‹ Un crâne sous une tempêteChapitre 9 sur 12 · SCENE QUATRIÈME Ki · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIÈME Ki

MONSIEUR se trouve près de la oheminée, le dos au public, sur ce dernier mot, il se retourne.

Oui, monsieur, elle voyait clair, — malgré ses quatre-vingt-cinq ans. Elle médisait: Ma fîUe, défie-toi!... tu épouses un homme mûr...

MONSIEUR, froissé.

MADAME

Vous paraissiez mûr ! — un homme qui a beaucoup fait parler de lui, au temps de sa première jeunesse, et qui apportera dansson ménage les habitudes de dissipation et d'inconduite....

MONSIEUR

Depuis quelques instants, Monsieur a donné des signes d'impatience de plus en plus vifs; sur le mot * inconduite », il brise un couteau de bois qu'il a pris sur la cheminée. MADAME.

Vous voyez bien: vous cassez tout!... Voilà votre façon de répondre!...

MONSIEUR, éclatant.

Mais noni Monsieur ne veut pas se laisser emporter par la colère. Pour se calmer, il s'approche du guéridon et se verse un grand verre d'eau.

MADAME

Ah! VOUS avez soif?... Cane m'étonne pas!... Le dîner de ce soir a dû vous altérer!

MONSIEUR, va pour boire son verre d'eau pure, mais il se ravise et prend du sucre.

MADAME

A la bonne heure!... un peu de sucre... et de la fleur d'oranger... C'est bon, cela!... c'est reconstituant!

MONSIEUR savoure son \ erre d'eau dans le plus grand calme.

MADAME, furieuse.

Je vous prierai seulement, quand vous voudrez boire un verre d'eau sucrée, de ne pas venir le préparer dans ma chambre !...

MONSIEUR, ayant bu, s'essuie les lèvres tranquillement.

Nouveau silence.

MADAME, exaspérée.

L'autre jour, vous avez laissé tomber plusieurs gouttes de sirop sur le velours de mon prie-Dieu!...

MONSIEUR, avec un air de regret, poli, mais froid.

Il va replacer le verre d'eau sur le guéridon. MADAME, hors d'elle.

Et j'y tiens plus que jamais, à mon prie-Dieu! Que deviendrais-je, s'il ne me restait pas la prière? Grâce au ciel, je n'ai pas appris à dédaigner les secours de la foi, et vous ne me forcerez pas encore à les mépriser.

MONSIEUR

MADAME

Oh! je connais vos théories!... Ce sont elles qui vous ont conduit à oublier successivement tous vos devoirs, à nier la famille comme vous avez nié la religion, comme vous niez la morale...

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