N' ni (lu MIS
29 septembre •.
'^ Dans la colonisation qu'on va entreprendre, tout dépendra de la manière dont elle sera conduite. Or, on ne peut d'avance rien savoir là-dessus, ni par conséquent donner un conseil en chose si grave et si incertaine. Il faudrait, je crois, que Charles commençât par s'enquérir de l'organisation qui sera donnée à la colonie et des conditions qui seront faites à chacun selon son emploi. Évidemment il est nécessaire de savoir cela d'abord pour prendre un parti sage. Quant à présent il ne me paraît pas possible de se décider ni pour ni contre raisonnablement. Votre bien dévoué.
Paris, 1 octobre 1846.
^ A ses douleurs si grandes, ma pauvre nièce oppose un courage résigné. Son enfant va mieux, et elle a près d'elle en ce moment son père et quelques-uns de ses frères et sœurs. La mort de ceux qui nous sont si proches est une terrible épreuve. Elle n'a d'adoucissement que la foi en une vie meilleure. Pour moi, j'ai beaucoup de peine à retrouver du sommeil. Les mauvaises nuits amènent des jours fatigants et inertes, on n'a de force pour rien.
A son retour de la campagne où elle a passé l'été pour se remettre d'une longue et très grave maladie, M""*" de Mazèraville a trouvé ma lettre, qu'on ne lui avait pas envoyée, et elle est venue elle-même m'apporler la réponse. Le général Schwamm l'accompagnait. Tous deux m'ont paru n'avoir aucun doute sur la réalisation de la promesse faite à M. Clément, et le général en reparlera au général Cubières, dès que celui-ci, qui fait maintenant une tournée d'inspection, sera revenu à Paris. Malheureusement, les places ne peuvent être données que lorsque les travaux étant finis, ou à peu près, on s'occupera d'organiser le service.
Voilà M. de nouveau sur les rangs pour la députalion. Abandonné des gens dont il s'était fait le plat valet, il n'inspire aux autres ni confiance, ni estime, ce qui rend fort douteux le succès de sa candidature, quoiqu'il ait jugé bon de se rapprocher en apparence de l'opposition. Cet homme est né vendu, tout le monde le sent, et c'est pourquoi personne ne croit à ses paroles.
Quelle que soit la sécheresse et la dureté de M. votre père, je pense qu'il serait bon de lui écrire de temps en temps, ne fût-ce que pour ôter à son égoïsme le prétexte qu'il tirerait de votre silence pour expliquer comment il ne fait pas davantage pour vous.
1. Timbre postal : 29 septembre 18iG. Adresse : M™" Z. Clément, 1, rue de Dunkerque.