Un correspondant inconnu de Lamennais
Le lecteur curieux de se renseigner sur M™« Clément, à laquelle sont adressées les lettres inédites qui suivent, devra consulter la Correspondance imklite entre Lamennais et le baron de Vitrolles\ publiée en 1886 par M. Eugène Forgues, la Correspondance de Béranger^, et surtout le petit volume de souvenirs que fit paraître en 1862 le pasteur Napoléon Peyrat sous le titre Bérangcr et Lamennais'^ Quoique M'"'' Clément ne soit pas nommément désignée dans ce dernier ouvrage, la confrontation des textes ne permet pas de garder le moindre doute sur l'identité de cette M"^« X., qui tient sa place dans le volume de Peyrat. Quand nous aurons rappelé une note de Sainte-Beuve dans les Portraits Contemporains \ un passage des Confidences de Lamennais^, une lettre publiée dans la Rei'ue Latine du 25 octobre 1904 «, et, s'il m'est permis de me citer ici, mes articles de La Quinzaine sur Lamennais et Béranger', nous aurons, à peu de choses près, épuisé la bibliographie du sujet.
Les relations de Lamennais avec M"'e Clément datent selon toute vraisemblance des premiers jours de 1836. Béranger l'ut l'intermédiaire. Il s'était pris d'affection pour un jeune protestant. Napoléon Peyrat, nature méditative et sauvage, arraché brusquement à son pays natal et, de l'Ariège où s'était passée son enfance, jeté sans ressources à Paris. Le chansonnier l'avait présenté à Sainte-Beuve qui, par l'entremise de M. F. Denis, l'avait introduit comme précepteur à la fin de 1832 chez M"^^ Clément». Â son tour, Peyrat avait fait connaître son protecteur à ses hôtes. Béranger se préoccupait alors d'assurer à Lamennais, de plus en plus éh>igné de son ancienne sphère par son attitude à Fégard du Saint-Siège, des amitiés sérieuses, et qui ne compromissent pas la dignité de son caractère. Les Clément lui parurent en cela satisfaire aux plusexigeantes délicatesses de son afTeclion.
Nous savons peu de choses de M. Clément. Il avait fait lui-même sa for-