‹ Un correspondant inconnu de LamennaisChapitre 3 sur 37 · A partir do Tévrier \HM · texte numérisé non relu

A partir do Tévrier \HM

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pleine de ce projet qui la charmait, pour aller au Faite, en Bourgogne, chez sa cousine M'"" Champy-Boiserand, passer le mois de septembre 1837.

J'ai dit ailleurs' comment Lamennais renonça brusquement à ces projets f'-^l dévie commune, au grand désespoir de M"^^' Clément, et comment Béranger s'entremit pour lui expliquer son illustre ami et pour apaiser son chagrin. Je n'y reviendrai pas ici. Leur amitié sut résister à celte épreuve.

Avec les années, il semble même qu'elle se fasse plus profonde et mieux assise. Lamennais devient le conseiller auquel M™*' Clément fait appel dans toutes les circonstances graves de la vie : c'est par son entremise qu'elle dispense ses charités: il lui adresse des consolations pour un deuil récent; il lui conseille — le 20 avril 1840 — et j'attire l'attention sur cette lettre bien curieuse et si importante, de faire faire à son fils Charles, h. celui qu'il appelle ailleurs « son bien-aimé petit Charles », sa première communion; et quand /■•'^ des revers de fortune viennent frapper M™^ Clément 2, quand la perte de sa sœur qui laisse deux enfants orphelins ajoute encore à la ruine un deuil irréparable', il redouble d'attentions et de soins, et lui, le prisonnier de Sainte- Pélagie, trouve les paroles qui calmeront ses douleurs. C'est encore lui que M"^''' Clément consulte, s'il s'agit de choisir une carrière pour son fds '*, ou même une position pour son mari s. Et jusqu'aux approches de la mort, il lui parle le même langage d'affectueuse et grave intimité.

Plusieurs de ces lettres sont donc, au fond, des lettres de direction. Mais c'est une direction intime, familiale et paternelle, qui descend aux menus détails de la vie de chaque jour, qui montre à l'occasion ses misères et ses faiblesses, qui même sur les événements et les personnages du temps, qu'il s'agisse de Louis-Philippe, de Thiers ou de la princesse Belgioso, dit librement et sans ménagement — avec violence quelquefois — sa pensée; c'est une direction qui n'empêche pas l'homme de se montrer tout entier, j'oserai dire dans un absolu négligé : peut-être n'en est-elle que plus efficace. Si le lecteur veut bien se rappeler maintenant que celle correspondance s'ouvre à la veille de la rupture de Lamennais avec l'Église, et s'achève quelques mois à peine avant sa mort, qu'elle s'étend par conséquent sur toute la période où ce directeur a cessé d'être un prêtre, il comprendra, j'espère, l'intérèl et l'originalité que je ne crois pas exagérer ici, de ces lettres si modestes et par cela

même si riches''.

Christian Marech.^l.

Lamennais à M'"" Clément \

Samedi 21 janvier ».

Je me souviendrai que c'est le mercredi 1" février que j'aurai l'honneur de dîner chez Madame Clément. Je suis heureux d'apprendre qu'elle n'a pas été trop fatiguée hier, et je la prie d'agréer l'assurance de mon respect. F. de La Mennais.

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