SCÈNE QUATRIÈME
avoueras qu'il n'est pas naturel de rentrer chez soi à minuit passé...
MONSIEUR va pour parler.
Mettons minuit, quand le banquet finit à neuf heures et demie, au plus tard.
MONSIEUR, même jeu.
MADAME
C'est toi-même qui me l'as dit.
MONSIEUR, même jeu.
Alors, je m'étonne...
MONSIEUR
Je m'inquiète...
Je t'interroge..
MADAME
MONSIEUR
MADAME, fondant en larmes.
Et tu ne veux pas me répondre! !
Elle se laisse tomber sur le canapé.
M 0>' SIE L' R, considérant Madame avec pitié.
MADAME, sanglotant.
Ah! ma mère! ma mère! qui eût dit qu'un jour ta fille en serait réduite à dévorer ses larmes!...
MONSIEUR, navré.
MADAME
Et ce n'est rien, cela! Ce n'est que le commencement de mon malheur!
MONSIELR, s. 'approchant d'elle.
MADAME, le repoussant.
Laissez-moi! Je n'ai pas besoin de vos consolations hypocrites... Vous avez voulu me voir pleurer!... Je pleure!... Que vous faut-il de plus?
MONSIEUR
Cette fois, c'en est trop. Monsieur est à bout de patience. Il s'éloigne et marche à grands pas dans le salon.
MADAME
Oh ! je suis bien ridicule, je le sais ! Est-ce que je devrais pleurer? Est-ce je ne devrais pas m'habituer à la position qui m'est faite? Combien de femmes sont délaissées par leurs maris et n'en vivent pas moins très tranquillement? On ne peut pas rompre tous les mariages. Le nôtre s'est accompli sous de trop heureux auspices. Tout le monde s'en réjouissait, — à l"e.\ception de ma pauvre vieille tante Rosalie, qui vojait clair, elle!