‹ Un correspondant inconnu de LamennaisChapitre 17 sur 37 · N" IH ilti m · texte numérisé non relu

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être maintenant tout occupé à corriger ses épreuves. CVst une assez immense besogne. Combien son ouvrage aura-t-il de volumes? ' Votre bien dévoué.

Paris, 13 décembre 18 i2.

- Je conçois très bien vos préoccupations et vos hésitations au sujet de Cliarles. S'il persiste à se faire marin, il est difficile de s'y opposer, puisque enfin c'est une carrière, et que vous désirez vous-même, avec raison, qu'il en choisisse une. D'une autre part, vous séparer de lui serait certainement une chose dure. Le mieux, je crois est d'abandonner la décision à M. Clément. Il aime son fils, et fera sûrement ce qui paraîtra le mieux dans l'avenir, qui, dans la limite des calculs convenables, ne doit pas être sacrifié au présent.

Pour M. Peyrat, je le plains. C'est une triste position que la sienne, et je doute qu'il y tienne longtemps. Un élève imbécile, des parents pour le moins peu agréables, rien au bout de tout cela, il faut de la patience pour se résigner. Mais que fera-t-il, s'il quitte? 11 sait maintenant que son consistoire n'est pas, à beaucoup près, merveilleusement disposé pour lui, et ne sait pas, en outre, à quel point il s'accommoderait des fonctions de ministre. Je crois qu'il est fâcheux pour lui, fâcheux de toutes manières, de s'être éloigné de Béranger qui l'en excuse, qui conserve pour lui le même attachement, et qui, je le crois, aurait fini, à l'aide de ses relations, par le caser convenablement et selon ses goûts, j'entends les goûts de M, Peyrat. Enfin vous le verrez, et vous saurez de lui où il en est et ce qu'il projette.

J'ai bien souffert de l'estomac. A présent, je suis mieux, et je peux travailler, non pas beaucoup, mais un peu du moins. Nous avons eu pendant dix jours un brouillard épais, très malsain. Ailleurs c'était le printemps, le plus beau soleil, une chaleur de mai. Nous verrons ce que sera le reste de l'hiver. Une fois en février, on vit d'espérance, les fleurs ont crû sensiblement, on voit venir les fleurs, la verdure, et tout cela, cependant, c'est la vie qui passe. Chaque année, et j'en compte soixante, je sens sa rapidité plus vivement.

J'allai voir, il y a quelques semaines, M. Maurjuin, que je trouve on ne peut mieux portant. Il me parut qu'il se retirait de la politique pour s'occuper d'affaires. Peut-être aussi est-ce la politique qui se retire de lui. Avec beaucoup d'esprit et de talent, il s'y est toujours pris de manière à être seul; et seul que fait-on? que peut-on faire? Au reste, je ne sais à qui l'on pourrait s'unir aujourd'hui; triste époque, où, de tous entés, on ne rencontre qu'égoïsme, bêtise et corruption.

Mes souvenirs les plus afl'ectueux à M. Clément et à Charles. Vous

1. H s'agit de Vllisloire des Pasleurs du désert, par N. l'eyral, 2 vol. in-S, Paris, Meynieis.

2". N" 70 du ms.

connaissez mes sentiments depuis longtemps inaltérables d'attachement pour vous et de respect.

Paris, 8 janvier 1843.

' .J'ai été pris, le premier de l'an, de maux de poitrine et d'estomac, accompagnés de fièvre; et. quoique un peu mieux, je ne suis cependant pas débarrassé de cette indisposition gênante, qui me condamne à ne rien faire, car je souffre, en outre, de la gorge et de la tête. C'est une espèce de catarrhe complet. Je souhaite bien vivement que vous ayez commencé la nouvelle année d'une tout autre manière. Ici presque tout le monde s'est ressenti plus ou moins de l'humidité froide survenue tout à coup après une sorte de printemps précoce. Heureusement que, ce mois passé, nous serons hors de la plus triste portion de Ihiver. Il y a de beaux jours en février, et les nuits deviennent moins longues. Cela fait prendre patience.

Déranger a reçu une lettre de M. Peyrat. 11 lui peint, comme à vous, sa position mélangée d'avantages et d'inconvénients. Le plus grave est l'élève. Le pauvre précepteur est chargé, pour 2 000 francs, de faire d'une brute un homme. S'il réussit, ce sera une belle œuvre, que Dieu l'aide!

Je vous réitère tous mes vœux pour vous et les vôtres. Ils ne seront pas perdus si, pour être eflicaces, il sutlil qu'ils partent du cœur.

Paris, 1-2 juillet 1843.

* En arrivant ici hier au soir, j'y ai trouvé voire lettre du 0. Elle est empreinte d'une tristesse qui me peine. Je conçois la peine que vous ressentirez de votre séparation passagère d'avec Charles; mais vous devez penser qu'elle aura ses compensations, la joie plus vive de vous revoir après cinq ou six mois, et vous savez comme les mois passent vite, peut-être cnliii une carrière ouverte \i ce bou jeune homme que vous ne voudriez si"irement pas voir s'al);uidoniier à une vil! oisivp. Le Hrésil est un pays sain. De ce cnti', point d'inijuiétude. i;i puis les voyages instruisent d lurment. Je serai charmé que .M. .Mauguin suit votre hôte penil.inl iinel(|nes jours. Ce vous sera une douce (listrar'tinii. |,;i (•niili.inrr i|n'niil en hii les propriétaires de vignes, le soin de leurs inlt-rèts, ([u'ils p;ir;iissent, à hordeaux surtout, être de plus en j»liis dispDsés à lui eoiilicr, pourra lui être utile», et je le désire vivement, e.ir un dit que ses j)ropres alVaires sont très coiiiproiiii^'es, polir II' iiiniiis. Si (M'Ia est vriii, enniiiie je le crains

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