N" 28 du ms
riture et l'habillement. Son séjour près de moi ne le mène à rien, et ceci m'a souvent tracassé l'esprit. Je serais donc fort aise que le projet dont il a parlé à Charles pût s'effectuer, c'est-à-dire qu'il pût s'accorder avec les convenances de M. Clément.
Quant à moi, cela ne changerait aucunement ma position. Il ne s'agirait que de trouver un bon domestique, et je n'en verrais pas de meilleur que celui qui aurait les qualités que vous avez trouvées en Louis.
Mille respects affectueux.
XXl.X
Lamennais à M. Clément.
0 février.
' C'est extrêmement peu de chose que cette pendule; ne m'en parlez donc plus. Il suffira que l'horloger la fasse prendre demain matin.
A ce soir avec M. Didier. Mille alïectueux respects. J'espère que ^{mc Clément aura eu une meilleure nuit que la précédente.
Lamennais à M'"'' Clément.
Paris, 14 avril 1838.
-Je vous remercie de votre obligeance, Madame, et si ce n'est pas en abuser que d'accepter l'offre que vous voulez bien me faire, je serai bien aise de savoir ce que vous pensez du jeune homme qu'on propose. J'incline beaucoup à m'en tenir à ma femme de ménage. Cependant si l'enfant dont on vous a parlé vous paraissait avoir des qualités réellement attachantes, il est au mcjins très probable que je me déciderais à le prendre. Veuillez donc avoir l'extrême bonté de me faire savoir comment vous l'avez jugé; je me résoudrai d'après cela.
Je souhaite vivement que votre santé, comme celle de Charles, se trouve bien de votre voyage en Picardie, et je vous réitère l'assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.
F. Lamknnais.
l'aris, -J.'i avril ls;iS.
^Ln ficvTC fie Charles ne doit pas vous inquiéter. Madame, c'est une lièvre de saison (jui cédc.-ra, si elle n'a déjà cédé, à quelques dozes (sic) de rjiiinine. Tout le monde s'est plus ou moins ressenti de ce tardif hiver. Au monicnl riiêmc oii je V(»iis écris, il loinbc de la i^'rêle. il paraît
i, N" 2 <lii ms.
2. N" <ii (lu riiH. .\"lrrssr : M" /. Cliriicnl. Il, nir Hoyalc, .\iiiitiis. .M'"" CIcmeiit élail nloPH iIk*/. hh .siriir.
'.i. N' •'>•'• «lu iiiH. AflrcsMC : M"*' /,. (;ifniriil. "il. nu; Hnvnlr. Amiens.
que, cette année encore, il faudra très peu compter sur les petits
fruits.
Ne prenez pas la peine de venir chez moi, ce serait pour vous une trop grande fatigue. Si vous voulez bien me faire prévenir de votre arrivée, j'irai m'informer de vos nouvelles, de celles de Charles. J'espère que le climat plus doux de Cognac contribuera beaucoup à rétablir et à fortifier votre santé à l'un et à l'autre.
Je ne doute pas que je n'aie lieu d'être satisfait de Henri. Au reste, je ne m'attends pas à trouver en lui autre chose qu'un enfant, et cela n'en vaut que mieux, pourvu que les dispositions soient bonnes. En écrivant à M. Clément, veuillez me rappeler à son souvenir. Je remercie Charles du sien, et vous prie d'agréer de nouveau, Madame, l'assurance
de mon respectueux attachement.
^ F. Lamennais.
XXXIÏ
Paris, .30 avril 183».
1 Afin d'être plus sûr, Madame, que ma lettre vous parvienne avant votre départ, j'y réponds sur-le-champ, et un peu à la hâte, car le temps
me presse. .
Je ne serai pas libre jeudi, mais si vous l'êtes vous-même vendredi, et qu'il vous convienne que je dine avec vous ce jour-là, je serai à vos
ordres.
Henri pourra venir chez moi quand vous voudrez. Vous devez maintenant le connaître assez pour juger vous-même s'il répond aux recommandations qui l'ont introduit près de vous. S'il mérite réellement l'intérêt qu'on lui porte, il n'est pas douteux que je ne le garde, au
moins à l'essai. ,
J'aime à présumer que Charles n'a plus la fièvre, et que votre sanle
à vous-même est meilleure. Nous avons ici un temps d hiver. Recevez, Madame, l'assurance de mon respectueux attachement,
F. Lamennais.
Paris, 1" mai 1838.
Ml ne me parait pas douteux, Madame, que ce ne soit le froid de la nuit qui a ramené la fièvre. Heureusement, lorsque vous recevrez cette lettre vos inquiétudes auront certainement cessé, et notre pauvre malade sera au moins en bonne voie de convalescence. L'exercice et e bon air achèveront de lui rendre ses forces. Je désire vivement que la campagne, si agréable en cette saison, produisent [sic) sur vous le même effet Ici, les médecins se disent fort occupés en ce moment, et je le crois 'assez, car rien n'est pire pour la santé que les soudaines
1 Ko AQ ,i„ m« \dresse : M""= Z. Clémenl, 71, rue Royale, Amiens.
2:N" 6?tm"A\fresïe: M- Z. Clément, au chàleau de Richemond, près Cognac,
Charente.
varialions de température que nous éprouvons depuis quelques semaines. Je n'ai cependant pas eu à m'en plaindre beaucoup personnellement. Dieu veuille que cela continue de la sorte.
Je conçois bien le regret que vous avez eu en passant à Tours de n'y pas rencontrer Déranger. Ce que vous m'avez dit de lui m'afflige extrêmement et m'inquiète. Si le désaslre était moindre qu'on ne vous l'avait d'abord annoncé, je rapprendrais avec une grande joie.
J'espère qu'en arrivant à Cognac vous avez trouvé M. Clément bien portant. Veuillez me rappeler à son souvenir. Il me semble que le parti qu'il a pris de vous établir dans ce vieux château de François I-'', contribuera à l'agrément de votre séjuur dans le beau pays où vous allez passer l'été.
J'embrasse Charles, et je lui recommande de soigner sa santé et la vôtre. Recevez de nouveau, Madame, l'assurance de mon respectueux attachement.
F. Lamennais.
Je continue d'être content de Henri.
Paris, 2 décembre lS3ï).
'Ma santé, Madame, il est vrai, n'est pas bonne; cependant ce que j'éprouve n'est qu'une de ces indispositions communes à mon âge, et qui n'ont rien d'inquiétant. Beaucoup de personnes se ressentent de l'alTreux temps que nous avons. Il pleut presque sans cesse, et à la pluie vient de s'ajouter une tempête ([ui dure encore.
J'allai avant hier chez M. Mauguin, mais je ne fus pas assez heureux pour le rencontrer. Uaprès ce que je lis dans U^s |ournaux, il aura bientôt à plaidi.'r contre Gisquet.
Ménagez votre santé, Madame, dans cette mauvaise saison, et surtout garantissez-vous de l'humidité, pire que le froid.
Respect et altacheuient bien sincère.
F. Lamennais.
Paris, 212 ilcccmltrc 1^:{S.
•Je vous écris. Madame, deux mots à la hàl(! pour vous demander s'il vous serait [lo^sibh; de disposer de .'•() lianes pendant deux ans, poMi° aid«'r à faire aiqirciiili'i- un rial ii un ji'unc Iniiiimc à ijui je m'iiilér(,'sse beaucoup. (le serait une bien bonne leiivre, et j(! ne d(»iite pas que vous n'y concouriez, si vous le pouvez. Veuillez, je vous prie, me répondre h ce sujet, car le leinps presse.
1. N <',s lin tus. AfliTsse : M"" Z. (iléiiiciil, au (li.ili'au ilc Iticlicinniid, prrs Cu- «iiar, (iliiiii-nif.
2. N" •;■; (lu lus. AdresMC : .M"" Z. (llriiirnt, an «liàli'aii >\r Hk iiciiiuiiil. |>rcs Co^naf, Cliarrnlc.
On m'a remis de votre part du vin de Liinel et de Malaga. Je vous en remercie. Nous ne sortons point des brouillards. Le temps ne m'est pas bon. J'ai été très souffrant ces jours derniers. Je commence à me trouver un peu mieux. Faites bon feu, et sortez dès que le soleil paraît. L'air extérieur préserve du rliume.
Mille respects affectueux. F. Lamennais.
Paris, 31 décembre 1838.
'J'ai reçu, Madame, vos deux lettres du 17 et du 23. Je vous remercie beaucoup de vouloir bien concourir aux frais d'apprentissage du jeune homme dont je vous ai parlé. Rien ne presse pour le payement. Vous choisirez le moment qui vous sera le plus commode.
Votre rêve ne vous trompait pas. Je quitte en effet mon appartement, et c'est même après-demain que j'ai promis de le céder à la personne qui me succède, de sorte que je me trouve en des embarras assez désagréables. Outre l'ennui d'un déménagement, je suis obligé de me caser provisoirement dans un hôtel garni, et de loger mes meubles dans une chambre louée à cet effet, car je n'ai point encore arrêté d'autre appartement. Tout cela n'est guère commode, pour le travail surtout. En attendant que j'aie une adresse à moi, veuillez m'adresser vos lettres chez M""" Champy-Boiserand, 30 rue de Lille.
Je suis bien aise d'apprendre que vous vous entourez de gens qui, formés par vous, vous conviendront sous tous les rapports. Rien n'est plus difficile, et je ne le sais que trop, que de trouver des domestiques sûrs dans Paris. Il vous faudra même bien des précautions pour empêcher que ceux que vous y amenez ne s'y perdent bien vite.
Les journaux sont remplis des détails du procès Gisquet. M. Mauguin s'y montre avec son talent ordinaire. 11 est utile sans doute que ces turpitudes soient dévoilées, mais en soi c'est bien dégoûtant.
Depuis trois jours nous avons de la neige. Elle est rare, je crois, dans le pays que vous habitez. Cependant, sous une forme ou sous une autre, l'hiver est l'hiver partout.
Recevez, Madame, tous mes vœux pour l'année qui s'ouvrira demain. Je souhaite vivement qu'elle vous soit douce, et à Charles, et à M. Clément, et à toutes les personnes qui vous intéressent et vous sont chères. Je joins à ces vœux que je vous prie d'agréer avec bonté, l'expression de mon respect et de mon attachement bien sincère.
F. Lamennais.
1. N° 62 du ms. Adresse : M"" Z. Clémcril, au cliàlcau de Richcmond, par Cognac, Charente.
i Je crois que vous regretteriez beaucoup d'avoir cédé au mouvement de votre cœur qui vous porte à garder cet enfant. Dans peu de jours, il aurait oublié tout ce qui paraît l'affecter si vivement : et puis il serait très difficile au moins de le préserver de rintluence de ce M. de la Pylair. Le grand-père est prévenu de son retour; le" retenir, ce serait prendre de nouveaux engagements, qui pourraient être une source d'embarras. Dites-lui plutôt que vous lui conserverez un souvenir bienveillant, et que vous chercherez à lui être utile, si vous apprenez qu'il se conduit bien en Bretagne. J'ai l'intime conviction qu'il sera mieux là que partout ailleurs, et qu'il se perdrait à Paris presque infailliblement. Le parti que j'ai pris me peine autant que personne, mais je le crois le seul sage, le seul qui soit dans les intérêts de l'enfant.
Paris, 25 mai 1839.
^Je partage bien vivement, Madame, la peine que vous ressentez du cruel événement dont vous me faites part. Quoique on doive s'attendre à tout dans la vie, il y a des malheurs qui ne trouvent jamais préparés, et ce sont ceux-là mêmes dont chaque jour nous avons sous les yeux des exemples. Je crains comme vous l'effet d'une pareille douleur sur la santé de Madame votre sœur. Cependant j'espère aussi beaucoup de son courage et de sa tendresse pour ses fils à (jui elle devient si nécessaire. Elle voudra se conserver pour eux, et cette pensée lui donnera les forces dcmt elle a besoin dans ces tristes circonstances. Ses tils, de leur côté, lui rendront, je n'en doute pas, facile et douce la tâche qui lui est maintenant imposée. Leur cœur sentira ce qu'ils doivent à leur mère, et il y aura en(-ore du ijonheur pour tous.
Madame votre souir aura-l-dle droit aune pension proportionnelle aux émoluments (h; l.i [)lace ([n'occupait son mari? Ce serait une ressource. Peut-être aussi ses enfants pourraient-ils obtenir d'être admis gratuitement dans une école sjiéciale, et l'aiiir surtout, ([ui se proposait, '6 me s(;mble, de suivre uin; carrière seuibl.iblr à crlle on sou père s'était tant distingué.
.Ménagez votre santé dans ces tristes moments, Nous avons un temps froiil et pluvieux dont beaucoup «le gens souffrent, un véritaide temps d'hiver. Sauf (piebpies jours au commencement de Mai, rien jusqu'ici ne nous a eneore r.ippelé le printemps.
J'(;spère (|ue M. (ilimnit liouvei;i eiiliii l'oceasioii de vendre avaiita-
1. N" 2f. lin ms. Hillcl sans (l;il<;. V. an sujrl de l'inciiiml ilniit il rsl ii i ([iiolion, Hi^runt/rr ri l.amrnnfii.s {>i\-\-2, l'aris, iMeyrneis, IN(iJ), p. Hl-liJ.
2 N" i;;» lin nis. AfIrcsHC : M'"* Z. Cli-inoiil, an ciiAli-an <lc lliilicimiiiil. i»ar Cn^^nac, Chan-nlr. La sn-nr il<' M"* Clrimiil vmail di- |.rrilrr son mari.
censément sa terre d'Ardissarl. Pour lui comme pour vous, je souhaiferTou il conservât de préférence celle de Cognac. Je la crois, sous tou'les rapports, de climat et de site, plus agréable, et vous y avez déjà vos habitudes, ce qui est beaucoup. ^ ^
Mille respects affectueux.
Béranrjer à M™" Clément.
Tours, 1" décembre 1839.
. Vous ne devez pas èlre surprise, Madame, de rintérêt que j'allache à ce qaT^ûs eoncen,e. Navez-vous pas aé une providence pour Peyra que j'aime lant, et n'èles-vous pas l'amie d'un am, que je vene e Je suis Lureu-c que vous soyez plus satisfaite des témoignages d attachement dé " dealer. Quant à mon pauvre jeune sauvage, je sms désole r 1 muute obstL. Je crois que c'est un mal '--f ^^ J^us e e. trOD indulgente pour n'en pas prendre pit.e. Vous me feriez croire cependaiU qu'il est moins silencieux avec ceux qu'il aime moins que vou et son élève, puisque tout Cognac le proclame un génie, et qu ■ y accepte des entr vues de fiançailles. M»< Métivier a quelque bagueUe de féetoule laide qu'il me l'a peinte, qui dénoue la langue. Sans quoi, H le naraitrait d?mcile que notre muet se fût tait une réputation a Co" ac' et qu'a y eût étl jusqu'à craindre d'y avoir fait naître une passion Ce n'eu est pas moins une excellente créature, bien dévouée a ceuxqui ont place dans son cœur, et vous devez être sûre Madame d'vét?e en première ligue. S'il ne vous en dit rien, d est moins discret a/eciret ie puis vo°us certifier qu'il serait Heureux de pouvoir vous
'"«oTrrami d^Paris' est bien aussi un peu original -, mais i, eu a le
L rats, et Dieu ^^^^J^^^^ZZ:^^^^^^^ ^ ;r ^:^urr:'l: ::pr. rV- séjom. des anges et des Sera.
r-tr— ::;.^c;^:::ue U calme dont vous jouisse, vaut bien le bruit de Paris.
,. K' 4 ,la ,.,. Adresse : M Cle.„ca,, i, Fonle.Ullc, p,*, et par Cognac, Charcnlc.
Recevez, Madame, rassurance de ma respectueuse considération, et croyez-moi votre tout dévoué serviteur,
Béranger.
Ayez la bonté de dire à Peyrat' que j'ai reçu son manuscrit.
Lamennais à M"" Clément.
4 avril ~.
Ue n'ai personne près de moi qui puisse écrire. Vous ne pourrez donc pas recevoir de mes nouvelles aussi souvent que vous le désirez. Ne vous en inquiétez pas. Tout va mieux, il ne faut plus que de la patience. La fièvre diminue, l'irritation se calme. Le temps achèvera la guérison. Je ne puis prendre encore aucun aliment. De l'eau de gomme et de l'eau de riz, voilà mon régime. Cela ne donne pas beaucoup de force. Kn somme, comme je vous le disais, je suis beaucoup mieux. Ainsi, soyez parfaitement en repos.
Paris, 6 avril 1840.
Me suis beaucoup mieux depuis deux jours; la fièvre est presque nulle; je commence ;i manger, il n'y a plus de douleurs d'entrailles. Il ne faut donc maintenant qu'un peu de patience, et j'espère ne manquer ni de l'une ni de l'autre.
L'épreuve a été rude, mais enfin m'en voilà tiré. La saison hâtera la
convalescence. Profitez aussi du beau temj)s pour fortifier votre santé;
l'exercice y contribuera, mais un exercice modéré. Mille amitiés autour
de vous. Votre bien dévoué,
l'aris, 8 avril 18'i(i.
'■ .l'ai reçu hier v(jlre lettre, du A pleine de bonté et d'alïeclion. Je vfiiis en reuKTcie. La veille, c'est-à-dire le 0 au soir, j'éprouvai un accident assez grave, (jue rien n'avait préparé ni annoncé, et qui n'a eu nun plus aucune suite, l-ltant (hîbout près d'une fable, ma tète se prend l'iiit d'un coup, et je lombc sans connaissance sur le carreau. Mon dMni<sti(|iu' qui était là vient aussitôt à moi. Je rouvre les yeux, comme rjuand on se réveille, lu; sacliani d'iiboid oii j'étais; |)uis je rentre dans ma chambre, et je me mets au lit. L'ilirauiinicnf dura ([uebpu's heures;