — Gf. Ad fam., III, 11, 4 et 5.

Ad fam., III, 11. Écrite au camp du Pyrame, vers le 10 juin, d'après Schmidt (no 20, p. 89), après le 13 juin, d'après MuUer. Nous n'avons aucun moyen de décider entre ces deux dates. Réponse à IX et à X.

Lettre XI. Remise à Gicéron, à Side, le 3 août (cf. Sternkopf, Quaestiones chronologicae..., p. 15 et 16; Schmidt, n» 21, p. 90), ou le 4. Appius informait Gicéron de son acquittement de ambitu (Ad fam., III, 12, 1), et le congratulait à propos des fiançailles de Tullia {Ibid.,^).

Ad farn., III, 12. Écrite le 3 ou le 4 août, à Side. Réponse à la lettre XI.

Ad fam., III, 13. La date de cette lettre est incertaine, et c'a été longtemps une question de savoir si elle est antérieure ou postérieure à Ad fam,., III, 12. Les allusions qui y sont faites aux fiançailles de Tullia (2 : Vellem ita fortuna tulisset...) obligent à croire qu'elle a été écrite après Ad fam,., III, 12. Sternkopf, Quaestioncs chronologicae..., p. 19, a absolument raison sur ce point. Aîais alors on est embarrassé d'expliquer pourquoi il n'est pas déjà question des supplications dans Ad fam., III, 12 : car Sternkopf, Schmidt, Tyrrel considèrent que Gicéron a su qu'on lui avait décerné des supplications avant d'être informé des fiançailles de Tullia. Sternkopf suppose que Gicéron a voulu réserver ses remerciements pour une lettre postérieure, afin de leur donner plus de prix ; Schmidt, que Gicéron n'a pas su tout de suite le zèle déployé par Appius. Ges explications ne sont guère satisfaisantes. Mais la succession des lettres ad fam., III 12 et 13 apparaîtrait comme tout naturelle si l'on pouvait démontrer que Gicéron n'a connu le vote des supplications qu'après avoir été informé des fiançailles de Tullia. Or, rien ne s'oppose absolument à ce que les choies se soient [)assées de cette façon.

Sternkopft et Schmidt supposent que la lettre ad Att., VI, 7, où il est parlé du vote des supplications, que les lettres ad fam., XV, 6 et 11, par lesquelles Gicéron remercie Gaton et G. Marcellusde ce qu'ils ont fait à cette occasion, ont été écrites à Tarse, à la fin du mois de juillet. G'est une chose fort improbable : Gicéron écrit à Atticus [Ad Att., VI, 7, 2) : etesiac ualdc rejlant. Il ne peut guère écrire cela qu'au bord de la mer. Pour les autres lettres, les mots : Ego, ut spero te propcdiem uidcbo (Ad fam., XV, 6, 2) ; Ego, si me nauigatio non morabitur, qiiae incurrebat in ipsos etesias, propediem te, ut spero uidebo [Ibid., 11, 2) paraissent avoir été écrits au cours du voyage, lors i'une escale, plutôt

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que de Tarse '. Ce ne sont pas ces lettres qui ont fait croire que les supplications avaient été connues de Cicéron avant les fiançailles de TuUia. Mais la lettre ad fam., VIII, 44, qui parle des supplications, paraissait antérieure à VIII, 43, qui parle des fiançailles de Tullia 2. On remarquera d'abord que Caelius peut avoir écrit la lettre 44 avant la lettre 43, et Cicéron n'avoir pourtant reçu celle-là qu'après celle-ci ^. D'autre part, rien ne nous prouve de façon indiscutable que 41 soit antérieure à 43. Nous croyons même, pour notre part, que c'est l'inverse^. S'il en était ainsi, les supplications auraient été décernées à Cicéron non pas dans la deuxième moitié d'avril, comme le veut Schmidt (n» 48, p. 88), mais au début de juin.

On a une autre raison de croire que Cicéron connut le vote des supplications avant les fiançailles de Tullia. Si la lettre ad Ait., VI, 6 a été écrite de Rhodes, comme semble le faire croire ce qui y est dit d'Hortensius», étant donné qu'il est question dans cette lettre des fiançailles de Tullia (4), et que la lettre ad Alt., VI, 7, forcément écrite avant que Cicéron fut à Rhodes f-, parle des supplications, on est autorisé à croire que celles-ci ont été connues d'abord. Mais Ad Ait., VI, 6 peut fort bien avoir été écrite avant 7. 4» Ce que Cicéron dit d'Hortensius : De Hortensio te certo scio dolere ; equidem excrucior ; decreram enim cum eo tialde familiariter ttiuere ' (2), ne peut-il pas l'avoir dit avant de connaître la mort d'Hortensius, et simplement d'après ces mots de la lettre de Caelius Ad fam., VIII, 13, 2 : Q. Hortejisiufi, cum has litteras scripsi, animam agehat"^ — 2» Cicéron annonce à Atticus, dans Ad Att., VI, 6, qu'il a chargé son questeur CaeliuS Caldus d'administrer la province : c'est une nouvelle assez importante pour qu'il l'eût annoncée dans Ad Att., VI, 7, si 7 était antérieure à 6. — 3° Dans Ad fam., II, 45, que Schmidt date du 3 août, Cicéron s'écrie à propos du mariage de Tullia : Qiiod actum est Di

1. Tyrrel, III 2, p. 264, date Ad fam., XV, 0 de P.hodes, 10 août environ.

2. Schmidt, et d'après lui Antoine, placent Ad fam., VIII, 11 dans la deuxième moitié d'avril ou au commencement de mai 50, Ad fam., Vlll, 13, en mai ou au commencement de juin.

3. De pareils retards n'avaient rien d'impossible. L'esclave qui portait la lettre ad fam., Vlll, 12 resta à Rome quarante jours après que Caelius la lui eiit remise (cf. Ad fam., Vlll, 12, A).

4. Dans Ad fam., VIII, 13, Caelius raconte que le Sénat a délibéré au sujet de Yintercessio de Curion, qui s'opposait au rappel de César : le Sénat a paru donner raison au tribun ; quant à Pompée, il sait à peine ce qu'il veut : qnemadmodum hoc Pompeius laturm sit, cum cognoro, scribam. Quand Caelius écrit Ad fam., VIII, 11, Pompée a manifesté son sentiment : il paraît être d'accord avec le Sénat pour que César quitte son gouvernement aux Ides de novembre. (Nous proposons de lire au § 3 : in qua ad hoc incubuisse cum senatu Pompeius uidelur, ut Caesar Id. Nouembr. decedat : ad hoc au lieu de ad hue des mss.) En sonmie Pompée est sorti de sa réserve et s'est entendu avec le Sénat : la situation est beaucoup plus tendue.

5. Ce n'est en elTet qu'à Uhodes, d'après Brutus, I, 1, que Cicéron apprit la mort d'Hortensius.

6. Cicéron y dit en effet (2) : « Rhodum uolo puerorum causa ».

approbent! (2). Or la lettre d' Atticus à laquelle répond Ad Att., VI, 6 disait : « Qu'au moins les Dieux bénissent l'union de Tullia et de Dolabella! » {Ad Att., 6, 4). Il y a apparemment un souvenir de cette lettre dans Ad fam., II, 45, 2.

Pour conclure nous proposons la chronologie suivante :

Cicéron reçoit : une lettre des siens, Ad fam.y VIII, 43 ; une lettre d'Appius.

Cicéron écrit : Ad fam., III, 42; Ad Att.^ VI, 6.

Cicéron reçoit : une lettre des siens (cf. Ad fam., XV, 44, \); Ad fam., VIII, 44.

Cicéron écrit : Ad fam., III, 43; XV, 6; XV, 44; 11,45; Ad Att.,\l, 7.

A Side, 3-4 août.

Pendant le voyage de Side à Rhodes.

APPENDICE II Note sur la date de l'entrée en charge d'Ap. Claudius Pulcher

ET DE M. TULLIUS CiCERO DANS le gouvernement DE LA PROVINCE DE ClLICIE

Cicéron arriva à Laodicée le 34 juillet 54. Le sénatus-consulte qui lui avait donné la province de Gilicie la lui avait donnée pour un an. Du moment donc qu'il avait échappé au danger d'une prorogation, il était libre de quitter sa province ain an jour pour jour après y être entré. C'est ce qu'il dit avec précision dans plusieurs lettres à Atticus 1. Son gouvernement, commencé le 31 juillet 51, expire le 30 juillet 50*.

Druraann^ croit pouvoir se baser là-dessus pour affirmer qu'Appius n'arriva pas en Cilicie avant le mois de juillet 53. Nous croyons que c'est une erreur. Cicéron calcule que son gouvernement prend fin un an après

\. Ad Ait, V, 15, 1; 21, 9; VI, 2,6.

2. Nous ne comprenons pas sur quoi se fonde Tyrrel, IIP, Introd.,p. XII, pour affirmer que son gouvernement commençait le 1«'' juillet. Ce n'est que sous l'Empire que l'année proconsulaire alla du l»"" juillet au 30 juin (cf. IVlommsen, Le droit public romain, III, p. 294). Nous ne comprenons pas davantage comment, reprochant à Cicéron la lenteur de son voyage, il peut dire, /. c, « qu'il mit à revenir à Rome environ moitié moins de temps » qu'il n'en avait mis pour aller dans sa province. Parti de Rome à la fin d'avril ou au début de mai 51 (cf. plus haut, p. 56 et n. 2, Cicéron arriva à Laodicée le 31 juillet Son voyage d'aller avait donc duré 3 mois. Parti de Tarse le 31 juillet 50, il arriva à Brindes le 26 novembre (cf. Ad fam., XVI, 9, 2; Ad Att., Vil, 2, 1), et ne fut devant Rome que le 4 janvier 49 (cf. Ad fam., XVl, 11, 2). Son voyage de retour avait donc duré cinq mois.

le jour OÙ il est arrivé à Laodicée : mais le jour même de cette arrivée ne dépendait que de son empressement ou des hasards du voyage. En principe, le gouvernement des provinces commençait au Icr marsi. Mais, en fait, à cause de la difficulté de la navigation en cette saison, il commençait au moment où le proconsul arrivait dans sa province, et finissait une ou plusieurs années jour pour jour après cette date. Gela faisait que très souvent le gouvernement du proconsul sortant expirait tandis que son successeur était encore en voyage. Le proconsul pouvait alors, s'il le voulait, continuera administrer la province en attendant son successeur ; mais il avait aussi le droit de quitter la province en laissante sa place un légat : c'est ce que fit Gicéron, à qui, d'ailleurs, aucun successeur n'avait été désigné.

Nous croyons que le gouvernement d'Ap. Glaudius expirait au mois de juin ; que, par conséquent, Appius était arrivé en Cilicie au mois de juin de l'année 53, et plutôt dans les premiers jours de ce mois que dans les derniers.

lo S'il avait dû légalement rester jusqu'au mois de juillet, il n'aurait eu aucune raison de penser que Gicéron n'arriverait pas à temps pour le remplacer, et par conséquent il ne lui aurait pas écrit dès le début du mois de mai - qu'il attendrait son arrivée uniquement pour être sûr de le rencontrer ;

2» Gicéron, s'il n'avait pas pensé qu'il arriverait en Gilicie après l'expiration du gouvernement d'Appius, n'aurait pas éprouvé le besoin de s'excuser auprès de lui, comme il le fit, de la lenteur de son voyage*;

3» Enfin, dès la fin du mois de mai et le début du mois de juin, arrivaient à Brindes Q. Fabius Vergilianus, légat d'Appius, et d'autres personnages de sa cohorte, G. Flaccus, M. Octavius ; son praefectiis fahrum, L. Glodius, était incessamment attendu s. Ges personnages avaient quitté la Gilicie avant la fin légale du proconsulat d'Appius ; mais c'est sans doute qu'elle était proche, et ils ne l'auraient pas fait si leur maître avait eu encore à administrer la province pendant trois mois et demi.

I.Cf. plus haut, p. 28, n. 1. P. Guiraud, Le différend entre César et le Sénat, p. 42 sq., a montré d'une façon qui paraît définitive, en s'appuyant précisément sur les lettres écrites par Gicéron à Atticus pendant son séjonr en Gilicie (cf. note 1 de la page précédente), qu'à la fin de la République l'entrée en charge d'un gouverneur datait du jour oii il était arrivé dans la province.

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