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Un corsaire canadien: Jean Léger de La Grange

Jean Léger de la Grange était né dans la paroisse Saint- André du bourg d'Abiac, au diocèse de Limoges, le 19 juin 1663, du mariage de Elie Léger, marchand, et de Jeanne de Phélix.

A son contrat de mariage reçu par le notaire Gilles Rageot à Québec, le 1 er novembre 1691, on lui donne la qualité de chirurgien. L'acte de son mariage dressé le S novembre 1691 dit également que M. Léger de la Grange était chirurgien. Un acte des registres de Champlain signale la présence de M. Léger de la Grange dans cette paroisse en 1700 et le qualifie aussi de chirurgien. Nous ne croyons, pas toutefois, que M. Léger de la Grange ait exercé sa profession au Canada. Peut-être était-il chirurgien dans un vaisseau du Roi ou même dans un simple vaisseau marchand ?

M. Léger de la Grange, il n'y a pas à en douter, était chirurgien, mais il était en même temps marin.

Le 28 avril 1696, on lui donnait le commandement du navire le WESP qui devait faire partie de l'expédition de M. d'Iberville contre Terre-Neuve. (1)

(i) Edouard Richard, Supplément du Rapport du Dr Brymmer SUR les Archives Canadiennes, 1899, p. 302.

Un an plus tard, le 8 mai 1697, Mgr l'amiral de France donnait une commission à M. Léger de la Grange pour commander le BELLIQUP:UX. (1)

Il est bon de noter, toutefois, qu'en temps de guerre, le Roi donnait des commissions pour commander des vaisseaux de la marine royale à des capitaines de la marine marchande. Aussitôt la guerre terminée ou leur utilité finie on renvoyait ces capitaines à leurs occupations ordinaires dans la marine marchande.

En 1699, Jean Léger de la Grange était marchand à Québec. Mais, apparemment, c'est sa femme, Louise Fauvel, qui dirigeait son commerce qui était assez important, si nous nous en rapportons aux pièces qui nous sont parvenues.

Le 4 novembre 1700, les directeurs généraux de la Compagnie de la colonie chargeaient M. Léger de la Grange d'aller commander les navires de la Cie en F'rance. Ils s'engageaient à lui donner 3000 livres de France d'appointements par an. (2)

En 1702,. M. Léger de la Grange commandait l'ATA- LANTE,

En 1703, M. Léger de la Grange est également quai i hé de commandant de l'ATALANTE.

Le 14 novembre 1703, M. de Vaudreuil écriv<iit au ministre :

''Le peu de commerce qui s'est fait cette année en ce pays ayant obligé quelques personnes à l'améliorer, et ne trouvant pas de moyen plus glorieux ni [)lus propre que celui d'occuper la jeunesse, en l'envoyant en c(Kirse, le sieur de Lagrange nous a proposé à M. de Beauharnois et à moi

(1) Inventaire dressé par M. Chambalon, notaire à Québec, le 27 janvier 1703.

(2) Acte devant Rageot, notaire, à Québec. Cet acte, malheureusement, n'est plus au greffe de Rageot.

d'armer avec d'autres associés ce printemps une barque pour exécuter une entreprise qu'il a dessein de faire au nord de Terreneuve ; c'est un homme de conduite et dont la Compagnie a toujours été très contente. Ainsi nous lui avons prorais de lui accorder la dite permission. Le dit sieur Lagrange se flatte, Monseigneur, aussi bien que ses associés que s'ils peuvent réussir, vous y aurez égard et que f)Our lors S. M. voudra bien leur accorder une frégate pour les mettre en état d'exécuter déplus grandes entreprises." (1)

Une fois la permission du gouverneur et de l'intendant obtenue, M. Léger de la Grange se chercha un associé pour fournir les fonds nécessaires à une entreprise aussi hasardeuse. Il le trouva dans la personne de Claude Pauperet, riche marchand do Québec.

Le 4 Janvier 1704, MM. Léger de la Grange et Claude Pauperet, par une convention sous seing privé (2) faisaient les arrangements suivants :

Ils devaient fournir égilement à la dépense des deux vaisseaux qui feraient l'expédition. Chacun des deux associés était cependant libre de donner des intérêts sur sa part aux personnes qu'il choisirait.

Léger de la Grange devait avoir le commandement général de l'entreprise. Paupei-et devait commander l'autre vaisseau. Au cas de mo 't ou d'incapacité de Léger de la Grange, Pauperet devait prendre le commandement suprême.

Par un document daté le 9 juin 1704, nous voyons que les associés des sieurs Léger de la Grange et Pauperet étaient Nicolas Dupont de Neuville, Louis Chambalon, Georges Regnard Daplessis, M. de Beauchesne, Antoine de la Garde, Louis Prat, Antoine Pacaud, René Hertel de Chambly, Louis

Archives du Canada, Correspoudance générale, vol. 21. Déposée le même jour entre les mains du notaire Chambalon.

Baby, Pierie Baby, Pierre-François Fromage, etc., etc.

Le même jour, 9 juin 1704, Jean Léger de la Grange signait ses arrangements définitifs avec les armateurs et les hardis gars qui devaient faire partie de l'expédition. Les noms de ces braves, malheureusement, ne nous sont pas parvenus. (1)

Dans sa lettre au ministre datée de Québec, le 14 novembre 1714, M. de Ramezay écrit :

''Le Sr de la Grange a fait une phélib iste avec cent canadiens, ils ont pris a l)onneviste habitation anglaise au nord de plesance, une fregatte de vingt-six canons chargés de molues, bruslé une flûte, et fait aler à la coste un bastiment de quatorze canons, chaque homm*^ aura chacun environ quarante escus." (2)

Deux jours plus tard, le 16 novembre 1704, M. de Vaudreuil écrivait au ministre :

"L'année dernière, j'eus l'honneur de vous parler de l'entreprise du sieur de Lagrange et nous vous en rendons compte dans notre lettre commune. Celle-ci, il m'a prié, Monseigneur, de vous demander pour lui une commission de capitaine de brûlot. Cela lui donnerait un titre et c'est un très bon sujet et qui par suite s'il réussit dans ses desseins pourra vous être d'un grand secours en ce pays.

"Je vous réitère la prière que nous vous avons faite de lui accorder le nombre de matelots dont il aura besoin pour revenir." (3)

(1) Nous voyons, toutefois, par la lettre de MM. de Vaudreuil et de Beauharnois au ministre du 17 novembre 1704 que les deux fils du procureur général d" Auteuil faisaient partie de l'expédition 'le M. Légre de la Grange. Par ailleurs, nous constatons que MM. Morel de la Duranta5^e, Juchereau de la Ferté et Pierre- François Fromage étaient également de l'expédition

(2) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 22.

(3) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 22.

Le 17 novembre 1704, MM. de Vaudreuil et de Beauharnois écrivaient au ministre :

''Le Sr de Vaudreuil eut l'honneur Tannée dernière, Monseigneur, de vous marquer qu'il permettrait au sieur de la Grange d'équiper une barque pour aller eu course aux côtes de Terre-Neuve. Nous lui avons permis ce printemps d'armer deux barques avec cent hommes de ce pays. Ils ont été à Bonneviste en Terreneuve où ils ont pris avec deux charroies (ayant été obligés de quitter leurs barques à douze lieues de ce port, crainte d'être découverts) iine frégate de 24 pièces de canons chargée de morue. Ils ont brûlé deux flûtes d'environ deux à trois cents tonneaux et coulé bas une autre petite frégate. Cette action est d'autant plus glorieuse pour nous qu'ils ont pris pre.-que autant de prisonniers qu'ils étaient de monde et que quand le jour fut venu, il parut dans Bonneviste cinq à six cents hommes sous les armes. Il passa en France avec sa prise.

*'I1 espère l'année prochaine faire une seconde tentative vers les côtes de Boston. Nous vous supplions, Monseigneur, de lui accorder le nombre de matelots dont il aura besoin. Il pourrait venir en prime et par ce moyen nous aurions vos ordres de bonne heure." (l)

M. l'abbé Ferland raconte ainsi l'exploit du sieur Léger de la Grange :

"Un habile navigateur, nommé La Grange, qui avait fait la campagne de la baie d'Hudson, sous d'Iberville, s'ennuyantdu repos où il était réduit, proposa au gouverneur général et à l'intendant de fréter deux barques pour une expédition contre un port de Terreneuve ; il voulait venger l'injure faite au nom français par un forban anglais, qui

{i) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 22

avait attaqué des navires pêcheurs à Percé, nt brûlé le village et l'église de ce lieu. Il engagea une centaine de jeunes canadiens, obtint une lettre de m irque, et, se dij-igea sur Bonavista. où étaient arrivés quelques iiavii'es de guerre qu'il se proposait de surprendre. Pour n'être point découvert, lorsqu'il arriva à douze lieues de ce poste, il laissa ses barques, et continua sa route sur deux charrois ; entrant de nuit dans le poi't, il aborde une frégate de vingt-quatre pièces de canon, déjà chargée de morues, s'en rend le maître, brûle deux flûtes de deux à trois cents tonneaux chacune, coule à fond une autre petite frégate, et se retire avec sa prise et un grand nombre de prisonniers.

"Dans le fort de Bonavista étaient six cents anglais, qui, le lendemain matin, étaient prêts à attaquer l'ennemi mais, il était trop tard. La Grange et ses braves étaientdéjà en route pour Québec, oi^i ils arrivèrent au bout de quelques jours." (1)

Nous lisons dans le mémoire du Roi à M de Vaudreuil en date du 17 juin 1705 :

''La frégate Angloise que le C). de la Grange avoit pris et amené à Bilbao pour y vendre la morue dont elle estoit chargée a e-té prise en venant de Bilbao à la Rochelle ainsy Sa Majesté n'a pas eu occasion de luy donner les matelots qu'il avoit demandé pour ce Bastiment. Cependant Sa Majesté se souviendra des services dud S de la Grange et Elle luy fera du bien dans les occasions." (2)

Le 19 octobre 1705, MM. de Vaudrovîil et Beauharnois écrivaient au ministre :

"Le sieur de Lagrangequi (^st un très bon homme de mer, et qui a l'honneur d'être connu de vous, Monseigneur.

(1) COURS D'HISTOIRE DU CANADA, vol. ii, p. 353.

(2) Archives du Canada, série, B, 27-1, p. 128.

par le combat qu'il a rendu dans la prise qu'il a faite, à la côte anglaise de Tcrreneuve, a proposé aux sieurs de Vaudreuil et Raudot de vous demander pour lui une frégate du Roi de 30 canons qu'il armera à ses dépens ; il se chargera d'amener ici dans ce bâtiment cinquante tonneaux de sel pour le compte du Roi, après quoi. Monseigneur, il compte d'aller faire la course, outre le bien que cette frégate fera au pays, en y apportant le sel en prime, ce qui mettra le Sieur Raudot en état d'exécuter sa parole, elle mettra les vaisseaux marchands qui viendront ici en sûreté, puisque les Anglais, sachant que nous aurons une frégate armée n'oseront plus envoyer des brigantins dans la l'ivière oii cette année nous avons appris qu'il y en avait deux. Les i-ieurs de Vaudreuil, Raudot et Beauharnois vous supplient Monseigneur, de vouloir bien continuer les boniif^s intentions que vous avez pour le sieur L igrange et de le proposer; à Sa Majesté pour être capitaine de flûte." (1)

En 1708, le roi confiait à M. Léger de la Grange le commandement du vaisseau L'AFRIQUAIN. (2)

En 1709, M. Léger de la Grange était en France.

Le 1er mars 1709, par l'entremise de son fondé de procuration, Guillaume Gaillard, il obtenait de la pré voté de Québec, un important jugement contre Dominique Bergeron, tuteur de l'enfant mineur de son défunt associé, Claude Pauperet. La prévôté ordonnait à Bergeron de payer à Léger de la Grange une somme de 2,947 livres et 3 sols, qui représentait les droits du dix pour cent sur la prise fai-

(1) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 22.

(2) Edouard Richard, Supplément du Rapport du Dr Brymnet stcf les Archives Caiiadiennes , 1899, p. 410.

... io .

te par lui en 1704, du navire de guerre ennemi |e PEM- BROOKE G ALLE Y (1).

Nous perdons ensuite M. Léger de hi Grange de vue.

Le 19 février 1726, le président du Conseil de marine écrivait à M. de Beauharnois qu'il serait nécessaire que, pour la sûreté de la navigation des vaii-seaux du roi , allant au Canada, ii fut embarqué un officier à bord connaissant bien la navigation du St- Laurent. Autrefois, ajoutait-il, le sieur de La Grange de Rochefort avait été nommé capitaine de flûte, en raison de ses connaissances sur cette navigation et il s'embarquait tous les ans sur les vaisseaux du roi " (2)

Ce sieur de la Grange mentionné ici par le président du Conseil de Marine était-il notre M. Léger de la Grange? La chose est bien probable.

Ce. qui nous fait croire que le bieiir Jean Léger de la Grange conserva des relations avt-.c le Canada même après 1709, c'est qu'une de ses filles était religieuse au monastère des Ursulines de Québec.

La Mère Geneviève de la Grange de Saint- Louis fut une sainte femme en même temps qu'une supérieure et une administratrice de premier ordre. A plusieurs reprises elle fut élue dépositaire et supérieure de sa communauté. Elle décéda le 23 juillet 1776, à l'âge respecté de 83 ans.

Les URSULINES DE QUEBEC font beaucoup d'élo ges de cette femme de bien (3).

(1) Jugements du Conseil Souverain, vol. V, p. 974.

(2) Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 48.

(3) Les Uisidines de Québec, vol. III, p. 358.

CONVENTION ENTRE LES SIEURS JEAN LEGER DE LA GRANGE ET Cf.AUDE PAUPERET AU SUJET DE LEUR ENTREPRISE CONTRE LES ENNEMIS DE L'ETAT.

Au nom de Dieu, de la Très Sainte Trinité et de la Très Glorieuse Vierge Marie mère de Dieu.

Nous Claude Paupeï'et et Jean Léger de la Grange avons fait les conventions suivantes pour pai-venir à l'exécution de l'entreprise que nous avons projettée contre les ennemis de Testai suivant la [)er mission que nous en avons obtenue de Monseigneur le marquis de Vaudreuil commandant général pour le Roy de toute la nouvelle France, et l'agrément de Monseigueiu- de Beauharnois intetidant de justice police finan(!es et de la marine en ce pays.

ler-Nous nous promettons respectivement une union et intelligence parfaite dans l'exécution de nos entreprises pour lesquelles no is em})loierons tout notre sçavoir et ce quy dependei'a de nous.

Nous fei'ons tout de concert et fournirons également à toute la dépense nécessaii-e pour nous mettre en estât de partir dès le printemps avec les deux bastiments que nous destinons pour exé(;uter nos desseins.

Il nous sera libie de donner part et intherest dans notre armement à telle personnes qu'il nous plaira. Bien enendu qu(^ ce sera sous le nom dans la part de l'un de nous sans que pour ce ceux qui auront pû prendre cet intherest puisse pi-étendre avoir aucune disposition a faiie sur le d. armement quy sera toujours remis à' notre conduite ou à l'un de nous en ca^ de mortde l'autre sauf au retour à leur donner connaissance des pertes et profits quy se trou-

veront desquels ils seront tenus de nous croire sur les comptes ou simples estats quy leurs seront donné signé de nous deux. •

Nous dresserons avant de partir de cette rade les comptes du montant des dépenccs que nous aurons faites pour notre armement que nous signerons déposeront entre les mains d'un nothaire ou d'un de nos amis pour avoir recours à notre retour.

Nous partirons de cette rade dès le printemps prochain et nous prendrons chacun le commandement d'un des d. bastiments en telle manière cependant que la conduite de la navigation et l'exécution dés entreprises et attaques sera defFerée aux ordres du sieur de la Grange quy conférera autant que faire se pourra avec le d. Sr. Pauperet, mais soit qu'on ne puisse pas conférer ensemble, ou que les avis soient partagés ceux du Srde la Grange seront exécutés.

Comme notre dessein est de prendre six vingt hommes et plus pour l'exécution de notre entreprise, nous mettrons les dts hommes à la part afin de les rendre d'autant plus zélés à procurer l'avantage de la sociétté.

Les conditions que nous ferons avec les d. engagés ou hommes à la part seront spécifiés par la charte partye ou engagement quy en sera passé pardevant nottaire.,

Nous nous réservons de nomer pour maître des prises ceux que nous en jugerons plus capables, auxquels sera donné telle récompense que nous estimerons à propos, l'un de nous aussi en cas de mort de l'autre, nous nous réservons encore de donner telle récompense que nous estimerons juste à ceux des officiers ou hommes à la part quy feront des actions quy le mériteront et à ceux quy sei^ont blessés ou estropiés, ou l'un de nous comme il est cy dessus dit, nous nous promettons de travailler de concert et sans discontinuation à mettre en estât les bastimens, vivres et generalle-

ment tout ce quy sera nécessaire pour l'exécution de notre entreprise et de le faire solidairement soubs de tous nos biens presens et future En foy de quoy nous avons signé à Québec le quatriesme janvier mil sept cent quatre.

La Grange

Pauperet

Aujourd'huy quatriesme jour de janvier mil sept cent quatre après niidy pardevant le notaire royal en la prevosté de Québec sous-signé y résidant ont comparu les sieurs Jean Léger de la Grange et Claude Pauperet marchand de cette ville lesquels ont volontairement déposé des mains de nous dits notaire les traittés ou conventions entr'eux faits contre les ennemis de l'état ce jourd'huy cy devant et autres parts et cy-dessus escrit entièrement de la main du d. sieur Pauperet pour estre par nous gardée pour minutte en notre estude et leur en délivrer des expéditions et à qui il appartiendra toutes fois et quantes, lequel traitté ou conventions ils promettent chacun en droit soy exécuter de point en point selon sa forme et teneur, sous l'obligation de tous leurs biens meubles et immeubles et immeubles présents et futurs. Renoncent etc. Fait et passé au dit Québecq estude du d. notaire les jour et an susdts. en présence des sieurs François Rageot et Pierre Huguet praticien témoins demeurants au d. Québec quy ont avec les d. sieurs de la Grange, Pauperet et notaire signé.

Pauperet La Grange Rageot P. Huguet ('hambalon (1)

(i) Acte de Chambalon, notaire à Québec, 4 janvier 1704.

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