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:j. Titnhrc pc»8lnl : l'ariH, 'i avril IKil). Adresse : M'"" Z. Cli-m^iil, an Ciraml l'an", par Cognac, Ofinninlc.
4. N" 7ti «In ms. Adresse! : M"" Z. (iiéineiii, nu <iraii<l l'nrc, |)ar Gourme, Charenlc. li. N" T4 ilii ms. Adresse : M"" Z. Cléiiienl, au Cîraiid Parc, par Coijnac, Charcnle.
le reste de la nuit fui bon, et je ne me suis nullement ressenti de cette espèce de syncope imprévue et subite. L'estomac d'ailleurs est bien rétabli; je n'ai plus ni fièvre ni douleurs, et quoique les forces ne reviennent pas aussi vite qu'à vingt ans, elles reviennent chaque jour [j'ai] un peu. J'ai bien envie d'en avoir assez pour pouvoir me remettre au travail; mais la souffrance et 12 jours de diète absolue m'en ont ôté beaucoup. En somme je ne saurais me plaindre, et je suis maintenant aussi [tôt] bien qu'il soit possible de l'être après une si rude épreuve. Mille amitiés à M. Clément et à Charles. Croyez, je vous prie, à mon attachement le plus respectueux et le plus dévoué.
Paris, n avril 1840.
' Ma lettre d'hier venait d'être mise à la poste, lorsque j'ai reçu la vôtre du 12. Je ne suis pas surpris que le soleil vous ait causé des étourdissements ; il produit aisément cet effet en cette saison. Plus tard, il n'a pas le même danger, parce que nous sommes habitués à son influence, et. qu'aussi nos dispositions physiques ont changé. Il faut donc en ce moment de la prudence, et j'espère que Charles vous le rappellera.
La première [sir) fois que je suis sorti, c'était pour aller dîner chez M. Benoît qui demeure à ma porte. Le lendemain, j'allai voir M. de VitroUes, et comme le temps était très beau, je voulus revenir par la Magdeleine. Cette course était un peu trop forte; les spasmes me prirent, et je craignis de rester en route. Cependant je parvins à regagner mon gite, où je me trouvai heureux d'être rentré sans encombre. Sûrement un peu de campagne me serait bon en ce moment; mais il y a trop de diiïicultés, et je n'y pense en aucune façon. Il est vrai que mon régime a pu contribuer à me rendre malade. Aussi me suis-je décidé à renvoyer mon domestique et à prendre une femme de ménage. Je serai mieux sans dépenser plus. Je ne puis plus vivre comme à trente ans. L'âge amène des besoins que l'on ne saurait impunément refuser de satisfaire.
Vous m'avez paru désirer que nous puissions loger à Paris dans la même maison. De mon côté j'en serais charmé. Mais voici, à cet égard, quelle est ma position. Je ne tiens pas du tout à l'appartement que j'occupe, à cause des tracasseries de la propriétaire, et de celles des portiers, qui sont des gens détestables. Cependant je ne quitterai pas, si je n'ai d'autres raisons qui m'y déterminent, je suis trop las des déménagements. Vous viendrez ici en automne. Il s'agira de trouver une maison où il y ait à louer deux appartements, un plus grand pour vous, un plus petit pour moi, et dans un quartier qui nous convienne : première difficulté. Je suppose qu'on en sorte. Pour être libre alors, il
1. N" 83 du U13. Adresse : M"" Z. Clément, au Grand Parc, par Cognac, Cliarenle.
faudrait que je donnasse congé avant le mois de juillet. Si j'attendais à le donner plus tard, cela me rejetterait en avril, c'est-à-dire à un an, car on ne peut pas songer à déloger au mois de janvier. Je sais par expérience tout ce qu'une pareille opération a de pénible en cette rude saison. Pour conclure, voici ce que je voulais vous demander : avez vous ici une personne en qui vous ayez assez de confiance pour la charger de vous arrêter un appartement pour le mois d'octobre? Si les affaires de M. Clément l'appelaient à Paris avant cette époque, c'est lui qui pourrait mieux que tout autre choisir ce qui vous convient, et même je ne vois pas qu'aucun autre que lui puisse prendre sur soi de faire ce choix. Dans ce cas-là donc je risquerais de donner congé de mon appartement, de manière à être libre en octobre. Autrement je passerai l'hiver où je suis. Ne vous gênez en rien. Ce qui vous sera bon me sera bon. Seulement j'ai cru devoir vous dire quelle est ma position, afin que vous puissiez vous régler là-dessus selon toutes vos convenances, que je vous supplie de considérer uniquement.
Mille choses aflTectueuses à M. Clément et à M. Peyrat. J'embrasse tendrement Charles. Votre bien dévoué.
Paris, 20 avril 1840.
M'ai réfléchi à ce que vous m'avez écrit touchant le désir qu'a Charles de faire sa première communion. Il est très certain que l'absence de religion laisse dans l'homme un vide immense, et que le devoir ne se conçoit pas sans cette sanction nécessaire. Point de diiriculté donc sur celle première question si grave en soi et si importante. Mais à l'épcjquc où nous vivons, lorsque la vieille foi, affaiblie, presque éteinte, tend à se modifier profondément, il y en a une grande pour suppléer à c(; que la société ne nous offre plus, je veux dire une croyance en harmonie avec les instincts impérissables de l'homme, et l'étal général des esprits qui cherchent, sans l'avoir encore trouvée, la doctrine qui les satisfera, et dont ils sentent chaque jour plus vivement le besoin. Elle aura, je n'en doult; nulI(Mnenl, sa racine dans le (Christianisme, dont elle marquera une nouvelle phase. Mais jusqu'à ce qu'elle se soit produite, le catholicisme étant, comme je le crois, la communion chrétienne qui, sans aucune comparaison, a le mieux conservé l'esprit essentiel de l'inslilulion de Jésus-Christ, je ne vt)is aucune solide raison de se priver ih; lu satisfaction intérieure et de l'appui que l'on peut trouver dans raccornjjiissernenl (l(!s rites religieux établis. Si donc vous avitr/, dans votre voisinage un prêtre vraiment évangéli<jue, qui inspirât de la confiance à Charles et comprit (jne la droiture du cœur él.iiilee que Dieu deiiiaiide avant tout, rcmfernie, avec l'amour, avec la charit»;, toutes les dispositions (|u'il exige p<uir n'a])j)roeher dignement
1. N" 75 ilii m». AUrcHse i àM"'" Cléiiiciit, au Grainl Parc, |iar Cugnao, Cliareiilc.
de lui, je penserais que Charles, non seulement peut suivre le désir qu'il éprouve, mais qu'il ne saurait rien faire de mieux. Les lieux où vous êtes présentent pour cela plus de facilité et de commodité que Paris. Le tout est de rencontrer un prêtre sensé, éclairé, bon et simple de cœur, qui écoule plus l'instinct naturel de sa conscience d'homme et de chrétien, qu'il ne défère aux règles d'une théologie absolue; mais ceux-là sont bien rares partout.
Nous avons habituellement une chaleur de 18° avec un temps sec désastreux pour la campagne; aussi le prix des grains augmente-t-il partout. Le peuple s'en émeut, et se lasse de souffrir; il trouve dur de mourir de faim. On l'emprisonne et on le tue pour lui faire prendre patience.
On m'apporta hier quatre pots de confitures de Bar, sans dire de quelle part. Je ne sais de qui ils me pourraient venir, si ce n'est de vous. C'est donc vous que j'en remercie.
Je voudrais sortir tous les jours, et j'en prends la résolution, mais pas assez ferme. Mes courses, au reste, ne sont pas longues. Au bout d'une heure et souvent moins, je me sens fatigué. Alors je regagne ma mansarde. L'accoutumance me la rend douce et c'est toujours avec joie que j'y rentre. D'ailleurs, les promenades de Paris ne me plaisent point; il y a trop de gens, trop de bruit, trop de mouvement, trop de poussière. J'aimerais bien mieux un petit sentier à travers les bois ou les champs, une pelouse naturelle le long d'une haie d'aubépine odorante et d'églantiers fleuris. Mais on ne choisit pas, et, comme dit la
chanson.
Quand on n a pas ce que l'on amie
Il faut aimer ce que l'on a.
Le conseil est fort sage, et trop sage pour moi, et pour bien d'autres, je crois. C'est avec un plaisir toujours nouveau que je vous réitère l'assurance de mon respect et de mon affectueux dévouement.
Paris, 25 avril 1840.
» Je regreterais {sic) que vous ne vinssiez pas à Paris l'hiver prochain. Cependant je dois avouer que vous avez raison de prolonger encore votre séjour à Cognac, si les affaires de M. Clément n'étaient pas terminées à cette époque. Pour être quelque part agréablement, il faut d'abord de la tranquillité d'esprit. Je ne sais pas encore bien quel parti je prendrai pour mon logement; mais, dans tous les cas, je vous remercie de m'avoir mis à même d'en prendre un sans craindre de contrarier vos projets. Ne vous exposez pas trop au soleil durant les mois d'avril et de mai, et vos étourdissements deviendront plus rares, s'ils ne passent pas tout à fait.
1. N" 72 du ms. Adresse : M- Z. Clément,, au Grand Parc, par Cognac, Charente.
J'allai lundi à un concert non payant donné par Listz dans les salons d"Erard. J'y vis la princesse Beljoioso. Elle ressemble à un spectre. A ce sujet on me racontait qu'un homme du peuple la regardant passer, disait : Il faut que cette femme soit bien paresseuse, puisqu'elle ne s'est pas fait encore enterrer. Il y avait d'autres grandes dames russes, anglaises et de toutes nations. Ces gens-là sont partout, parce qu'ils s'ennuient partout.
Je reverrais M. Clément avec plus de plaisir, si je ne savais combien ce nouveau voyage, et dans celte saison, doit le contrarier. Paris, au reste, ne tardera pas désormais à se dépeupler. On commence même déjà à partir pour la campagne. Le beau temps y invite. Nous avons tous les jours iO*^ de chaleur. Il est à craindre que mai ne nous rejette en arrière, et pour moi, je m'y attends. La sécheresse, au reste, fait beaucoup de mal, en retardant la croissance des herbes. Les jardiniers aussi s'en plaignent, rien ne se développe, rien ne pousse, et les légumes sont hors de prix. On s'en consolerait assez aisément, s'il n'en était pas ainsi du pain.
Mille respects affectueux. F. L.
S^-Pclagie, n janvier 1841.
' Puisque vous voulez quelques détails sur mes petits arrangements et sur mon régime, je vous dirai que mes meubles consistent on un lit, une petite table à écrire, un guéridon et un fauteuil apportés de chez moi, et de plus une autre table sur laquelle je mange et quatre chaises fournies, moyennant loyer, par la maison. Entre huit cL neuf heures, on m'apporte un petit pain cl du lait; je fais moi-même ma tasse de calé; vers uni.' ou deux heures je mange un peu de pain et de beurre; à six heures (in m'envoie d'un restaurant voisin deux plats, l'un de viande, l'autre de légumes ou d'ccufs. Vous voyez que j'ai tout ce qu'il me faut. Mais je ne saurais disposer mon temps, coupé entre onze iieures el midi jiar l'iKtiiiiiie (jui fait ma chambre, je ne saurais, dis-jc, le dis[)()ser comme il laudrail pour le travail, el c'est ce qui me f^éne l(! plus. On accorde assez facib^ment la permission de me voir. Ces visites, (|ui ne peuvent avoir lieu ([ue dans l'après-midi, dérangent encore reinj)l(»i de la journée. Aucun r(!mède à cela. U'oiseaux, je n'en l'Mlends ni tien vois d'aucune sorte. Ils fuient les grilles, et ils ont raison.
L'exir.iil <li' la Irllre de ifiTanger (|ue vous avez pris la i>eine de copier pour moi m'a lait beaucouj) île plaisir, parce (|u"en écrivant à un lii-rs il a *\C\ dire; ce (\u"\\ pensait bien i-eellemenl. Il l'aul loulel'ois raballrfî «le la louange, à cause; di' l'aniilié (|ui incline toujours à juger favorableni(!nl.
J'engage M. (lli'nicnl a ne point niiMicr la pélilion él(>clorale. Il
1. N' n ilii iiiH. Adn'Hsr : M"" CIcmrnI, au (irainl l'an-, |iar diKuac, (;ll.■l|•l•Ill(^
importe de ne se point lasser; on ne réussit qu'avec de la persévérance.
Si mes lettres continuent à vous parvenir aussi lard que la dernière, ce sera une preuve qu'elles sont arrêtées et ouvertes, soit à Paris, soit à Cognac. Je refuse de recevoir aucune de celles qui me sont adressées ici, ne voulant pas donner la main à l'ignoble pratique établie de les porter d'abord à la police, où elles sont lues avant d'être remises.
Nous avons depuis trois jours un ciel couvert avec une température de printemps. Il paraît que les rivières débordent partout. Elles ont bien à monter encore avant d'arriver à mes soupiraux.
J'apprendrais avec beaucoup de joie que M. Clément a fini à son gré l'affaire d'Ardissart. Veuillez le remercier de ses sentiments pour moi, ainsi que M. Peyrat. J'embrasse Charles. Votre bien dévoué.
S'^-Pélagie, 31 juillet 1841.
' La triste nouvelle que vous me mandez m'afflige profondément. Que de malheurs vous frappent coup sur coup! Comme on ne peut compter en cette vie sur aucun homme ni sur aucune chose! J'ai cependant encore quelque espoir. Puisque votre débiteur veut tenir sa position secrète, il ne la juge donc pas définitivement sans remède? Peut-être n'est-ce qu'un embarras. Je veux l'espérer jusqu'au bout. Si cette affaire s'améliorait, si ce n'était qu'un relard, ou même une perte peu considérable, veuillez me le dire sur-le-champ, car je suis bien vivement touché de ce malheur imprévu. Votre projet d'acheter quelque terre en Bretagne demande des réflexions. Là comme ailleurs tout a bien augmenté de prix, et particulièrement les bois. Il n'en reste guère de vieux, et surtout de propres à la marine; mais la vie est généralement à bon marché. C'est un bon pays pour y vivre tranquille, mais je ne crois pas qu'il fallût y aller avec la pensée de faire des affaires.
Les médecins dont je vous ai parlé sont des amis qui me viennent voir; il n'y a point eu de consultation. En aucun cas je n'en voudrais; elles n'aboutissent jamais qu'à une plus grande incertitude. J'ai été dernièrement retenu au lit par une fièvre assez forte, accompagnée de violents maux de tête. La diète m'en a débarrassé, et depuis deux jours je me trouve bien. Après une courte interruption, la pluie a recommencé. Point de soleil, une température très variable. Aussi les maladies sont-elles nombreuses, et ce sera bien pis l'hiver prochain si la récolte se fait mal. Le pain a monté beaucoup : cependant la hausse des marchés s'est arrêtée, dit-on.
La maison où je dois loger, rue Tronchet, est à gauche en venant de la Madeleine. J'ai la vue du marché aux fleurs jusqu'au boulevard;