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sur votre retour en Afrique. C'est un parti extrême auquel vous ne devez vous résigner vous-même qu'après les plus sérieuses réflexions. J'aimerais mieux pour M. Clément une pla<-e quelconque, ne fût-elle que de 2 à 3 000 francs.
Avec cela et le revenu de vos fonds placés sûrement, vous vivriez en province mieux qu'à Paris avec le double. Si toutefois cette place ne se rencontrait pas, ou quelque autre chose semblable, et que vous prissiez définitivement le parti d'aller à Alger, prévenez-m'en, et je tâcherai de vous procurer une recommandation pour le M"' Bugeaud. Je ne suis pas sûr d'y réussir, mais je ferai tout ce que je pourrai.
L'ouvrage de Thiers vous ennuie donc? C'est aussi l'effet qu'il produit sur moi et sur presque tout le monde. Outre cela, et outre encore de très nombreuses inexactitudes, le sens des faits y est partout volontairement dénaturé. Renégat de la révolution, cet homme, pour rentrer aux affaires, s'attache à flatter l'étranger, et tout ce qui tient ù, l'étranger, et son livre n'est qu'un lourd factum en faveur de l'absolutisme. Jamais l'ambition vulgaire et lâche ne descendit plus bas.
Mille affectueux respects.
Paris, 3 juin 1S16.
' Je re(;(»is votre lettre du 30 mai, qui contient sur votre position des détails bien tristes. Je crois aussi qu'il faut gagner du temps le plus possible. 1/élat désespéré de M"'° Denis vous crée des embarras nouveaux, car vous ne pouvez guère pousser beaucoup le mari dans des circonstances pour lui si pénibles. La dureté de M. votre père est bien odieuse. Espérons cependant (juc la Providence vous viciulru en aide. Lorsfjue V(jus voudrez les 1 000 francs, écrivez-moi, je vous les enverrai aussit("it. Ne pouvant me rétablir, je me suis enfin décidé à m'en aller passer (juelques semaines en Bretagne clic/, ma sd'ur. .le parlirai le ii et serai de retour au commencement de juillet, c'est-à-dire vers le L'J, f't peut-être avant. J'ai le projet d'aller voir (juelques amis ici et là, de sorte qu'il s(;ra difficile ([ue les lettres me trouvent sûrcnuMit (incline part. Cependant, si vous aviez quelque chose de pressé à me mander, êerivez-nifii à tout liazard {sic] chez M. A. iilaize, à Combourg, llle-et- Vilaitie. Votre lettre pourra être retardée, mais elle me parviendra.
Nous avons comme vous d'assez fortes chaleurs depuis qucUiues jours. Toutefois les chaleurs de Paris ne sont pas celles de la Provence.
\'()US ai-je dit (jiie je (changeais d'appiirlcMiciit b- mois prochain. Je regrette à tout prendre, cfslui (|ue je (luiilr, m;iis ce (Icpl.iirment est forcé. La maison où j(! vais est situécî loiit prés de la liaii-ière de l'Lloih;, dans b; (juarticr i^aujon. C'est bien loin, surtout en hiver.
J(! vous renouvelle ;i tous l'assurance de; mon dévouemeiil le plus
affectueux.